‹ Hebreu PrimitifChapitre 1 sur 69 · Hebreu Primitif · texte numérisé non relu

Hebreu Primitif

Lot 2: EEE LE au elinn A À jar 2 £ Sa sans : no e RÉ RS EEE LE LOT CRC ETS Sos Et nee ride à robutsastauss ef ont 4 LED mo Ptuentiat ni 18 HUCPNER ÈS + api 2040 track [E ne vi ee. PEL UT Fa. 7 xl pers 2 Len | Re POUR y 1 Faro PEUR üysorté ÉErATES Le = ns dl À dus. Lo à “ae su UREIENN UE orné PME MARÉES Mer Arr prete 7. de

er

* M. Ad. Lethierry se disposait à mettre sous presse l’ouvrage dont nous donnons aujourd’hui le pr'émier livre; il en avait remis le manuscrit à l'imprimerie, mais la difficulté de réunir les différents caractères, surtout le sanscrit et l’éthiopien, avait occasionné beaucoup de retard; enfin la première feuille était composée, lorsque la mort est venue frapper l’auteur, en 1863, à la suite d’une affection au cerveau qui l’a fait languir pendant plus d’une année, La famille de ce laborieux savant, confidente de son ardent désir de voir paraître un travail auquel il avait consacré de longues années, à voulu, dans l’impossibilité de le publier en entier, en donner au moins une partie. Nous disons l'impossibilité, car, outre la dépense considérable qu’entraînerait l'impression des douze livres dont se compose l'ouvrage, M. Lethierry, dont la santé avait été jusque-là excellente, surpris par la maladie, n’avait pu y apporter les derniers soins, se réservant de le faire au fur et à mesure; et il faudrait beaucoup de temps pour le mettre en état de voir le jour, tout en y laissant probablement subsister des imperfections qui auraient disparu si l’auteur avait pu le corriger et le terminer luimême. Sa famille, qui connaissait les rapports que nous avions eus avec lui, a bien voulu, malgré notre faible savoir, nous charger de revoir ce premier livre avec l’attention nécessaire et d'en surveiller l'impression.

En 1845, M. Lethierry avait déjà fait paraître sous ce titre : Racines hébraïques et chaldaïques avec leurs dérivés dans les langues de l'Orient et de l’Europe, xxiv-32 pages, un fascicule autographié contenant l'introduction et les neuf premiers chapitres de son travail, conçu alors sur un autre plan, et dont le chinois même faisait partie, Il avait depuis modifié son idée, et le présent volume offre la dernière forme qu’il a donnée à son œuvre.

Nous reproduisons la préface que M. Lethierry a placée en tête du fascicule autographié dont nous venons de parler, et dans laquelle il explique en peu de lignes le but qu’il à voulu atteindre.

« L’impression de la première partie de mes Racines hébraïques na fait reconnaître que le rapport des langues entre elles, que je cherchais à prouver, pouvait être contesté, parce que la distance du grec ou du latin à l’hébreu est trop grande, et qu'avant d'arriver à ces derniers idiomes il ya plusieurs langues intermédiaires, J’ai donc pensé que si l’on parvenait à bien expliquer la parenté ou filiation de chaque racine en passant par ces diverses langues, on arriverait ainsi d’une manière certaine à sa dernière descendance. Les rapports constants que j'ai trouvés entre tous les-idiomes m’ont de plus en plus convaincu de leur origine commune ; j'ai également reconnu que le langage fut primitivement symbolique, et que la représentation des objets précéda l'écriture et. donna naissance aux hiéroglyphes. Les lettres se composèrent de ces mêmes signes hiéroglyphiques ; le 3 (beth) prit la forme et le nom de la maison, et les mots composés par la réunion du 3 aux voyelles eurent en partie un rapport plus ou moins direct à la maison; il en fut de même du € 3 (ghimel), le chameau ou plutôt sa bosse, son éminence ; du + (daleth) ou la porte, etc. Il faut 1£& dés. études, des travaux immenses et hérissés de difficultés sans nombre, pour donner quelque.clarté & A un ouvrage de cette nâture. J'ai entrepris ce travail, auquel j'ai déjà consacré beaucoup de temps ; « mon seul but est de tracer une route nouvelle, qui pourrait devenir féconde en grands résultats,

Ye « et faire parvenir à démontrer d’une manière évidente comment se sont établies et comment se lient « au langage toutes les idées religieuses.

« Le lecteur se convaincra que je n’ai aucune prétention à l’élégance du style; j’ai cherché avant « tout la clarté du discours, et autant qu’il m’a été possible j'ai emprunté aux auteurs qui ont traité « ces mêmes matières des passages entiers qui viennent en preuve de ce que j'avance. Ces idées « existent répandues dans un grand nombre de livres, il fallait seulement les coordonner, ét leur « donner une suite; je nai donc d'autre mérite que la persévérance dans le même travail, celui de « rapprocher et de réunir tout ce matériel incohérent. »

L'ouvrage de M. Lethierry, comme il le dit lui-même, est fondé sur l'identité des idées religieuses et du langage; à ses yeux, le ciel offre la peinture des symboles qui se retrouvent dans la parole de l’homme sur la terre. Voici la marche qu’il suit pour exposer sa pensée : après avoir développé dans le texte des chapitres les symboles qu’il veut expliquer, il réunit sous ce texte un certain nombre de mots qu’il dispose en colonnes et qu’il groupe selon le degré de force du sens des racines et selon les idées que ce sens renferme; en outre, la plupart des mots ayant des significations diverses et souvent très-opposées, ils se rétrouvent en différents endroits et sont signalés par des numéros de renvoi indiquant le lieu où ils sont de nouveau mis en rapport avec d’autres racines. Il n’est pas à dire que dans cette multitude de mots comparés les uns aux autres, il ne puisse s’en rencontrer qui soient égarés et hors de la place qu’ils devraient occuper. Quelques erreurs de cette nature étaient presque inévitables et n’existeraient sans doute pas si l’auteur avait revu et publié lui-même son travail. Nous nous sommes attaché à les faire disparaître, sans espérer d'y avoir entièrement réussi. Nous devons dire aussi que M. Lethierry ne s’est pas toujours astreint à la signification absolue des mots; il en a étendu et même quelquefois interprété le sens pour le rattacher aux idées symboliques renfermées dans son sujet.

L'auteur avait le dessein d'exposer dans un discours préliminaire le but de son livre, de développer les idées qu’il y a émises, et de renouer entre eux les chapitres, dont la liaison est quelquefois difficile à saisir; mais la mort l’a surpris avant qu’il ait pu donner suite à son projet, et nous n’avons trouvé dans ses papiers aucune trace de ce discours. Nous n’entreprendrons pas d'y suppléer; une telle tâche ne pouvait être remplie que par l’auteur lui-même. Nous le regrettons : l'ouvrage perdra sans doute à n’être présenté que dans un fragment, et à rester privé des prolégomènes qui devaient l’éclairer; néanmoins ce premier livre suffira, nous l’espérons, pour permettre d'apprécier la valeur de l'ouvrage entier et l'utilité qu’il peut avoir pour l'étude des langues comparées.

M. Lethierry est l’un des premiers qui aient rapproché le sanscrit des langues sémitiques; il en avait déjà essayé la comparaison dans le Discours préliminaire et dans l'Explication des chapitres placés en tête des Racines hébraïques avec leurs dérivés dans les principales langues de l’Europe, etc., dont la première partie, xLvin-100 pages, la seule publiée, a paru en 1842. M. Lethierry n’a pas eu assurément la priorité de cette pensée; mais il est certain qu’il n’a pas connu les travaux des savants de l’Allemagne sur ce sujet, et c’est à ses propres recherches qu’il doit les rapprochements qu'il a introduits dans son travail. À l'égard de la comparaison du copte avec l’hébreu, déjà tentée par lui dans le Discours préliminaire des Racines hébraïques dont nous venons de parler, les Ætymologiæ ægyptiacæ d'Ignazio Rossi lui ont indiqué la voie. |

Pa

On trouve aussi dans l'ouvrage de M. Lethierry quelques rapprochements avec le persan, et il est à regretter qu’il n’en ait pas réuni davantage ; le pehlvi, qui avec le zend et le pazend, a donné naissance au persan moderne, étant, selon le témoignage du savant William Jones, un dialecte du chaldéen, il doit rester dans la langue actuelle de la Perse dés vestiges de son origine.

On sera peut-être étonné de voir l’hébreu — et sous ce nom il faut comprendre les langues sémitiques en général, dont l’hébreu est l’un des plus simples et des plus élégants dialectes — présenté de nouveau comme la source où toutes les langues ont pris naissance ; mais ce sentiment est appuyé sur des bases assez solides pour qu’on puisse le soutenir, et les travaux de Bochart et de tant d’autres auteurs sur ce sujet ont une autorité que la science actuelle n’a pu jusqu'ici leur enlever. De nos jours encore beaucoup de savants, fidèles à ce que la tradition et l’histoire enseignent, considèrent le peuple hébreu comme un peuple initiateur et non comme un copiste vulgaire; ils voient dans l’histoire d'Adam et de ses descendants la naissance et la filiation de l'humanité, et non l’imitation de la légende perse de Meschia et Meschiané, ou de la légende indienne d'Adimo et Prâcriti, ou le récit du drame représenté devant les initiés dans les temples de l'Égypte : cette identité des traditions, que l’on retrouve presque partout, n'est-elle pas plutôt une preuve de l’unité de naissance des peuples, qui ont conservé en l’altérant plus ou moins le souvenir de l’histoire de nos premiers parents? |

Selon les livres saints, dont les récits simples et sobres ont un caractère de vérité supérieur à ceux que nous ont laissés la plupart des historiens de l'antiquité, les familles humaines réunies après le déluge dans les plaines de l'Assyrie parlaient un même langage; parties de là pour se répandre sur la surface de la terre, elles emportèrent avec elles cette langue unique, qui, modifiée peu à peu dans les contrées qu’elles allèrent peupler, forma avec le temps d’autres idiomes par la création de mots nouveaux inspirés aux hommes par d’autres aspects, d’autres besoins et d’autres sentiments que leur apportaient ces contrées jusque-là inconnues à leurs yeux. Toutefois cétte langue resta la même parmi les peuples qui continuèrent d’habiter les régions que leurs frères avaient quittées, et où elle règne encore aujourd’hui par l’un de ses plus riches dialectes; quoique les livres saints ne lui donnent point de nom, il est à croire que c’était celle que parlaient les hommes avant le déluge et conservée par Noé et ses descendants, l’hébreu peut-être, remarquable par le caracère archaïque qui le distingue entre les dialectes sémitiques.

Nous dirons aussi quelques mots des diverses ressemblances entre les idées religieuses qui se rencontrent dans le cours de l'ouvrage de M. Lethierry, et dont on serait peut-être tenté de tirer des conclusions défavorables au christianisme. Dans ces ressemblances, qui peuvent surprendre au premier abord, M. Lethierry ne voyait, avec tous les esprits judicieux, que des réminiscences détournées de la révélation primitive dont l’homme fut favorisé par le Créateur en sortant de ses mains. Les dieux des nations, inventés par l’imagination humaine, ne furent que la personnification des attributs de la Divinité, des astres, ou des forces de la nature, représentées souvent par des peintures obscènes qui offensent à la fois l'esprit et les yeux ; mais ces dieux ne vinrent que tard, et quand l'homme, entraîné par ses passions hors de la voie, eut oublié la religion que Dieu lui avait inspirée. Cette religion, que les premières générations avaient pratiquée, a laissé des traces déguisées sous toutes les formes dans les idolâtries payennes qui ont déshonoré l'antiquité, comme dans les langues répandues sur la terre se retrouvent les vestiges de la langue parlée par les premiers hommes. De

graves et savants écrivains ont prouvé que la révélation a été connue des Gentils avant la venue de Jésus-Christ, et ont retrouvé dans les livres des Indiens eux-mêmes un grand nombre de traditions bibliques. ‘4

Une haute et glorieuse mission était réservée à l’un des peuples les plus petits sortis de là grande famille humaine : le peuple d'Israël a eu la gloire, qui surpasse celle que lui ont acquise ses rois David et Salomon, de conserver seul parmi les nations le dogme sublime dé la religion inspirée aux premiers hommes et transmis par Abraham à ses descendants, le dogme du Dieu unique; ce dogme, il l’a inscrit dans le livre immortel qui raconte l’origine du monde et de l’homme; il l'a pro= clamé partout, l’a signé de son sang, et le conserve encore au milieu des nations où la main de Dieu l'a dispersé. Ce livre, dont l'autorité est chaque jour corroborée par les découvertes de la science, est resté le témoin fidèle de la première loi et renferme sous le voile de la lettre le germe et l’annonce de la loi nouvelle. L’Ancien Testament à sauvé la vérité de l’abime d’abominations et d’idolâtrie où la raison abandonnée à elle-même l'avait plongée pendant des milliers d’années.

Un dernier mot. Depuis des siècles déjà les savants versés dans les sciences dont Dieu à orné l'intelligence de l’homme, s’efforcent de rendre à la lumière l’histoire du monde et de l’humanité obscurcie par l'oubli, l'ignorance et les passions, d'établir la filiation des langues, et dé reconstruire l'édifice de la vérité; depuis des siècles, des hommes laborieux apportent à cet édifice chacun une pierre plus ou moins habilement taillée, laissant aux derniers architectes la gloire d'en couronner le faîte, si Dieu permet qu’il s’achève. M. Lethierry a voulu, lui aussi, apporter son tribut au monument: nous pensons qu'il y prendra une place honorable, et que $on travail pourra aïdér utilement ceux qui viendront après lui à pénétrer plus avant dans le labyrinthe des idiomes parlés sur la terre.

En terminant, qu’il nous soit permis de remercier la famille de M. Lethierry de l'honneur qu’elle a bien voulu nous faire en nous confiant le soin de mettre au jour le premier livre de son ouvragé. Nous devions à la mémoire de l’auteur d'accepter cette modeste part de collaboration, et nous y avons apporté tout le dévouement que nous a inspiré le souvenir des sentiments affectueux qu’il nous à toujours témoignés. Nous nous sommes efforcé de ne pas réster au-dessous de notre

tâche, et nous sollicitons l’indulgence pour les fautes qui auront pu nous échapper dans un travail aussi ardu.

N. P. CHANSSELLE.

*Indépendamment des ouvrages cités dans les notes, M. Lethierry a consulté les suivants : | . GASTELL, Lexicon heptaglotton; A. PEYRON, Lexicon linguæ copticæ; GESENIUS, Lexicon manuale hebraicum et chaldaicum ; Gorius, Lexicon arabico-latinum; DE GUIGNES, Dictionnaire chinois; WiLsoN, Dictionary sanscrit and english, édit. de Calcutta; Bopp, Glossarium sanscritum ; WESTERGAARD, Radices linguæ sanscritæ; ÉICHHOFF , Dictionnaire étymologique des racines alléèmandes ; Leconbec, Dictionnaire celto-breton; LAcomBr, Dictionnaire du vieux langage français, etc. etc.

Page 1