CHANT PH EM I EH
Dieu ! (*(* nom retentit et le tems le proclame De son immensité le poids écrase l ame:
C'est son nom que roulent les mers ; C’est son nom que les cieux apprennent à la Et l'hymne que redit à la nature entière La grande voix de E univers.
Élevez, élevez des temples à sa gloire,
Et venez abriter votre frêle mémoire À l’ombre de l’éternité;
De vos travaux d’un jour sanctifiez l'usage, Et Dieu reflétera sur votre moindre ouvrage Un rayon d’immortalité.
One de nobles travaux attestent ton génie !
V Qj
Homme, du Créateur, ô merveille infinie! Atome fugitif il n’a que des instants,
Mais il serait un Dieu s’il possédait le tems. Dans cet éclair d'un jour qu’on appelle la vie Qu'on ne fait qu'essayer qu elle est déjà ravie
l’architecture
Dans ce court intervalle, espace limité,
L’homme rêve pourtant une immortalité.
Et, sentant que déjà s’enfuit son existence Sur le bord de la tombe il nourrit I espérance De consacrer ses jours fugitifs et mortels :
Car l’homme a des pensers qui naissent éternels.
Où sont ces monuments dont se pare la terre?
Oh Rome! montre moi ton sublime Saint Pierre!
La magique Venise assise sur les eaux Berce du vieux Saint Marc les moresques arceaux. Près du noir Westminster que mouille la Tamise Le somptueux Saint Paul montre sa tête grise.
A Paris Notre Dame éléve au ciel sa tour,
Dentelle de granit que traverse le jour.
Mais il est sur nos bords des chefs-d’œuvre gothiques Qui levant dans les airs leurs fronts mélancoliques, Semblent parler encor de ces tems valeureux,
Quand la gloire et l’amour guidaient nos jeunes preux Sous les sombres arceaux de ces vieux monastères, L’homme sent vers le ciel s’élever ses prières,
Et ces murs presque aériens,
Ces longues flèches élancées,
Ces clochers aux frêles soutiens,
Apportent au Seigneur nos pieuses pensées.
CH AM PREMIER
Ineffable tristesse, instinct religieux,
Qui sous ces vastes nefs parle à des cœurs pieux;
Loin d’un bruit importun, l’âme en paix recueillie S’enveloppe d’amour et de mélancolie;
Que ce morne silence est digne des tombeaux!
Un jour douteux pénètre à travers les vitraux .
O muse des chrétiens, jeune ange aux blanches ailes, V iens, descends à ma voix des voûtes éternelles; Guide nies pas errants vers ces bords enchantés Qu’un songe offrit parfois à nies sens agités.
Déjà, je crois errer sur ces augustes dalles Où reposent en paix tant de cendres royales; Haute-Combe a reçu mes pas retentissants;
Mes pleurs ont éveillé les échos gémissants;
Il est nuit . Sur l'autel une faible lumière
Semble des malheureux accueillir la prière.
Comme un dernier espoir qui caresse le cœur ,
Elle remplit la nef de sa pâle lueur;
A ces rayons douteux je m’arrête pensive,
Et des chants ont frémi sur ma lyre craintive .
Sous la voûte sonore un souffle harmonieux Emprunte au vent du soir un bruit mélodieux;
Je mêle en frémissant ma voix à ces murmures Prolongés par l’écho sous ces arches obscures.