MICHEL
PAROISSE SAINT-MARTIN
La paroisse Saint-Martin était la plus importante de la ville de Ham; elle comprenait la partie méridionale de la ville, à partir des rues de la Fontaine et de l'Arquebuse, qui formaient la ligne séparative avec la paroisse Saint-Pierre. Dans celte paroisse se trouvaient l'Hôtel-Dieu ; la Providence ; le Château et le hameau de Flamicourt. L'église, entièrement recons-
PAROISSE SAINT-MARTIN
truite , vers la fin du xvi* siècle , en forme de croix latine , avec deux chapelles latérales , avait son clocher placé dans le bras Sud de la croix. L'ancienne vue de Ham, de 1640 à 4660, nous a conservé le profil de cette église. Son chevet occupait Tangle droit de Tentrée de la rue de Noyon , là où sont aujourd'hui les maisons n® 74 de la Grande Rue, et les dP 2 (M. Lelondor), n" 4 (M. Reynard), n** 4 bis (M. Arnetz], delaruede Noyon. Le cimetière de la paroisse était placé à la suite de Téglise (n^ 432 du plan cadastral) , qui porte aujourd'hui le n^ 6 de la rue de Noyon (jardin Masse). Le presbytère était la maison occupée dernièrement par M. Vavasseur, notaire.
Le Maître-Autel du chœur (1) était en marbre jaspé noir et blanc , avec deux marches en marbre noir ; le sanctuaire dallé de carreaux de marbre noir et blanc , avec trois marches pour descendre dans 1^ chœur. Le chœur, pavé de carreaux de marbre noir et de pierre dure blanche. On descendait du chœur dans la nef par trois marches en dalles blanches. Une grille en
fer avec porte à doubles vanteaux fermait le chœur. — Dans le bras Nord de la croix de l'église, se trouvait la chapelle de Notre-Dame du Mont-Carmel. Dans le bras Sud, la chapelle du Clocher. La nef et les bas-côtés étaient pavés en grandes dalles blanches de pierre dure. Voici quelle était à peu près la forme du clocher; forme commune à un grand nombre d'églises du XIV® siècle dans la Picardie.
(1) Vente du 9 février 1792. Etude do M* Dlbois, notaire à lUm.
Les revenus du prieuré de Téglise Saint-Martin étaient importants en blés, avoines, fourrages, orges, et ils figurent dans la déclaration des biens et revenus (1) faite le 42 février 4790, par le Prieur, Jean-Baptiste Mercier, pour une somme de \ ,425 livres , indépendamment de 462 livres en fondations.
Le mobilier de Téglise Saint-Martin a été vendu, à Ham, le 9 février 1792, (2) et Téglise Saint-Martin adjugée à Péronne, le 30 juin 1 792. Elle fut démolie peu de temps après et 3a grosse cloche, transportée, le 3 juillet 4792, (3) du clocher Saint- Martin dans le beffroi de la ville , pour servir aux convocations municipales. Lors de la vente de Téglise, la municipalité de Ham avait demandé avec raison qu'on réservât le passage existant à travers le cimetière Saint-Martin, pour aller chercher de Teau à la fontaine; cette demande ireut sans doute pas de suite, car nous n'avons trouvé aucune trace de concession et le passage n'existe plus.^
Le calvaire du cimetière Saint-Martin, qui se composait d'une modeste croix de fer montée sur un socle octogone en grès , taillé et piqué, est aujourd'hui placé dans le nouveau cimetière de Ilam , sur la tombe de M. Masse père.
ÉPITAPUBS DE l'église SAINT-MARTIN.
Plusieurs tableaux et épitaphes qui figuraient dans l'église Saint-Martin, ont été également rapportés , lors de sa démolition , dans l'église de Notre-Dame de Ham, où on les retrouve, savoir :
1° Un tableau en marbre noir, appliqué contre le mur sur lequel se trouve gravée l'inscription suivante :
St DCTZIER s'est ACQVi!» PAR SES PEINES PVBLIcQ^'ES ET SES SOiNGS POLÎTicS DE L^UONNEVR à ÎASf Ais , SA TrOVSSBT a gardé , PARUT SES DOSfESTiCQVES, LE FRVÎT DE LEVES LABOEVRS ET l'AMOVR ET LA PAÎX.
(1) Archives municipales, p. 12.
(2) Etude de M* Dubois, notaire à Ham.
-3) Archives de ilam. Registre rouge, p. 23.
PAROISSE SAINT-MARTIN 87
Ct gisent bt reposent les corps de M'* Anthoînb Bovzîer,
MAiBCR en geste vIlLE DE HaN , ET DE DAMOiSELLE ÂNTHOi- NETTS TrOVSSET, SON VNÎCQVE ET SEVLLE ESPOVZE ; CAR COMME ÎLZ ONT VESCV CONSTANT LEVR MArIaGE EN* TOVTE AMOVR BT
djlection , ont encor dêsiré cest avtre assbmblement d'ilcevlx sobyz ceste tombe.
Après le covrs de qvarente-troys années qv'îlz y ont
CONivGALLEMENT PASSÉES , ÎL APLEV A DIeV EN DisSOVDRB LE s' LIEN, ET APPELER PREMIER A SOY LAD. TrOVSSET , LE XXIX® OCTOBRE, MÎL Sl'x CENT DOVZE, EN LA CÎNQVANTE HViCT"® ANNÉE DE SON AAGE, ET APRÈS l'aYOIr PASSÉE EN TOVTE PiÉTÉ, AMOVR ENVERS DIeV, CHARItÉ A TOVS, ET AVTANT RELÎGiEVSEMENT QVE CHASTEMENT, ET LED. BoVZlER, LE XXIlf ioVR DE AOVST, MÎL six CENS ET XXIII® ET DE SES ANS LE LXXVI^, ET LES AVOIr AVSSi PASSEZ EN TOVTE PROBITÉ ET VYE BT MCEVRS, ZELLE ENVERS
DiEv ET LA Religion, amovr de son prochaIn et de sa patryb,
TAlfT QVE DE TOVS SES CONCiTOYENS (aVSSY VNANiMEMENT QVE MÉRiTOiREMENT); ET,DÈS SES PREMIeRS ANS, lUENA ESTÉ APPELLE EN CE DEGRÉ DE LEVR PREMiSR MACiSTRAT, ET CONTÎNVÉ ivSQVES EN SES DERNiERS ioVRS ; AFFÎN QVE CES DEVX AMES AÎLLENT ENCOR' dans le gIbL ioVÎR dVnE AMYTiÉ PLVS PARFAiCTE Qv'eLLES n'ont FAÎCT iCY BAS ET SY PvisSENT AVSSY, COMME LEVES CORPS EN CE LÎEV , REioiNDRE d'vNB VNÎTÉ PLVS ENTIÈRE ET Y ESTRE BiEN HEVRÉZ DV S^ REPOS ÉTERNEL. POVR EN IMPETRER LA GRACE ET NE RÎBN OBMETTRE Qvi LA PA isSE FACiLiTER, ONT FONDÉ, EN
ceste église, devx obutz a perpétvité povr y estre célébrez, chacvn an, esiovrs de leves trépas, et troys messes par chacvne sepmaine : la première le lvndy , en l*honnevr dv S^Sacrembnt ; la seconde le mercredy , en l'honnevr de
MONSiEVR S'-ÂNTHOiNE LEVR PATRON) LA TROisiÈME LE VÊDREDY, EN CÔMÊMORATÎON DBS CÎNQ PLAYES DE NOSTRE SaWEVR IeSVS-
ChrIst et la Rédemption de levrs péchez; reqverant encor'
TOVTE âMES DÉVOTES ET PÎEVSES Y ADIoInDRE LEVRS PRIÈRES PAR OCVVRE DE CHArItÉ.
88 CHAFlTmS VIII
2^ Une belle pierre en marh^ noir adossée eontre un des gros piliers de la ehapdle de la Vierge, qui porte les armes des Comberville , avec au-dessous l'inscription suÎTante :
nie jiCET
>iR NOBilJS ROBERTUS (LeSAR
DE COMBERVILLE ,
DomiNUS DE LA RiVÀUDE , EQUiTUM TUR&fi \iCE PRJBFECTUS , Qti MÀJORUM STEVMATiBUS ET PROPRiâ viRTUTE CLARUS POST NAVATAM REGi , ET REGNO STRENUAM IN BELlis OPERAM , DUH PUBUCJB PACiS NONDUM GUSTAT OTÎA» QUJB ORb! CHRiSTiANO FRCERANT ARMA GaLUCA , ARMATCS ADHUC MEliORBM ilV ipsâ MORTE PACEM REPERir', vItA FUNCTCS CHRISTÎ mIuTE ET Sui REGiS nicNA.
Qdînto inos juiii m. d c. lxiv — requïescatîn pace.
3° Un tableau de marbre blanc incrusté dans le quatrième pilier droit de la nef sur lequel on lit :
Ct GisSENT LES CORPS DE M. ArTYS DE CroIx, CON'' DV ROT, SON P'. EN CE BAiL»^*. ET ANCiBN MATEYR DE CETTE VÎLLE, DÉ- CÉDÉ LE 23 NOVEMBRE 1 691 , AAGÉ DE 59 ANS ; DE D"® M® CHARPENTiER, SON ESPOVSE, DÉCÉDÉE LE 5 AVRÎL 1 690 , AAGÉB DE 50 ANS, ET DE M'® CH. DE CROix, LEVE fIlS, PRE*'. CHANOiNE DE S'-FURCY DE PÉRONNE , OV ÎL MOVRVT, LE 23 MAY 1699, AAGÉ DE 38 ANS, APRÈS AVOIr CHOiSY , PAR SON TESTAMENT, SA 8ÉPVLTVRB AVPRÈS DE SES PÈRE ET MÈRE ; ORDONNÉ QVE CETTE ÉPiTAPHE SEROiT ÉRicÉE EN LEVR MÉMOÎRE ET FONDÉ POVR LE REPOS DE LEVRS AMES ET DE LA sIeNNE .' 1° VnE MESSE BASSE CHAQUE SEMaInE, LE SAM^ ioVR DE SON DÉCÉD. 2^ Vn OBiT 80LEMNEL TOVS LES ANS, LE 23 MAY. 3° Le BONdIsSEMENT DE LA GROSSE CLOSCHE , TOVTTES LES FOis ET DVRANT TOVS LE TEMPS QVE l'on portera LE S' ViATiQDE AVX MALADES DE LA PAROi*®, ET AV RETOVR, LE DE PRO**.
LE TOVT PAR M^® DE HeM , NOTAifiE R^ à RAM, LE 1 MAT 1700.
PAROISSE SÀINT-MARTIK 89
4^ Une épitaphe en marbre noir, placée contre le cinquième pilier droit de la nef, qui donne l'inscription suivante, gravée sous un écusson qui porte : d'or au lion de Sinople (Brouilly) :
Gt GisT, noble et honorable dame LovisB DE Brouîlly, dame de
CANiSV; EN SON ViVANT ESP0USE DE UESSÎRE CHARLES D'HBRViLLTy SEIGNEUR DE DeyIsE, LIEUTENANT DE ROT ET COMMANDANT DE CETTE VILLE ET DE SON CHASTEAU, LAQUELLE DÉCÉDA, LE 8 DÉCEMBRE 1695,
âGÉE DE 40 ANS. — ^ PHez Dieu pour son âme,
5° Une pierre blanche placée dans la troisième fenêtre (bouchée) de la nef latérale Sud , qui porte l'épitaphe suivante: H" LES Harg"* de cette Bglîse sont Obligez de faire cranter,
TOUS LES ANS A PERPÉTUiTÉ, 3 MeSSES DES TrESP ASSEZ AVEC LeLÎBERA
et deprof. vne le 13 DE Mars po' Germain DevIlleronde, escuyer
CONS«' SECRÉTAiRE DU ROT, MaÎSON ET COURONNE DE FRANCE ET DE
ses Finances , et advocat es conseIls de sa Majesté, vne le 9 DÉCEM. pour Dame Elisabeth Boucot, femme dudît sIeur Deyille-
RONDE, ET encore VNE AUTRE PO'' GeRMAÎN DeVÎLLERONDE, PRiEUR ET Ccr6 DE CETTE EglIse, A COMMENCER DU JOUR DE SON DÉCEDS, ARRÎVÉ
LE 20« JOUR DE Janvier 1706.
L& Salut avec lîb. et deprof. les jours des Roys, du St-nqm de Jésus, des 2 festes de Pasques, des festes de la Pentecoste, de
LA DÉDiCACE, DU St-NOM DE MaRÎE , DES DEUX FeSTES DE NOEL , DE L'iNVENTÎON, ET DE L'eXALTATÎON DE LA StE CroIx, AVEC PROCESSION COMME AUSST TOUTS LES S"*' DÎMANCHE DES MOiS, POUR LA CONFRAÎRiS
DE LA Croix de Nostre Seigneur jesus Chrjst ; conpormem. aux
CQNTRACTS PASSEZ PARDEVANT M* JEAN CaUVRT, LES 22 JUIN 1692, 3 DÉCEMBRE 1694, ET 5 FEUVEiER 1697.
Laiare, sculpteur à ÇetUia,
6® Un tableau de marbre noir, incrusté dans le troisième pilier Sud de la nef, qui porte Tinscription suivante :
Ici REPOSENT LES CENDRES , DE MeSSÎRE JeAN-BaPTISTE ChAZETTB ,
pRiEUR, Curé de cette Paroîsse, décédé le 4 d'octobre 1788. Des vertus rares et une charité înépuisable pour les Pauvres,
Lui MÉRiTÉRENT A JUSTE TiTRE CE GLORisUX ElOGE TIRÉ DE L'ÉCRiTÙRE: DiLECTUS DeO et HOMÎNiBUS CUJUS MEMORIA ÎN BENEOiCTiONE EST. ChÉRÎ DE DiEU ET DES HOMMES, SA MÉMOiRB SERA BÉNiE PARMi LES SiENB. ECCL. 4. 5.
PAROISSE SAINT-SULPIGB.
Le village de Saint-Sulpice , qui portait en 1152 et 1248 le nom de Pont, (1) a longtemps été une des paroisses de la ville de Ham. Après la division de la province de Picardie en deux généralités (1607) , Saint-Sulpice, jusque-là faubourg de Ham, fut classé dans la généralité de Soissons , tandis que la ville fut soumise à la généralité d'Amiens. La rivière de Somme , qui coule entre Ham et Saint-Sulpice , et qu'on prit pour limite séparative entre les deux généralités , fut cause de cette sépara* tion. Hais, quoique n'appartenant pas à la môme généralité, Saint-Sulpice continua à faire partie de la commune de Ham , et ses habitants prirent part, comme auparavant, à Télection des maires et des échevins de Ham, qui continuèrent à les administrer. C'est ce qui résulte particulièrement de l'assemblée générale des habitants de la ville de Ham , tenue le 25 septembre 1678 ; et de celles qui ont été tenues les années suivantes. (2)
Les habitants de Saint-Sulpice demandèrent à plusieurs reprises à ôtre déchargés des droits d'octroi qu'ils payaient avec la ville, entr'autres , au commencement du xviii* siècle , mais toujours leur demande fut écartée et un arrêt du 12 septembre 1721 les maintint dans le paiement de ces droits, comme par le
L'église de Saint-Sulpice, dont le corps de bâtiment principal subsiste encore et qui forme aujourd'hui avec l'ancien cimetière et le presbytère, le n^ 101 du plan cadastral delà commune de Saint-Sulpice , était un monument sans caractère dont les murs portent les traces de remaniements et d'agrandissements faits à diverses époques. Le clocher, qui n'existe plus et qui avait la forme d'une tour carrée, se trouvait assis contre le mur Sud de la nef, presque au centre de l'Eglise. Les fidèles, pour arriver dans l'Eglise, passaient par le cimetière, et en-
(1) Charte de 1152 de Beaudoin, évéqae de Noyon. Manusc. de dom Grenier, paquet 4, art. 4, p. 50; — et cbarte de 1248: jéuff. Virom, iU, par Emmeré, p. 169.
(2) Procès-verbaux d'élection des maïeurs de Ham.
PAROISSE SÂINT-SULPICE 9f
traient par une porte placée dans le rez-de-chaussée du clocher, communiquant avec Tintàneur de l'église par une grande arche. (4 ) La sacristie se trouvait à Topposé, du côté du presby* tère. Le chevet de Téglise donnait sur la rue principale de la paroisse formant aujourd'hui la route impériale n° 30.
On lit encore aujourd'hui , enclavée dans le mur du portail , répitaphe suivante :
Hic Jacet
DOMÎNVS
LvDovicvs Stî GuRisTOPHoni
DE VÎLLERS, TÎR DbÎ , OliJT MBHSB ÂU«U9T0,
Aimo DoMiid 1652.
Nous avons retrouvé dans Téglise de Ham, sous le buffet du grand orgue , une autre épitaphe gravée sur une dalle blanche , et provenant deTégliseSaint-Sulpice :
t Hic Iacet (2)
R. P., HiPPOLYTHUS TaBART, 8ACERD08, OBiiT 10« SBPTEMBRiS , AlfNO DOMiNÎ 1738 ET iSTAT SUiE
PORTAIL . L'église Saint-Sulpice a été,
jusqu'en 4790 , une des trois paroisses de Ham. Son curé, Pierrr 'Louis Haillot, faisait, en 4790, une déclaration des revenus de sa ' cure , d'où il résuite qu'ils s'élevaient à 834 livres et 47 setiers ^ de blé.
Après la vente, en 1794^ de
l'égliso et du cimetière de Saint-
^ Sulpice, les habitants furent, lors
de la réouverture des églises, réu-
PLA« DE "église st^ulpice ^^^ ^ '» paroisse de Ham pour le
(1). Témoignasse de M. Lecomte, couTrear, ancien enfant de chœur de régli^e Saint-Sulpice.
(2) Voir plan des hardines deSaiat-Sulpice en 1785, qui se trouve^ cbezM. Lucas, secrétaire de la mairie de Ham.
92 CHAPITRE VllI
spirituel, et quoiqu'ils aient formé, depuis 1793 , unacommune séparée , ils ont continué à faire partie de la paroisse de Ham. Les inhumations des habitants de Saint-Sulpice ont été faites dans le cimetière de la ville de Ham de 1793 à 1843, mais depuis cette époque, il a été établi, au Nord du village, un cimetière distinct et séparé de celui de la ville, pour les habitants de Saint-Sulpice.