‹ Haydn (volume 2)Chapitre 10 sur 24 · Moniteur du 24 janvier · texte numérisé non relu

Moniteur du 24 janvier

2. Berlinische Musikzeitung, i8o5, n<^ 89; cité par Wendsnhuh, Ueher Jos. Haydn's Opern, p. jo3.

3. On n"a tenté de nos jours, à notre connaissance, qu'un seul essai de résurrection au théâtre d'un opéra de Haydn. Lo Speziale, traduit en allemand et réduit en un acte au lieu de trois par le D^ Hirschfeld, a été joué en 1895 à Dresde, à Hambourg, et, dans un concert de bienfaisance, à Vienne.

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la symphonie. Si, d'autre part, connaissant sa vie, l'on se garde de lui demander de grands accents tragiques, il ne faut guère plus s'attendre à ce que sa bonhomie et sa belle égalité d'humeur lui dictent dans le cadre bouffe des élans inattendus. La verve comique est une manière de force que Haydn ne peut, ou ne sait, ou n'ose pas déployer. De jolies mélodies se déroulent sagement dans le « demi-caractère » et quand il devient nécessaire de montrer décidément plus d'animation, on voit accourir, comme une volée de pinsons, les petits motifs à deuxquatre, légers, bavards, insouciants, pareils entre eux, échappés, ainsi que d'une cage, de ses rondos de sonates, de ses finales de symphonies. Voici Tun d'eux dans le premier morceau de la Vera Costanza :

Vivace

et son frère dans le finale du deuxième acte : Presto.

et, toujours dans le même opéra, ce quartetto Presto.

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dont Tallure est si nettement sautillante et familière, que le traducteur français ne voit rien de mieux à en faire que de le détacher de l'ensemble vocal et de le présenter, presque sans accompagnement, sous forme d'un vaudeville à trois couplets.

En faisant abstraction des morceaux plus recherchés, — airs précédés de récits accompagnés, grands finales à plusieurs mouvements, imités de Piccinni ou d'autres, — cette abondance de dessins courts, symétriques, allègrement rythmés, aisés à retenir, et si légèrement attachés aux paroles qu'ils semblent faits d'avance pour en supporter mille autres, conduit le lecteur à se demander si Haydn n'aurait pas trouvé dans Topéra-comique allemand, le Singspiel, équivalent de notre vaudeville ou de nos premières « comédies à ariettes », sa véritable direction au théâtre . Il s'y était essayé une fois *, avant d'être lié par ses obligations de maître de chapelle à la culture exclusive de l'opéra italien. Mais, outre qu'il est parfaitement oiseux de chercher « ce qui serait arrivé » si d'autres événements avaient enveloppé

I. Son opérette Ber neiie kriimme Teufel, qui est perdue, a été mentionnée ci-de8sus, p. 20. Des deux pièces analogues que l'on a citées sous son nom, l'une, Der Apfeidieh , était un pastiche arrangé sur des airs de plusieurs compositeurs, l'autre, Die Hochzeit auf der Alm, appartient à son frère Johann-Michael.

L'ŒUVRE io5

Texistence d'un homme et déterminé le sens de son activité, la contribution tardive et secondaire de Haydn au répertoire du lied ^ serait là pour démontrer que nul penchant véritable, nulle fa-: culte spéciale ne le portaient vers le chant allemand. Les progrès du lied étaient parallèles à ceux de la poésie lyrique allemande, auxquels rien ne laisse croire que Haydn s'intéressait : et encore une fois, son service auprès d'un .prince dont les goûts étaient absolus, les exigences tyranniques, ne lui laissaient ni le libre choix de ses travaux, ni le loisir d'être curieux de beaucoup de choses. Malgré Fexcellente opinion qu'il avait de ses opéras et qu'en 1781 il confiait si ingénument à Artaria, Haydn était trop modeste et trop clairvoyant pour ne pas sentir bientôt l'impossibilité d'égaler sur ce terrain le jeune maître qu'il voyait grandir auprès de lui et dont il s'était fait avec joie l'un des admirateurs les plus sincères, l'un des amis les plus dévoués. La réponse qu'il fit à une lettre venue de Prague en 1787, dans laquelle on le priait de composer un opéra pour cette ville, où l'on venait de représenter Don Juan^ fait honneur à sa raison autant qu'à sa bonté : « Vous désirez de moi, dit-il, un opéra bouffe. Bien volontiers, s'il vous est

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