HARMODIUS, ARISTOGITON, LE CHŒUR
Voilà ces vils chanteurs qu'Hipparque sait élire Pour corrompre le peuple en corrompant la lyre ; Voilà ces histrions, trop écoutés; hélas !
Dont il marche entouré dans ta ville, ô Pallas I
AWSTOGITON.
Héritiers d'un tyran, les fils de Pisistrate
Se divisent entre eux sa tâche scélérate :
Pour fonder leur pouvoir, ils veulent, à la fois, Tuer les vieilles mœurs avec les vieilles lois ; Et, comme ils ont détruit tant d'hommes héroïques. Détruire les vertus qui font les républiques ; Il y faut de l'audace et de la trahison :
Hippias est le fer, Hipparque est le poison.
LE CHŒUR
déplorable ville, où, des fleurs sur la tête, Les citoyens hagards rêvent de noirs combats; Où la discorde en feu couve au sein d'une fête I Mer pleine de soleil et grosse de tempête.
Monde où tout rit là-haut, où tout gronde là-bas !