‹ HbgirinChapitre 65 sur 65 · III. ADDENDA · texte numérisé non relu

III. ADDENDA

P. 190 b ,0. Butto (ch. Fo t'ou) entre aussi dans la te. du nom de Buddharaksa, traducteur de la fin du IVe s.; Ttt. 2059 1 (328 b). La te. Feou t'ou ^JK" pour Buddha se retrouve jusque sous les T'ang dans le nom du moine ch. Feou t'ou hong ffij§[ $/,, qui vécut aux environs de l'an 700. Ce personnage passait pour être versé dans les mathématiques, la géomancie, la divination ; c'est évidemment par fantaisie de lettré, et pour en imposer aux fonctionnaires et aux poètes avec lesquels il frayait, qu'il avait pris ce nom d'allure archaïsante. Les chroniques bouddhiques ne le mentionnent même pas ; il n'est connu que par les histoires profanes, qui le classent parmi les "magiciens" (f| Jjjfiis xci, 11 b; Jjtf il£, cciv, 5 b). — Sur les te. archaïques de «Buddha», cf. la discussion de MM. Hou Che et Tch'en Yuan, résumée et critiquée dans Bibl. Bouddhique, vu.

P. 204 b44. D'après l'Histoire des Tch'en (|^^, n, 2 a), c'est cette même dent du B., la première parvenue en Chine, qui aurait été retrouvée plus tard et que l'empereur aurait vénérée en 557 ; cf. Pelliot, T. P. xxxii, p. 281 n. Le Nan che ^j£, ix, 7 b, et la chronique bouddhique, Ttt. 2035, xxxvii, 352 b, ne reproduisent pas cette tradition.

P. 212 a 38. Autre passage sur la peinture dans le Mûla-sarvâstivâda-vinaya, T. 1451 xxxvm (399 b-c) : Immédiatement après le Parinirvâna, Mahâ Kâsyapa, qui se trouve au Venuvana-kalandakanivâpa de Râjagrha, averti par le tremblement de terre, conçoit des craintes pour la vie d'Ajâtasatru : si le roi apprend la fatale nouvelle trop brutalement, il risque, vu sa ferveur de néophyte, d'en mourir "en crachant le sang". Kâsyapa fait peindre par les soins du ministre Varsakâra,

SUPPLÉMENT III

sur les murs d'un prasâda situé dans un parc, les principales scènes de la vie du B. : le quintuple examen au Tusita ; la triple purification de Mâyâ par les Devaputra ; la conception du Bs. sous la forme d'un petit d'éléphant ; la sortie de la ville ; les six années d'austérités ; l'Éveil sur le siège de Diamant '; la triple prédication à douze aspects sur les quatre Vérités, à Bénarès ; le grand miracle de Srâvastî ; la prédication pour Mâyâ chez les Dieux Trente-trois, et la descente à Sânkâsya par le triple escalier de Joyaux ; l'oeuvre de conversion en tous pays ; le Parinirvâna. Varsakâra fait voir ces peintures au roi, en les lui expliquant ; arrivé à la scène du Parinirvâna, le roi tombe évanoui. On le plonge successivement dans huit caisses remplies, les sept premières ds beurre cru, la huitième d'eau parfumée au santal gosîrsa ; il revient alors à la vie. — L'épisode des huit caisses est rapporté indépendamment par Paramârtha, sans celui des peintures (Mél. ch. et b., i, 25-26).

P. 212 a t0. Ce passage a été signalé dans Mél. ch. et b., 1, 352, par M. Waley qui traduit : « May we not at least make images of Bodhisattvas in attendance upon you ? » Cette interprétation est impossible pour un texte comme le Sarvâstivâda-Vinaya, et la note de M. Waley est inacceptable. Tout au plus pourrait-on supposer que le mot shi (ch. che, « to attend »), qui s'explique mal, a été interpolé par un copiste ch. mahâyâniste que ce passage déconcertait. M. Waley signale d'autre part (p. 353) le texte du Mûlasarv°-Vinaya que nous avons résumé p. 211 b 2'"43 ; mais la traduction qu'il en donne est incomplète et inexacte : dans ce deuxième texte tout comme dans le premier, il n'est pas question d' « images of the Buddha's earthly semblance » ; la prose dit simplement (T. 1452, v, 434 b) « une image en jambu », et les stances qui précèdent et qui suivent spécifient bien qu'il s'agissait d'une image du Bodhisattva (cf. aussi T. 1456, 518 c). Un peu plus loin (T. 1452, v, 434 c), pour justifier sa requête de rendre un culte à l'image du Bs., Anâthapindika dit au B. : « Lorsque le B. était Bs., ne lui rendait-on pas un grand culte (kuyô, litt. « entretien, offrandes », sk. pujâ ?) ? » — « Oui », répond le B., et il l'autorise à rendre un culte à l'icône de jambu ; puis à orner cette image de joaillerie (yôraku, sk.- keyura), parce que le Bs. en portait — mais à l'exception des anneaux de chevilles et des pendants d'oreilles ; puis à fabriquer pour l'image un char (ou palanquin), parce que le Bs. circulait en palanquin ou en char ; puis à l'abriter d'un dais et de bannières, à l'orner, etc., toujours en raison du même précédent. Les détails du culte de l'icône sont ensuite indiqués, toujours avec référence au culte que l'on rendait au Bs. lorsqu'il était prince royal. Les Moines se mettent à couvrir leur couvent d'images peintes et à leur offrir des parfums, des guirlandes de fleurs, de la musique... Les sept catégories de fidèles, clercs et laïcs, viennent assister au culte, et Anâthapindika institue une assemblée dite du Bodhisattva, avec distribution de Dons aux assistants ; puis il institue une assemblée dite du jour de naissance du Bs. (à cette occasion il est autorisé à installer un autel à parfums devant l'icône de jambu), une autre dite de la 5e année (commémorant la coupe du chignon du Bs. en sa 5e année), une autre dite de la 6e année (commémorant le rétablissement du chignon), puis enfin une grande assemblée dite du Buddha, pour laquelle il est autorisé à faire une [nouvelle ?] image en jambu. — La liaison entre le culte royal et le culte et l'iconographie bouddhiques apparaît ici nettement ; cf. Mus, Le Buddha paré, BEFEO, XXVIII.

P. 214 a ". Le Smrtyupasthâna (qui date des environs de l'ère chrétienne, cf. S. Lévi, Pour l'histoire du Râmâyana, J. As. 1918, 1) a un autre passage fort développé sur la peinture, T. 721 xlviii (286 c- 289 a). Yama et sa suite de Dieux visitent un stûpa contenant une image, en or jambunada, du B. Kâsyapa, le prédécesseur de Sâkyamuni ; sur le mur. du stûpa, à côté de l'icône, est inscrit le texte d'un sûtra du B. Kâsyapa définissant treize dharma dont les Moines doivent se garder, sous peine de ne pouvoir cultiver l'Extase, ni réciter les textes saints, ni gagner le Nirvana. Le 3e de ces dharma est la peinture. La pratique de cet art est interdite à ceux qui sont Sortis-de-lafamille, car elle ferait renaître en eux le Désir. Pour eux, la peinture doit s'entendre en un sens tout spirituel [sur l'Esprit qui, pareil à un peintre, crée les Passions et toutes les variétés du Formel, du monde matériel, v. Samyuktâgama cité Hôbôgirin, 121 b ; cf. aussi Uttaratantra d'Asanga, td. Obermiller, 208-209] : leur Esprit « peint » — se peint à lui-même, se représente par la contemplation intérieure, par le « dhyâna » — les cinq gati avec les « couleurs » propres aux différentes sortes de karman, d'Actes qui caractérisent les différents Etres dans chacune de ces gati. P. ex., il [se] peint la gati des Dieux avec la couleur pure d'Actes blancs, c.-à-d. bons. Pour la gati humaine, les couleurs sont variées : les hommes riches et moraux sont « peints » en couleur karmique blanche, les hommes riches et immoraux en couleurs karmiques blanche et noire, les hommes pauvres et moraux en rouge et en blanc, les hommes pauvres et immoraux en noir, bs hommes adonnés à la Mauvaise-volonté et au Désir en noir et en jaune ; pour un homme né roi ou ministre, mais qui se conduit mal, le blanc karmique s'efface et le noir augmente, etc.. C'est là ce qu'on appelle la « peinture karmique spirituelle » (sk. citta-karma-citra ?), seule digne des Moines. Quant à la peinture matérielle {rûpa-citra ?), elle n'a de valeur pour un Moine ni en elle-même, car elle est

IV SUPPLEMENT

destructible comme tout ce qui est matériel, ni par les objets auxquels elle s'applique ; elle ne porte que sur des Domaines Objectivés par les Organes des sens — p. ex., de jolies femmes — , elle n'est que trouble de l'Esprit, Attachement au Formel impermanent, Désir impur. L'artiste mondain, « brûlé par le feu de sa peinture », est destiné à l'Enfer. Aussi le Moine doit-il se garder même de toucher à un pinceau.

P. 223 b51. Le Mûla-sarvâstivâda-vinaya, T. 1451 xxxviii (399 b, 28), déclare expressément que le Bs. "prit la forme d'un petit d'éléphant pour naître dans le ventre de sa mère", ce qui est conforme à la thèse Mahâsânghika et contraire à celle de l'école Sarvâstivâda.

P. 230 a 12"24. La formule sk. des quatre Vérités médicales, qui correspond à celle du Yogâcâryabhûmiéâstra, se trouve dans la Bodhisattvabhûmi, éd. Wogihara, p. 96 (=T. 1481, m, 903 a) ; elle est presque identique à celle que cite Yasomitra dans la Vyâkhyâ du Kosa, sup. 225 a.

P. 232 b 23. Sûtra cité dans un manuel de Yoga compilé par Kumârajîva au début du Ve s., T. 616 11 (294 b) : « Ce pourquoi les Êtres des dix points cardinaux possèdent un corps, c'est exclusivement pour subir la Douleur ; c'est pour cela qu'ils naissent... S'il n'y a ni corps ni esprit, la vieillesse, la maladie, la mort et les tourments n'ont rien à quoi s'attacher ; de même un vent mauvais peut briser un grand arbre, mais s'il n'y a point d'arbre le vent n'a rien à détruire. »

P. 232 b 34. Cf. la parabole du bon médecin et de l'aveugle-né, dans le Lotus (Burnouf, 82 sqq.). Le texte sk. mentionne à deux reprises les trois Humeurs, et comme de juste la version ch. en compte quatre. — Sk. éd. Kern-Nanjio, p. 133 : Vâtikâh paittikâh slaismikâh samnipâtikâsca [vyâdhaya]=T. 263 m (85 b) : « Le Vent (vâta), le Froid (slesman), le Chaud (pitta), le heki [ch. p'i, « chyme accumulé dans l'estomac ou dans les intestins, constipation, indigestion » : il s'agit probablement du guru de Yi tsing, dosa de l'Elément solide, cf. sup. 228 b, 254 a], voilà les quatre maladies.»— Sk. p. 136 : Yathâ vâta-pitta-slesmâna evam...=T. 263 in (85 c) : « ...les quatre maladies... »

P. 234 a 36*40. Ici encore le Mûla-sarvâstivâda-vinaya est en désaccord avec l'Abhidharma de l'école : le Kosa, Tt. 1558 xv (83 a) [=K. Lav. iv, 127], déclare en effet que chez les Saints le déséquilibre des Eléments — cause de la maladie — n'est jamais une rétribution des Actes.

P. 235 b 8. Sur les maladies "simulées", v. déjà le sûtra cité par Kumârajîva dans son cm. du Vimalakîrtinirdesa, S. Lévi, J. As. 1927, 11, 117 (pour le conte de la vache qui donne son lait au B. malade, cf. Ecke-Demiéville, Twin Pagodas of Zayton, p. 51).

P. 239 b 81. Le Smrtyupasthâna, T. 721 xlviii (285 c-286 c), compte la médecine parmi les treize sortes d'activités nocives pour les Moines. Elle est une source de convoitise, de jalousie, etc. ; les médecins n'ont qu'un désir, c'est qu'il y ait beaucoup de malades... La tâche d'un vrai sramana est de guérir les Êtres des trois Passions, et non des trois Humeurs corporelles (dosa) qui ne durent qu'autant que dure le corps.

P. 242 b 7. Mâyâ elle-même, étant enceinte du Bs., guérit déjà les malades par l'imposition de sa main droite sur leur tête ; Lalitavistara, vi, p. 71 =T. 187 il (551 b).

P. 243 a4. Cf. le mythe de 1' "arbre médicinal" dans l'appendice mahâyâniste de la "Yogâdârabhûmi" td. par Dharmaraksa, T. 606 vu (230 b) : Naguère cet arbre apparut soudain dans les airs, recouvrant tout l'univers de ses branches. Ses émanations détruisirent celles de tous les végétaux vénéneux ; il fit croître et prospérer l'univers ; tous les gens de bien furent en paix ; les territoires élevés furent abaissés, les bas furent élevés ; la grande paix régnait, il n'y avait plus ni monts ni vaux ; il pleuvait une rosée douce de Joyaux, tout le monde était dans la joie...

P. 246 b 40. Au viie s. Hiuan tsang vit partout en Inde des asiles, dits punyaiâlâ ou dharmasâlâ, où l'on distribuait aux indigents médicaments et nourriture (Watters, Travels, 1, 288, 328, n, 286). Cf. aussi R. Mookerji, Local Government in Ancient India, Oxford, 1920, p. 275 sqq.

P. 252 b11. Sur l'équivalence dosa=klesa, cf. E. H. Johnston, JRAS, 1930, p. 862, 873, et td. du Saundarananda, p. 79, n. 37.

P. 260 a8. Le ch. "ji" correspond bien au sk. arsas, rendu en tib. par gzan 'brum "hémorrhoïdes" ; le titre sk. est Arsa-prasamani-sûtra. Cf. Okan. n08 213, 645 ; Ttib. n08 621, 1020.

P. 261 a 9. Le rite de l'opération symbolique de la cataracte au moyen de la salâkâ est décrit en sk. dans un texte tantrique conservé avec un cm. en vieux-javanais. Cf. K. Wulff, Sang Hyang Kamahâyânan Mantrânaya, Copenhague, 1935, p. 24 ; H. v. Glasenapp, OLZ, 1936, col. 486.

P. 264 a 24. Un des ouvrages de T'ao Hong king contient un démarquage taoïste du Sûtra en 42 articles ; cf. l'étude de M. Hou Che analysée dans Bibliographie Bouddhique, vu.

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