ABBATB DE NOTRE-DAMB DB HAM. — 8A FONDATION
SON impobtancb; ses ABBÉS ; SES chartes; son sceau; SES armoiries.
Dans les plus anciens monastères il y avait deux sortes de personnes, des prêtres et de simples religieux vivant en commun et consacrant leur vie à leur sanctification personnelle. Après avoir été florissants , ces établissements éprouvèrent de grands désastres des guerres des seigneurs entre eux et des invasions des Normands. Aussi, pour être protégés contre les pilleries et les ravages de ces hordes sauvages , ils placèrent leurs maisons sous la protection des seigneurs séculiers qui les avoisinaient. Ceux-ci disposèrent alors des biens des Abbayes comme de leurs propriétés , donnant à peine la subsistance aux moines qui continuaient à y habiter ; mais dans le courant des xi® et - XII® siècles, les rois , les évêques , les seigneurs travaillèrent à transformer les nombreuses communautés séculières en abbayes régulières. Ce mouvement, qui produisit de nombreuses fon-
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dations , se propagea rapidement et Ton vit tous les hommes puissants fonder à Tenvi de grands établissements, qui furent aussitôt peuplés de fervents religieux.
L'Abbaye de Ham, de Tordre de Saint-Augustin, fut régularisée en 1 1 08 , par la remise faite par Odon , seigneur de Ham , et sa femme Louise , entre les mains de Baudry, Evêque de Noyon , de tous les, droits qu'une ancienne coutume leur avait conservés sur Téglise Sainte-Marie de Ham. C'est par suite de cette donation, approuvée par le roi Philippe et par le comte de Vermandois, qu'on introduisit des chanoines réguliers en place des séculiers qui y étaient établis de temps immémorial. La charte qui rapporte cette fondation a été publiée dans divers auteurs auxquels nous renvoyons ceux qui voudraient l'étudier. (1) La même année, le Pape, Paschal H, érigea la nouvelle communauté en titre d'Abbaye et lui accorda plusieurs privilèges, confirmés ou augmentés depuis par- ses successeurs.
Le supérieur, appelé Abbé, d'un mot hébreu qui signifie père, avait au-dessous de lui \e prieur (le premier), qui exerçait une autorité subalterne.
Quelques années après la fondation de l'Abbaye de Ham, un chanoine régulier, nommé Drogon, ayant demandé au Pape sa sécularisation (1 172) , afin de pouvoir jposséder en môme temps une prébende canoniale dans l'église de Noyon, reçut du Pape, malgré les recommandations du roi de France , de Philippe d'Alsace, de l'Archevêque de Reims et de l'Evêque de Noyon, un refus accompagné de ces paroles : Non arandum in bove et asino, (2)
L'Abbaye a eu la Sainte Vierge pour titulaire , mais saint Yaneng, patron de la ville, dont elle possédait les reliques dès avant 4 1 99 , en était le vocable secondaire.
(1) Annales de Véglise de Noyon, par Leyasseur, page 800. — Aug, Firomand. par Emmeré, p. 141. — Mém, du Verra, par CoUielte, tome 2, page 156. — Vie de saint Vaneng, préface.
(2) Ann. de Nuffony par Lerasseur, page 897.