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INTRODUCTION

Le problème des hallucinations est l’un des plus controversés, l’un des plus souvent discutés mais aussi l’un des plus captivants de la médecine mentale. De nombreuses théories explicatives, plus ou moins satisfaisantes, se sont succédées et ont été tour à tour abandonnées. La définition même du terme a varié.

Il faut avant tout mettre l’accent sur un fait : l’hallucination est un symptôme psychiatrique et, comme tel, inséparable de l’ensemble de la personnalité. La personnalité forme un tout indissoluble; un symptôme psychique quel qu’il soit ne peut, en aucun cas, en être détaché.

Dans tout phénomène hallucinatoire, il y a deux choses. — J’hallucination proprement dite, avec tous ses carac-

tères. L’hallucination auditive en est le représentant le plus complet, qui suppose une opération intellectuelle dont les bases sont la dépersonnalisation et l’objectivation.

Tout autres sont les hallucinations visuelles.

Les autres sens interviennent à un degré moindre. Nous en proposerons plus loin une classification.

— Toute hallucination, un peu riche, comporte une toile de fond sur laquelle elle se détache et qui lui donne souvent son sens; toile tissée tantôt d’affectivité, tantôt d’intellectualité où de tendances instinctives mais toujours (quelle que soit la sphère prédominante), marquée au coin de l’affectivité dont elle tire sa signification et son symbolisme, on

GoLDSTEIN a montré que les symptômes, dits élémentaires, représentaient des comportements complexes, qu'ils étaient variables et dépendaient « d’une multitude de facteurs constellatifs et de la situation dans laquelle l’observateur examine le malade ». Ces comportements font partie d’un organisme dans lequel tous les rapports et actions se déroulent, inséparables les uns des autres, et chacun du tout. L’hallucination, symptôme psychiatrique, est intégrée . dans un comportement global. Elle tire de là personnalité dans son ensemble, organisée à un niveau inférieur (HuGH- LINGS JACKSON) sa forme et son contenu.

On ne voit donc jamais une hallucination isolée. Sa production implique une erreur dans l’assignation « attribuée aux phénomènes psychiques dans l’échelle des réalités » (JANET). Cette erreur a des raisons, la toile de fond dont nous parlions tout à l’heure. L’esthésie passe donc au second plan derrière la notion primordiale de croyance délirante; « croyance asservitive » de JANET, qui oblige l’idée à y adhérer sans critique.

Il est, dès lors, impossible d'admettre que le délire puisse être créé par l’hallucination. Le plus habituellement l’inverse est la règle, le délire est la condition indispensable pour que se produise l’hallucination. Depuis déjà longtemps, des auteurs comme CHASLIN, QUERCY, PERRENS, DE GREEF, l'ont souligné.

Cette notion de croyance délirante relie en une progression ininterrompue le rêve, phénomène normal, les illusions, les pseudo-hallucinations et les hallucinations vraies.

Nous pensons avoir suffisamment insisté sur la personnalité, « tout indissoluble, comportement global ». Si maintenant, on veut bien se représenter la part que prend dans celte synthèse complexe laffectivité, on envisagera volontiers qu’à l’origine des hallucinations, il y ait justement cette affectivité, qui recouvre toute la vie psychique.

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