SIMONIDE, HARMODIUS, ARISTOGITON, LE CHŒUR
SIMOMDE.
La lyre a su dompter les tigres et les ours ; Mais à ses fibres d'or les envieux sont sourds
LK CHŒUR
L'aède, obéissant à la Muse immortelle, Tient les êtres divers enchaînés autour d'elle,
Quand il chante les dieux, les lois et les cités, Quand il fait resplendir la vérité secrète.
Mais celui qui pour Muse a pris ses vanités, Qui des lâches désirs s'est Yendu l'interprète, Ne soumet plus le monde aux vers qu'il a chantés.
SIMOMIDE.
L'âme a plus d'un désir, le luth plus d'une fibre ; L'aède le parcourt de son doigt souple et libre, Chantant les dieux anciens et les jeunes amours. Les voluptés des nuits et les travaux des jours. Pareil à Zeus lui-même en ses métamorphoses.
Il saisit, tour à tour, l'accent de toutes choses : L'homme et les fleurs, les arts et les âges divers, Parlent chacun leur langue et vivent dans ses vers.