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OBSERVATION IV

Le 13 avril 1950 entre à l’hôpital Saint-André, Mme Clau.…., âgée de 53 ans, nous accordant d'emblée sa confiance, accompagnant son récit extraordinaire d’une mimique riche, expression d’une affectivité débordante et labile, passant vite du sourire aux larmes, du calme serein à des expressions d’extase qui la transfigurent. Il ÿ a vingt ans a commencé un roman délirant qui dure et s'enrichit encore. Elle vivait alors heureuse en apparence, avec son mari. C’est dans ces conditions qu’elle fit la connaissance d’un prêtre qui constatant la pauvreté de’son instruction religieuse, les invita à venir passer quelques jours chez lui, dans le dessein de lui faire faire sa première communion. Au jour dit, malgré sa fatigue, elle se rend à la Sainte Table, communie, mais part déçue et avec un sentiment dé malaise devant la froideur du prêtre qui l’avait instruite. ’

Dès son retour elle s'aperçoit qu'elle est possédée par les puissances du Mal : elle aurait dû s’en méfier là-bas où la gouvernante du prêtre lui avait semblé suspecte; peut-être était-elle sa maîtresse, peut-être était-il un mauvais prêtre.

Et puis, une vision du pré-sommeil aurait dû Favertir : la veille de sa communion, elle vit passer sur le mur de sa chambre l’image de la Mort. C’est fait, il est trop tard, elle a été envoûtée : le prêtre est là, à côté d’elle, il la voit, il l’entend, lui pince le cœur, vole sa pensée, la devine, la devance et la répète en se moquant d’elle. Il lui envoie des odeurs, la force à faire des gestes. Sans arrêt, cela dure depuis vingt ans. Le prêtre maudit lui apparaît sous des formes diverses : la nuit il est là, joint ses mains entre lesquelles grouillent des bêtes affreuses, ou des boules noires; le jour, il passe devant ses yeux revêtu de ses habits sacerdotaux, vieilli, ou bien déguisé en mendiant. Ou, pour mieux la tromper, il prend l’apparence du Christ, mais alors Dieu vient à son secours et l’aide à distinguer le vrai du faux. « II me met devant les yeux un Christ, mais toujours cassé, et si alors je m’approche pour le toucher, lé vrai Christ m’apparaît sur sa croix et l’autre s’évanouit. Dans l’église, il me montre des croix noires, mais au-dessus, la croix du Maître s’illumine, se détache du mur, s’approche, me bénit et revient à sa place, puis tout disparaît ».

Le prêtre lui parle tantôt d’une voix distincte et extérieure, tantôt d’une voix irréelle, accompagnée de toutes les manifestations de l’automatisme mental : il la supplie, l’injurie, prie, menace tour à tour, mais en tous cas ne cesse de la tourmenter. Il lui envoie des odeurs, lui fait sentir pour la narguer ce qu’il est en train de manger. Il lui procure, dans la sphère génitale des sensations voluptueuses, il la possède mais en « dédoublement » ; tous deux se dédoublent, elle ressent une impression de vide en elle et assiste en spectatrice impuissante à l’union de leurs deux images. Il lui tord le cœur, la frappe. Elle le croit responsable de la mort de son mari, témoin pendant dix ans des tortures qu’il lui faisait endurer. Le prêtre se présente donc sous diverses formes humaines, mais aussi sous forme animale : il a pris un jour l’aspect d’un serpent. Alors, surgit le Christ environné de lumières qui lui tendit un bâton avec lequel elle coupa le serpent en trois morceaux, la vision disparut. Il est souvent accompagné d’autres personnages mystérieux, toujours vêtus de noir, repoussants, dont les yeux jettent des feux et brillent dans l’ombre. Satan

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