AVENTURES D HECTOR SERVAT>AC
ne, je vous le de
Hector Servadnc remercia son hôte, et la route nouvelle fut donnée au tinio-
l'cnilant trente-six heures, c'est-à-dire jusqu'au i fé\rier, l'exploration de celte mer fut faite avec le soin le plus scrupuleux. On ne se contenta pas d'envoyer sous ces eaux suspectes la sonde, qui accusa ]iarlout un fond plat par quatre et cinq brasses, mais ce fond fut raclé avec des drague-s de fer, et ces dragues ne rencontrèrent jamais ni une pierre taillée, ni un débris de métal, ni un morceau de branche brisée, ni même une seule de ces hydrophytcs ou de ceszoophytes dont est ordinairement semé le sol des mers. Quel fond s'était donc ainsi substitué à rancien fond méditerranéen ?
iO
La Dohryna descendit jusqu'au trente-sixième degré de latitude. En relevant les t<»rres portées sur les cartes du bord, il fut constant qu'elle naviguait là où devait jadis s'étendre le Sahel, massif qui sépare de la mer la riche plaine de la Mitidja, là où dominait autrefois le point culminant de la Bouzaréah, à une hauteur de quatre cents mètres ! Et cependant, même après l'engloutissement des terres environnantes, ce sommet aurait dû encore apparaître comme un îlot au-dessus de cet océan 1
La Dobrijna, descendant toujours, alla plus loin que Douera, la principale bourgade du Sahel, plus loin que Boufarick, la ville aux larges rues ombragées de platanes, plus loin que Blidah, dont on n'aperçut pas même le fort, qui surpassait rOued-el-Kebir de quatre cents mètres!
Le lieutenant Procope, craignant de s'aventurer plus au loin sur cette mer absolument inconnue, demanda alors à revenir vers le nord ou l'est, mais, sur les instances du capitaine Servadac, la Dohryna s'enfonça de plus en plus dans le sud.
L'exploration fut donc prolongée jusqu'à ces montagnes de la Mouzaïa, aux grottes légendaires, que fréquentaient autrefois les Kabyles, que boisaient les caroubiers, les micocouliers et les chênes de toute espèce, qu'habitaient les lions, les hyènes et les chacals!... Leur plus haut sortimet, qui se dressait, six semaines auparavant, entre le Bou-Roumi et la Chiffa, aurait dû émergera une hauteur considérable au-dessus des flots, puisque son altitude dépassait seize cents mètres !...0n ne vit rien, ni à cette place, ni à l'horizon sur lequel se confondaient le ciel et la mer !
Il fallut enfin revenir au nord, et la Dobvyna, virant cap pour cap, se retrouva dans les eaux de l'ancienne Méditerranée, sans avoir retrouvé aucun vestige de ce qui constituait autrefois la province d'Alger,