‹ Hégésippe Moreau et son DiogèneChapitre 8 sur 9 · I. En 1840, Sainte-Marie Marcotte avait obtenu · texte numérisé non relu

I. En 1840, Sainte-Marie Marcotte avait obtenu

Urve commission fut constituée, et parmi les premiers souscripteurs figurèrent Béranger, P. Lebrun, Pierre Leroux, Lachambeaudie, Pierre Dupont (dont le père était aussi de Provins), P. Vinçard, Louise Colet, etc.

Ce projet, comme tant d'autres, n'aboutit pas.

Girard (Fulgence). — Préface du Mfosotis illustré, édition populaire. Paris, Bry, 1852, in-4<>.

HoussAYE (Arsène). — Le quarante et unième fauteuil de l'Académie française, nouvelle édition. Paris, Hachette, 1856, in-18 anglais, p. 294-296.

Wailly (Léon de). — Article publié dans V Illustration, 1859.

à ses frais la concession du terrain où reposen encore les restes de son ami.

De Pêne (Henri). — Article publié dans le Nord, 2 avril 1860.

A. L. — Causerie sur Hégésippe Moreau (Feuille de Provins, septembre 1861).

Ratisbonne (Louis). — Notice biographique et littéraire, en. tête des œuvres complètes d'Hégésippe Moreau. Paris, Michel Lévy, 1861, in- 18 anglais. — M. Ratisbonne a également signé l'article consacré à Moreau dans la Biographie universelle de Didot.

FouRTiER (Alphonse). — Une chanson d'Hégésippe ^loreau (Feuille de Provins, du 1 1 octobre 1 862). La lettre d'envoi seule a été publiée, et non les quatre couplets qui l'accompagnaient et qui sont restés inédits; c'était une chanson politique à propos de M. Thiers, candidate la députation dans le 5« arrondissement

de Paris au commencement du règne de Louis-Philippe.

Lebailly (Armand). — HégésippeMoreaujsavieet ses oeuvres; documentsinédits. Paris, Bachelin-Deflorenne, 1863; 1 vol. in- 16, avec un portrait de Moreau, eau-forte de G.Staal. — 2« édition, 1864, in- 16 (Collection du Bibliophile français).

Lebailly (Armand). — Œuvres inédites d'Hégésippe Moreau, avec introduction et notes. Paris, Bachelin-Deflorenne, 1863, in- 16, portrait à l'eau-forte de mademoiselle Louise Lebeau, parG. Staal.

— 2^ édition, 1 867 (Collection du Bibliophile français).

Ulbach (Louis). — Article publié dans le Temps du 27 avril 1863.

Texier (Edmond). — Article dans le Siècle, 27 avril 1 863 .

Feyrnet (Xavier). — Article dans VIBu-siratton du 2 mai 1863.

Second (Albéric). — Article dans VUnivers illustre du 7 mai 1863.

Vallery-Radot. — Souvenir d'un ami de Moreau (Œuvres complètes d'Hégésippe Moreau. Paris, Passard, 1864, in-32). — En 1877, M. René Vallery- Radot, fils, a réuni en un volume divers écrits de son père sous le titre de Sotivevenirs littéraires ; un chapitre de ce livre imprimé chez Chamerot et destiné exclusivement aux amis de Tauteur, est consacré à Hégésippe Moreau.

Comte B. d'Harcourt. — Hégésippe Moreau, discours prononcé à Provins (^Bulletin de la Société d'archéologie, sciences, lettres et arts de Seine-et-Marne, 2« année, 1865 ; Meaux, Carro, grand in-80, pages 20-25).

A. B. — Hégésippe Moreau et la Voulzie, poésie {Journal de l'arrondissement de Provins, 27 septembre 1868).

FouRTiER (Alphonse). — Provinslettré.

Provins, Lebeau, 1869, in-8», p. 87.

— 2* édition, Provins, 1880.

L. MiQUEL. — A Hégésippe Moreau, poésie {Journal de l'arrondissement de Provins, mai 1870).

J. M. — Hégésippe Moreau, sa mort, ses funérailles, sa tombe (Feuille de Provins, 8 juillet 1871). 11 y a eu un tirage en brochure, signé Jules Moret. Provins, Lebeau, 1871, in-8° de 16 pages.

Pesch (Edo.uard). — Notice sur Hégésippe Moreau.

Papp (E.) père, de Provins. — Lettre relative au projet de translation dans cette ville de la sépulture d'Hégésippe Moreau {Feuille de Provins, 26 juillet 187 \).

FouRTiER (Alphonse). — Une lecture du Mjfosotis (Feuille de Provins, 1 2 août 1871).

Bazin (E.). — Hégésippe Moreau ; deux feuilletons du Journal de l'arrondissement de Provins, novembre 1874.

ICONOGRAPHIE

ICONOGRAPHIE

Il existe deux minuscules portraits d'Hégésippe Moreau : l'un dessiné par Heuzé et gravé par Monnin en 1852, pour accompagner une livraison illustrée desœuvres de Pierre Dupont(petit in-S»); l'autre, où il est représenté de profil, est la gravure à l'eau-forte de G. Staal (1863, in- 16) placée en tète du volume d'Ar-

^^ 9^ ^^ mand Lebailly : Hégésippe Moreau, sa vie et ses œuvres.

Le portrait exécuté par le graveur Monnin se rapproche le plus de la ressemblance, de l'avis des Provinois qui ont connu le poète, — dont personne n'avait songé à reproduire les traits de son vivant.

En 1852, lorsqu'un groupe d'artistes et d'ouvriers typographes, sous la présidence de ce graveur, conçut la pensée d'élever un monument par souscription sur la tombe de Moreau , dans le cimetière Montparnasse, l'édition illustrée des Chants nouveaux et Chansons nouvelles de Pierre Dupont paraissait par livraisons à I 5 centimes (chez l'éditeur, Tue de l'École-de-Médecine, 58 ; chez Havard, chez Martiaon, etc.). Chaque livraison renfermait une chanson, avec la musique

'^ 97 ^^ et une illustration sur acier. La 35* est intitulée Hégésippe Moreaii, chant inédit ; elle devait être accompagnée de son portrait; mais Monnin n'ayant pas achevé son travail, la gravure parut dans un cahier suivant.

Sur la couverture de cette 35* livraison, l'éditeur annonçait que le portrait de Moreau, publié pour la i" fois, était dessiné d'aprèslebuste destiné au monument funéraire du poète. Ce buste devait être exécuté en marbre par le sculpteur Taluet (i) à l'aide de documents fournis par les amis de Moreau, notamment « du masque moulé sur nature après sa mort, à l'hôpital de la Charité, le 20 décembre 1838 ».

L'œuvre définitive de Taluet n'a jamais

I . Ferdinand Taluet, d'Angers, élève de Mercier, de David d'Angers et de Duret.

existé; mais son modèle en plâtre, dont les premières souscriptions couvrirent les frais, était, dit-on, digne d'éloges. La commission comptait sur d'autres fonds pour mener son entreprise à bonne fin : elle fit appel « aux lecteurs d'Hégésippe Moreau, à tous ceux que le chantre de la yonl{ie a fait rêver, aux ouvriers qui devaient consacrer la gloire d'un des leurs». Elle réclama « l'aide des poètes, des penseurs, des artistes, de tous ceux dont le cœur tressaille sous l'impression d'une idée généreuse... » Chaque souscripteur devait recevoir une gravure sur acier représentant le monument projeté.

On n'obtint pas le succès qu'on espérait : la tombe du poète resta avec sa simplicité primitive.

La gravure promise aux souscripteurs n'était autre que celle de Monnin ; elle

reproduit, en effet, le monument funéraire tel qu'il avait été conçu, surmonté du buste de Moreau par Taluet (i).

Quant au second portrait, — eau-forte de G. Staal qui orne l'un des volumes d'Armand Lebailly, — les contemporains d'Hégésippe ^loreau affirment que ce profil ne leur rappelle guère plus sa physionomie fine et rêveuse que le portrait placé en tête du second volume du biographe ne rappelle les traits de Louise Lebeau, — Madame Jeunet, — dont l'esprit et les qualités du coeur dépassaient de beaucoup la beauté (2).

D'après Lebailly, cependant, le portrait

1. Une nouvelle édition illustrée des poésies de P. Dupont, où se retrouve la même gravure, a été donnée en 1872. (Paris, Pion, 4 vol. petit in-8°.)

2. Marie-Louise-Eulalie Lebeau, née à Provini le 21 novembre 181 1.

de Moreau aurait été dessiné par Staal — comme celui de Heuzé et Monnin — d'après le masque en plâtre moulé par Guy à l'hôpital de la Charité, le 20 décembre 1838. On peut regretter que l'auteur n'ait pas imliqué où se trouvait de son temps ce moulage, signalé déjà par Félix Pyat, dans son article de la Revue du "Progrès du 15 janvier 1839, et par l'éditeur des chansons de Pierre Dupont, en 1852: — car on en a perdu la trace aussi bien que de la maquette du sculpteur Taluet, première ébauche du buste en marbre qui n'a jamais vu le jour.

AUTOGRAPHES

AUTOGRAPHES

On a parlé, à diverses reprises, des espaces conservées depuis un demi-siècle à l'imprimerie de M. Lebeau, de Provins, et sur lesquelles l'apprenti compositeur aurait crayonné à la mine de plomb des vers devenus à peu près illisibles.

C'est un souvenir à mentionner simplement pour mémoire.

Quant aux autographes proprement

dits de l'auteur du Diogène, les collectionneurs les attendent sans trop d'espoir: ils sont d'une extrême rareté, et cette rareté s'explique aisément.

Paresseux à prendre la plume, Moreau rimait à ses heures, selon la fantaisie de la muse, et se fiait à sa mémoire heureuse; bon nombre des poésies imprimées qu'on a de lui ont été recueillies au passage par les amis auxquels il les récitait. 11 a d'ailleurs peu vécu, peu produit. D'autre part, le goût des autographes n'était pas, de son temps, en honneur comme aujourd'hui ; comment aussi les amateurs eussent-ils songé à conserver des feuillets où s'alignaient les vers du poète malheureux et sans nom, qui allait s'éteindre à vingt-huit ans, ignoré de ses contemporains !

l'ai dit, en passant, que les concours

de peésie à l'Académie française l'avaient tenté. 11 prit part à l'un d'eux. C'était en 1829, — à dix-neuf ans; le sujet proposé était la Découverte de l'imprimerie, et M. Ernest Legouvé remporta le prix. Le poème de Moreau, partageant le sort de beaucoup d'autres, — car il n'y avait pas moins de 44 concurrents, — n'obtint pas même l'honneur d'être cité dans le rapport du Secrétaire perpétuel ; mais il ne serait pas surprenant que ce manuscrit existât encore, oublié dans les Archives de l'Institut.

Madame Guérard et Madame Jeunet sont les personnes auxquelles le poète a écrit le plus souvent, et à peu près les seules avec lesquelles il resta en relations épistolaires ; encore sa correspondance fut-elle toujours assez irrégulière. S'il existe des lettres de lui dans ces fa-

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milles, elles doivent y être précieusement conservées; les amateurs d'autographes n'ont donc rien à espérer de ce côté.

M. Jules Michelin (de Provins) possède deux lettres d'Hégésippe Moreau et quelques fragments manuscrits du Dtogène; M. Alfred Bovet a deux romances autographes; M. René Vallery-Radot a une lettre autographe adressée à son père en 1833 (i) ; un ou deux autres amateurs seulement en ont autant, et c'est à peu près tout.

I. Cette lettre, datée de Provins le 10 août 1833, a été publiée par M. René Vallery-Radot dans son livre de 1877 : Souvenin littéraires. Comme elle a trait au Diogène, en voici un extrait qui atteste les embarras du poète, en dehors des tracasseries que l'on sait, lorsqu'il s'agissait de rimer à date fixe, de produire à peu près périodiquement une livraison contenant deux cents vers :

«Je suis malade et pauvre, mon ami, faites-moi « l'aumône. Ce n'est pas de l'argent que je vous

Lebailly, pourtant, avait eu la bonne fortune de rencontrer quelques-uns de

< demande, nous n'en avons ni l'un ni l'autre ; « mais moi, je puis m'en passer. Dans mon pays « l'amour et l'amitié entourent ma misère de « toutes les commodités du luxe. Mais j'ai pris « des engagements avec mes souscripteurs ; je « leur dois toutes les semaines deux cents vers, « et depuis un mois je végète dans un état d'idio- « tisme, rarement interrompu par des moments « lucides. Vous en aurez la preuve dans les vers « que je vous envoie. Mais vous avez sans doute « des lambeaux poétiques que vous ne vous don- « nerez jamais la peine de recoudre ; pour m'aider « à faire mon livre, envoyez-moi vos rognures. « Je rafistolerai si bien toute cette brillante fri- « perie que mes abonnés, myopes, n'en verront « pas le fil. >

Que le lecteur se rassure. Cette finale n'était qu'une façon plaisante d'avouer le souci que lui causait la muse rebelle ; elle ne porte point atteinte à la dignité littéraire de Moreau. Son ami, qui le connaissait bien, ne vit là qu'une fantaisie de poète malade, et Moreau aurait été fort irrité si M. Vallery-Radot ne lui avait répondu — comme il le fit — en souriant.

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ces autographes si difficiles à découvrir, — entre autres l'O^e à la Faim, signalée par Sainte-Marie Marcotte; du moins l'écrivait-il un jour à M. Fourtier. Mais que sont devenus à sa mort les manuscrits qu'il avait recueillis? Car Lebailly est mort — lui aussi — il y a près de vingt ans, sur un lit d'hôpital.

Morts également Sainte -Marie Marcotte, le docteur Michelin, Alphonse Fourtier, eux tous qui, après avoir aimé et aidé Mor eau , s'étaient m is à la recherche des rares fragments de ses manuscrits que le temps avait pu épargner.

L'abbé Grabut, directeur du collège de Provins au moment où paraissait le Dioghte, dont il fut un des premiers souscripteurs, possédait deux pièces de vers originales de Moreau, datant de son enfance ; il en a donné des copies à

Lebailly en 1863. Trois ans plus tard, l'abbé Grabut est décédé curé-doyen de Nemours. Où sont allés ses autographes ?

Enfin, on recherche aussi — et l'on recherchera sans doute longtemps encore — un manuscrit remontant au bon temps où le jeune Provinois adoptif étudiait au séminaire d'Avon, dirigé par l'abbé Herblot; il ne s'agit de rien moins qu'un poème héroï-comique, la Déculottade, dont quelques prêtres du diocèse de Meaux ont gardé un gai souvenir.

En attendant qu'un heureux hasard amène la découverte de ce poème perdu ou de quelque correspondance oubliée peut-être au fond d'un carton, au milieu de papiers inutiles, — comme il arrive quelquefois, — on est réduit à constater que trois pièces autographes seulement d'Hégésippe Moreau ont passé jusqu'ici

en vente publique. Le Dernier Jour, poésie, 2 pages in-f», se trouvait dans une vente faite le 25 mai 1853 par M. Laverdet; sa poésie V Apparition, datée de juillet 1833 (i), 2 pages in-40, a été vendue avec la collection du docteur Coralli, à l'hôtel de la rue des Bons-Enfants, le 28 novembre 1866; enfin, l'épître à M. Lebrun, — autographe et signée, — de 4 pages in-4°, a figuré le 19 février 1881 dans la vente de la collection de M. le baron de Marescot et a été acquise par M. Léonce Claverie.

L'écriture du poète, ordinairement facile et régulière (il avait remporté un prix d'écriture à dix ans !), présente cependant des variations : soignée, fine et assez élégante dans ses lettres, moins

I. Cette pièce est reproduite dans le Myosotis avec la date du 3 août 183^.

régulière dans ses poésies, elle devient lourde et est formée de gros caractères inégaux sur les fragments manuscrits qu'on connaît du Diogène.

Les deux romances autographes d'Hégésippe Moreau qui se trouvent dans le riche cabinet d'autographes de M. Alfred Bovet sont, Tune et l'autre, signées de ses initiales. La première, l'Oiseau que j'attends, a été imprimée dans le Myosotis avec un couplet de plus et de légères variantes; mais la seconde, la Nuit de la Toussaint, ne figure dans aucune des éditions que nous connaissons. Grâce à Lobligeance de M. Alfred Bovet, nous pouvons terminer notre opuscule par la publication d£ cette pièce inédite d'Hégésippe Moreau.

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