‹ HaydnChapitre 8 sur 63 · I. Ses premiers liedcr pai'uronl en · texte numérisé non relu

I. Ses premiers liedcr pai'uronl en

loG IIAYDX

agréable de posséder, pour vous seul, quelque œuvre vocale de ma composition. Mais quant à l'exécuter sur le théâtre de Prague, en ce cas je ne puis vous servir, car tous mes opéras sont trop liés à notre personnel d'Esterhaz, et ils ne produiraient jamais au dehors Teffet que j'ai calculé en vue de cette localité. Il en serait autrement si j'avais le bonheur inestimable de pouvoir composer pour ce théâtre sur un livret entièrement nouveau : mais là encore je courrais trop de risques, car il serait diflicile à n'importe qui de se placer à coté du grand Mozart. C'est pourquoi je voudrais pouvoir imprimer dans Tâme de tous les amateurs de musique, et surtout des grands, les inimitables travaux de Mozart, aussi profondément et avec une connaissance musicale et un sentiment aussi vifs que ceux que je ressens moi-même à leur égard ; alors les nations se disputeraient la possession d'un tel trésor. Il faut que Prague retienne un homme aussi précieux, — et qu'elle le récompense ; car sans cela l'histoire d'un grand génie est triste et n(^ donne à la postérité que peu d'encouragement à poursuivre l'œuvre ; c'est pourquoi malheureusement tant de beau génies, pleins d'espérances, succombent. Je suis tout en colère de ce que cet unique Mozart ne soit pas encore allaché à une cour impériale ou

royale ! Pardonnez-moi si je sors ainsi de mes gonds : c'est que j'aime trop l'homme ^ »

Nous l'avons vu aussi rêver des ISozze di Figaro en rentrant de Vienne à Esterhaz -,

Les œuvres de musique vocale profane que Haydn composa en dehors du théâtre paraissent peu nombreuses, comparativement au total de son infatigable production. Ce sont, avec les lieder, quelques cantates et airs italiens, un chant funèbre allemand sur la mort du roi de Prusse, une cantate burlesque allemande sur « le choix d'un maître de chapelle », écrite à Vienne « pour une société de joyeux amis qui se réunissaient à la taverne du Cverne », et le chœur anglais The Stonn^ bientôt traduit en italien. Ce chœur et la grande scène intitulée Arianna à Naxos présentent sous son meilleur jour le talent de Haydn dans la composition vocale. Arianna à Naxos, qu'il appelait « sa chère Ariane », fut composée en 1789 et devint célèbre après les exécutions qu'en donna à Londres le chanteur Pacchiarotti. D'un bout à l'autre avant tout très mélodi{[ue et très favo-

1. Cette lettre adressée à un fonctionnaire de Prague, nommé Roth, a été publiée pour la première fois par Xienitschek dans sa biographie de Mozart, et reproduite souvent par les historiens des deux maîtres. Pohl la donnée dans son Haydn, t. II, p. -225, ot Nohl, dans ses Miisikcrhriofe, p. loi.

Page 1