‹ Héléna, poème en trois chants;Chapitre 28 sur 50 · II · texte numérisé non relu

II

LU INTRODUCTION

Le dur marin sourit à la faible beauté ' .

Des constructions élégamment contournées ? Mora « plie sous sa loi les corsaires domptés », et « apprend à leurs vaisseaux des flots inusités » ; « l'humide poids des ondes entraîne aux pieds » d'Héléna le voile qui couvre sa tète -. Les inversions ne se comptent pas :

D'armes et de guei-riers un éclatant amas... Scyros où bel enfant se travestit Achille... Solitaire au rivage un des Grecs se trouvait, etc. '.

Les « clichés » classiques se placent d'eux-mêmes sous la plume du poète. Son héros « distille son liel » ; les Grecs sont « pleins d'un sombre transport » ; la nuit « avec eux monte d'intelligence » ; Mora exhorte sa fiancée à « user d'un temps sacré propice à leurs discours », et, pour peindre un départ précipité, il n'est tel qu'un heureux effet d'harmonie imitative :

On s assemble, on s'excite, on s'arme, ou est armé '* .

Parfois pourtant on rencontre des images vives et précises, qui révèlent une faculté personnelle de voir et de sentir. L'auteur sait évoquer en quelques mots sobres et justes « les feux blancs des rapides éclairs », « des navires penchés volant sur l'eau dorée », un regard qui « s'allume comme une double étoile »,la lune qui sur les murs et sur les toits « promène l'or de ses feux amis », une mosquée qui

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