Halte-là!, patriote
Avez-voiis ac-lieté le pamphlet de '■Patriote'"' : Oh ullons-nous" ? C'est de l'argent mal placé. Tout d'abord parce que c'est uu livre empoisonné; ensuite, parce qu'on ne tardera pas^ — si ce n'est déjà fait — à le distribuer gratuitement comme littérature électorale. Il a été composé pour cela.
Bien que je ne sois pas expert dans beaucoup de sujets qu'il traite, la pratique et l'habitude de ma profession m'ont permis d'en faire un juste diagnostic lors de son apparition : c'est un produit vénéneux — venimeux— propre à empoisonner ro])inion sur les choses et sur les hommes.
Incapable d'opposer l'antidote efficace et vrainn'ut approprié, j'ai eu recours aux services de mieux entendu que moi. Voilà pourquoi je suis en mesure de vous présenter aujourd'hui un souverain contre-poison.
N'achetez pas le pamjjhlet de ''Patriote", ce serait enrichir des malfaiteurs. ^Mais si on vous le donne, lisez-le sans crainte, poun'u que vous ayez soin d'y joindre la lecture du présent volume. En prenant cette précciutioi!, vous serez parfaitement immunisé et indemne.
Les nationalistes qui ne connaissent pas Jean Vindex personnellement comme moi, se demanderont pontêtTe s'ils peuvent avoir eux-mêmes toute la confiance que je mets dans la longue consultation écrite qu'il m'a donnée ?
Lorsque je pris sur moi de la publier à leur iutentiuu, j'ai eu soin de parer à tout doute en ne restant pas en chemin. Pour tranquiliser parfaitement leur conscience au sujet des graves accusations portées contre eux par "^Tatriote" et l'Ecole i)olitieo-tliéologique, je me suis adressé à des gens du métier. Il ne restait plus au typographe que la table des matières à composer, que je pris les épreuves du volume et les envoyai à des philosophes et théologiens de marque, en disant à chacun :
"Je viens, humble pénitent, contrit à l'avance de toutes les hérésies que j'ai pu professer comme nationaliste, m'aâresser à votre savoir.
"Je ne sollicite aucune approhation officieuse du livre entier que je vous présente. Mais ayant été publiquement diffamé et blessé dans mon honneur de catholique, je voiis demande simplement de m'aider à me faire une conscience droite et éclairée en des matières de grave importance. A cet effet, je ne crois mieux procéder qu'en vous posant la question suivante, comptant bien que vous y ferez droit, conformément à votre ministère qui est d'instruire et de guider dans le chemin de la vérité.
"Faisant abstraction de la forme du livre, du caractère polémique et du tempérament personnel que revêtent nécessairement certaines pages, aussi bien que de tous autres détails étrangers à la doctrine:
1o "^'Est-ce que, selon vous, les doctrines que l'auteur émet et développe dans ce volume sont conformes à la saine pliilosophie et à la vraie théologie catholique ?
2o "8i oui, est-ce que, selon vous, l'auteur en fait, somme toute, une logique application aux questions de V impérialisme et da nationalisme canadien f"
A cette demande pressante, faite par un lioniine qui, coûte que coûte, veut savoir à quoi s'en tenir et ne saurait permettre à la science de se dérober, on a daigné accéder.
Les questions posées et les réponses à ces questions n'ont absolument rien de personnel, mais tout le monde comprend qu'il serait délicat de demander aux signataires de mêler même indirectement leurs noms à une polémique. Il suffit au public d'avoir la preuve que ces lettres sont authentiques. C'est pourquoi je tiens, en les publiant, à y joindre l'affidavit suivant :
EOUSE ST. PIERRE /
O rMTF*'^ ^,
PEOVIXCE DE QUEBEC, DI8ÏEICÏ DE MONÏEEAL,
Montréal, le U février 1!JI7.
JE soussigné, JEAls'-BAPÏISTE PIUNCE, Médecin, de la Cité de Montréal, étant dûment assermenté sur les tSaints Evangiles, dépose et dis : —
Q,UE les quatre lettres plus bas citées sont textuellement authentiques ;
QU'ELLES sont dues à la plume de théologiens, Docteurs, dont deux Professeurs de théologie.
EN FOI DE QUOI, j'ai signé.