INTRODUCTION LUI
i( cache son front blanc » au coin du Parthénon en ruines*. S'il fait retentir « l'airain qu'emplit la poudre », il fait aussi « gronder le canon - ». Il a des expressions un peu maniérées, — Vigny n'a jamais été simple, — mais originales et suggestives pour montrer un prêtre centenaire (( courbé sous le poids de ses blanches années », et « reparaissant tel qu'un siècle évoqué », ou le monde tourné vers la Grèce déchue et « amoureux de sa pourpre en lambeaux » -^ Mais il réserve pour les passages à effet les ressources de son imagination et les nouveautés de son style, et, dans la trame du récit, il se contente trop facilement de la langue poétique qui, vers 1820, commençait à paraître aux mieux doués des poètes novateurs déplorablement insuffisante.
Il en avait puisé les éléments dans les œuvres de la fin du XVIII® siècle et de l'époque impériale. Il a fréquenté Delille et Le Brun, Baour-Lormian et Fontanes, et on ne s'en aperçoit que trop. Il a aussi lu avec attention Corneille et Racine. Tel vers iVHéléna fait penser à Phèdre ; tel autre ne s'entend bien que rapproché d'un vers d'A//ia/ie^ La tirade finale du m" chant est toute cornélienne d'inspiration et de style :
Dans ce vase de mort teint d'une antique rouille, On ne versa jamais plus lugubre dépouille. Tant de malheurs dedans, et tant de pleurs dehors. N'ont jamais affligé ses funéraires bords.
Il faut pleurer sa mort sans regretter sa vie.
l.i, 19.ô;ii, 177. 329 ; ni, 218,230.