RÉSUMÉ DES CHAPITRES XVIII A XLI
CHaPirRe XVIIL Le zodiaque figure le tour, le contour de l'univers; il est l'image de la vie humaine, il en est le chemin, la trace. Le singe, dont le nom exprime les révolutions des astres, était un emblème du monde, et symbolisait aussi l’homme vil, de néant, celui qui tombe, comme le soleil couchant; il était encore l’image, limitation, et figurait la terre, la lune, images affaiblies du soleil.
Le tour, le contour, le cercle, le collier, figurent les tribulations, les angoisses dont l'homme est affligé durant sa vie,
Cuaprrre XIX. Le cercle, qui représente l’immensité, le tout, est aussi figuré par un point; ce point est le milieu, le sein, le centre de l'univers. Le sein est l'emblème de la Divinité, qui nourrit ses créatures, les réunit, les réchauffe, comme la poule ses poussins. La Divinité était quelquefois représentée avec des seins, comme la mère qui nourrit ses enfants : la Diane d’Éphèse avait une grande quantité de mamelles, et Isis, la divinité suprême, est souvent représentée allaitant le dieu Horus son fils.
Le cœur est le mobile de toutes les actions de l’homme, qu’il dirige selon les mouvements dont il est agité.
CHAPITRE XX. La ligne \p, la règle 3p, l’équerre, la balance, sont les emblèmes de l’ordre et de l’harmonie de la nature. Ce sont les idées de droiture et de régularité contenues dans ces mots qui ont donné naissance aux idées voisines de disposition, de direction, de gouvernement, d'administration, renfermées dans les mots ;12 établir, j3n disposer, diriger, jñ2 prêtre, ministre qui gouverne avec équité et justice.
CHaPiTRE XXI. L’eau est l’origine de toutes choses : elle produit la verdure, la sève, la vie des plantes, auxquelles la chaleur du soleil vient rendre la force que leur avait ôtée la sécheresse : l’eau, l'humidité, sont pour la végétation ce qu’est pour l’enfant, le nourrisson, le lait qui découle du sein de la mère, d’Isis qui allaite le petit dieu Horus.
CHAPITRE XXII. Phtha est la source, l'essence du soleil ainsi que Dionysos, qui est le grand, l'éternel arbitre de toutes choses, et est en même temps le père et le fils. Phtha, voulant réaliser la création conçue dans son intelligence suprême, fit sortir de sa bouche un œuf, c’est-à-dire produisit le monde par sa parole. L'unité, le dieu suprême se divise pour produire, et la division est l'ouverture, la création. Phtha ainsi que Kneph est hermaphrodite; il est le père, le principe, et la mère, la création de toutes choses.
Apis le Taureau forme avec le Bélier le premier mois, le mois d'avril, et avec les Gémeaux forme le second mois, celui de la création.
Le Bélier ou Jupiter est le cercle, l’année, et le Taureau ou Bacchus ouvre l’année ou l’œuf, ainsi que le Soleil qui entre dans ces diverses constellations.
CHAPITRE XXIII C'est de la bouche, de l'ouverture, que sort le Verbe, le fils de Dieu. Bacchus comme Apollon est fils de Jupiter, et l’oracle de Delphes était sous les auspices de l’un et de l’autre dieu. L’épithète de uévru était souvent attribuée à Bacchus; il était comme Apollon chanteur et conducteur des Muse s.et recevait en cette qualité l’épithète de pehropevos, |
Le roi devin Picus rappelle le Jupiter Picus; il passa pour un des fils de Saturne marié à Canens ou la prophétesse, et fut métamorphosé par Circé en pivert, mais toujours prédisant l'avenir. Fauna, fille de Picus, était surnommée Fatua ou la prophétesse, et rendait des oracles aux femmes.
CHaPitTrE XXIV. Le Taureau est le principe de toute production, la porte du jour qui ouvre l’année et fait apparaître la végétation, c’est lui qui renouvelle la vie et multiplie de toutes parts les riches productions de la nature.
Le taureau estla monture de Siva, d’Indra Iswara, le génie créateur qui fit éclore l’œuf du monde; en Perse, il est le premier être, et c’est lui qui donne naissance à tous les êtres et à toutes les productions; il
est l'emblème de la terre et de l’année; et la vache pleine était le symbole de la terre grosse des fruits de l'année. |
CHAPITRE XXV. La chaleur du soleil sous le Taureau ouvre la terre et fait pousser les plantes, les arbres, fait monter la sève, et mürir les grains et les fruits. Le soleil générateur est donc le père de toute production. C’est Priape, le symbole de la virilité, de la force génératrice de la nature, représentée aussi par le taureau Apis. Priape, dont le nom veut dire père du fruit (de 3x et 12), était le dieu des jardins et des vergers ; il était aussi le fils ou la semence qui se reproduit. C’est sous le surnom de Priape que Bacchus ou Dionysos était adoré à Lampsaque.
Cæarrrre XXVI. Le Taureau au galop, dans le Zodiaque, indique la marche rapide du’soleil, qui sous le nom de Persée monte le cheval Pégase, détruit les glaces de l'hiver ou coupe la tête de Méduse et sépare le printemps de l'hiver. Pégase est attaché au char de l’Aurore, qui apporte la splendeur, précède le Soleil et lui ouvre les portes du ciel; comme Apollon, il élève les poëtes au Parnasse.
Bacchus, représenté sur un char de triomphe traîné par quatre centaures, reçoit souvent les surnoms qui appartiennent au Soleil; et, sous le nom de X0éwc, il conduit les âmes aux enfers.
CHAPITRE XXVII. Vertumne, le dieu de l’automne, était assimilé à tous les dieux à cause de ses nombreuses métamorphoses; il était l'emblème de la fécondité toujours nouvelle et toujours diverse des saisons.
Persée est un fils des dieux placé sur la limite de la lumière et des ténèbres. Il combat les devs, enfants des ténèbres, et fait triompher la lumière. Il est aussi le meurtrier, l’égorgeur; de même, Perséphone est la déesse qui produit la lumière et qui donne la mort. Persée est encore le symbole du soleil levant et du soleil couchant.
CHapiTRE XXVIIL. Au mois d’Ab ou Abib, 3x, 3x, qui répond à juillet et août, le soleil atteint le plus haut point de sa course, ou l'été; il est alors dans le signe du Lion, et on le figurait par le coq ou la huppe, oiseaux dont la tête est surmontée d’une crête, qui marque l'élévation.
nn» est le point élevé, le chef, et désigne au pluriel les chefs du peuple; comme 3x désigne le père, le chef de la famille, celui qui en est la tête, la pierre fondamentale 23, comme saint Pierre est la pierre fondamentale de l’Église.
Le taureau, 7x, symbole de la force, de la puissance, est le chef du troupeau : Apis est aussi le chef des signes du Zodiaque.
Le soleil, dieu de la santé, dans son élévation, rend la force, la verdure aux plantes ; Ka° signifie réparer, guérir, et ÿnp Raphaël est l'ange du Seigneur qui apporte la guérison et fortifie 59. La chute du soleil à l'occident le prive de la force de ses rayons; il baisse, il s’affaiblit, il cesse 59; sa disparition amène lhiver, qui fait descendre la sève des plantes et les affaiblit, les fait mourir. Le loup, symbole du soleil naissant engendré par la nuit ou la louve, devient la bête féroce ou le soleil descendant aux enfers et entraînant avec lui o'N2° les morts, les ombres, les mânes.
CHAPITRE XXIX. D’après la doctrine égyptienne, Phanès était la même divinité qu'Osiris et Dionysos. Phanès représente l'éternité. Il était chez les anciens Pan, le grand tout, et le Bacchus des Orphiques, qui avait la figure du serpent. Phanès préside à l'harmonie du monde, il est la manifestation visible de Dieu.
CHariTRE XXX. Le soleil, par sa rotation, amène successivement la clarté et l’obscurité. Sous le nom de Dionysos, il parcourt le cercle de l’Olympe, et change de dénomination à chaque saison nouvelle. Pan est le même que Protée, le dieu aux mille formes, tantôt lumière, tantôt obscurité, image du ciel dans son ARC la terre : il représente la Divinité par sa continuité, et l'humanité par son changement, son instabilité.
CHAPITRE XXXI. fn le nez, », 0 la bouche, sont les organes de la respiration; ra, na signifient respirer, ona est la braise, le charbon allumé, et aÿa le bruit du souffle. La respifation, la vie est activée par un feu, une flamme intérieure qui tire sa force du soleil, du jour, de l’air. Apollon ou le Soleil est le
dieu de la vie et le dieu de la parole; l’orient ou la naissance du feu est le principe de la vie : à peine le soleil a-t-il marqué un point à l’orient, qu’il est, qu'il existe. - Le souffle, l’air, porte les odeurs ; le mouvement répété de la respiration divisa les narines; le vent, Véhicule des odeurs, y parut avec dadb at, qui prit naissance dans le nez quand le besoin de flairer se fit sentir.
L’air, le souffle, par sa chaleur et son humidité, fait croître le fruit, le fait grossir et gonfler : man (de ma souffler) est le fruit soufflé, gonflé, la pomme, la poire qui se gonfle, s’arrondit, et exhale une bonne odeur.
CHAPITRE XXXIL. nt l'être, l'existence, est représenté par nn le serpent. Le serpent ou le cercle était l'emblème du Soleil, de Bacchus. Bacchus était adoré à Cyzique sous la forme de ce reptile comme sous celle du taureau. Phanès, le Bacchus orphique, prenait aussi l'aspect du serpent. Le basilic, sensible à l'harmonie, était regardé par les Égyptiens comme le plus intelligent des animaux, et devint pour eux le symbole de l’intelligence, et même de l'intelligence suprême, c’est-à-dire de Dieu.
4® le serpent, le basilic, désigne le roi, la noblesse d'extraction, les séraphins, les nobles, les princes du ciel, les anges du premier chœur.
pan, nya est le serpent, la vipère, de ny siffler. Les vents qui sifflent autour du monde sont souvent
représentés avec des queues de serpent; comme Borée, ils soufflent avec violence et brisent tout ce qu'ils rencontrent sur leur passage, ou comme Zéphyre, sont légers, doux et caressants.
CHapiTre XXXIIL. L'oiseau était l'emblème de l'air, du vent. Kneph, le dieu créateur, était représenté avec un vêtement de couleur céleste et la tête ornée d’une plume, désignant le mouvement, la rapidité du temps. 522 l'aile de l’oiseau aussi bien que la nageoïre du poisson, est comme l’oiseau le symbole de l'air, du vent, de la rapidité. Les Hébreux considéraient symboliquement Dieu comme ayant des aïles. Les Égyptiens disaient que l'ibis vivant, qui marque la rapidité, était la demeure de la Divinité.
CHAPITRE XXXIV. £ la face colorée, rouge, décèle la colère, de même que le ciel en feu présage un vent violent, une tempête. Bacchus, dans ses fêtes, inspiraït aux initiés une fureur divine, une ivresse brûlante, Le serpent pan dont le souffle imite le bruit de l’eau bouillante, était un emblème de colère; Borée et les vents orageux étaient figurés avec des queues de serpent.
CHAPITRE XXXV. Le Soleil est le plus bel ornement des cieux; c’est lui qui par son éclat donne le jour, c'est lui qui fait naître le feuillage, qui fait épanouir le bouton de rose; c’est lui enfin qui engendre la beauté, dont il était le type sous les noms d’Apollon et d’Adonis. La perle, le diamant, les fleurs, sont les produits d’un seul de ses regards, et c’est de ses rayons étincelants que la nature entière tient la splendeur dont elle brille.
Vénus était le type de la beauté féminine. Elle était originairement une déesse chaste et pudique : ce n’est que plus tard que la corruption des mœurs en fit la déesse de la licence.
CuapiTRE XXXVI. Le soir, le soleil ramène l'obscurité lorsqu'il descend sous l'horizon. Le bœuf Fi symbole d'Osiris ou le soleil, était noir pour figurer l'obscurité, avec des taches blanches pour symboliser la lumière.
Bacchus comme le soleil descend aux enfers : sous le nom de Nyctélius, le dieu portait un manteau étoilé ; et ce nom caractérisait le dieu qui tira l’univers des ténèbres.
Mithra qui égorge le taureau est le médiateur placé entre la lumière et les ténèbres; il conduit les âmes à la vie et les en ramène; c’est lui qui termine la lutte des ténèbres et de la lumière et qui concilie Ormuzd et Ahriman.
CuariTRe XXXVII. Le bœuf est l'emblème de la fertilité, de l’abondance, de la fécondité. Dans le songe de Pharaon, les vaches grasses marquent les années d’abondance, et les vaches maigres les années stériles. Le taureau Apis est le dieu de la génération, de l'abondance.
La déesse des champs, Cérès, qui fait croître les blés, était représentée assise sur un char traîné par des
— Ah — bœufs; on la représentait encore debout sur une tête de bœuf ou avec des cornes. La corne est le symbole de l’abondance et celui de la fortune.
CaapiTRe XXXVIIL Le temps, semblable à une roue, tourne sur lui-même, et par son mouvement incessant amène l'extrémité, la fin, comme il amène le commencement; il indique le pas, la marche dans une nouvelle période, le passage à une nouvelle année, comme il en marque la limite, Le pied, le talon, symbolise la mort, le passage à une autre vie. La pâque marquait le passage d’une vie misérable à une vie plus heureuse, ou du printemps à l'été; c'était l'initiation, la renaissance d’une nouvelle année.
Au figuré, le pied est l'emblème de la parole, de la pensée : une lampe en forme de pied présente l’idée de la pensée éclairée.
CHaPitTRE XXXIX. Bacchus, le dieu du vin, qui remplit les raisins d’un nectar délicieux, avait aussi quelque rapport avec Neptune, le dieu des eaux, et avec Pluton, le dieu du feu. Nourri par les Hyades, il reçoit le surnom de Yès (pluvieux), comme son père Jupiter celui de Yétios. Il est à la fois le dieu du feu et le dieu des eaux, le dieu des arbres, des fruits, des fleurs; et comme Horus il était l'emblème particulier du soleil, dont l’action est si puissante sur toute la nature.
CHAPITRE XL. La force du soleil, selon Platon, est une chaîne qui forme l’union entre les dieux et les hommes, et tout retomberait dans le chaos si cette chaîne était rompue. Cette chaîne est la corde d’or par laquelle Dieu attire à lui les hommes. C’est le soleil qui, par sa chaleur tempérée et son heureuse influence, donne aux hommes la force et la santé, comme il rend à la terre, au printemps, la verdure dont l'hiver la dépouillée, et aux plantes leur feuillage et leurs fleurs. Bacchus, ainsi qu’Apollon, était considéré comme le dieu de la médecine : Le lierre, qui lui était consacré, est une plante qui ne se flétrit pas; vitex, vitis, le cep de vigne, est le lien qui entrelace, et le lien forme le tissu, donne la force, la vie, vita.
CHaPiTRE XLI. La terre et les astres tournent autour du soleil, sont entraînés dans sa révolution, et entraînent eux-mêmes dans leur cours leurs propres satellites. Ces révolutions (n121pn) de la terre et des astres sont représentées emblématiquement par le singe (tp). Anubis à tête de chien ou le cynocéphale est le symbole des équinoxes, de l’égalité des jours et des nuits.
La main, qui se ferme et se plie à volonté, dompte, subjugue, courbe, impose un fardeau, une obligation; elle est le symbole de la puissance, de la force, du combat, de la capture, de la correction et du châtiment.
La main est aussi l'emblème du travail, de la production; c’est elle qui construit et affermit l'édifice.
La main est encore le signe de la générosité, de l’affranchissement : la droite de Dieu désigne la bonté, la largesse, la bénédiction ; la gauche marque la rigueur, le châtiment.