Corsaire, m, 1 ; trad. Pichot, t. I, p
LX INTRODUCTION
fois de Chénier et de Millevoye : c'est un souvenir du Jeune Malade, compliqué d'une réminiscence de la Chute des feuilles ^ Une douzaine d'autres sont empruntées à Chateaubriand ou à Byron. Tantôt Vigny n'a fait que mettre en vers le passage qui lui a servi de modèle :
C'est ainsi qu'en hiver les noires hirondelles Au bord d'un lac choisi par le léger conseil, Prêtes à s'élancer, pour suivre leur soleil, Et saluant de loin la rive hospitalière. Préparent à grands cris leur aile aventurière ^.
On reconnaît là un morceau de Vltinéraire : « Je me rappelle que dans mon enfance je passais des heures entières à voir avec je ne sais quel plaisir triste voltiger les hirondelles en automne : un secret instinct me disait que je serais voyageur comme ces oiseaux. Ils se réunissaient, à la fin du mois de septembre, dans les joncs d'un grand étang : là, poussant des cris et exécutant mille évolutions sur les eaux, ils semblaient essayer leurs ailes et se préjiarer à de longs pèlerinages •'. » Ailleurs la ressemblance est encore plus frappante :
Elle pleura longtemps. On l'entendait dans l'ombre Comme on entend le soir, dans le fond d'un bois sombre. Murmurer une source en un lit inconnu *.
Voici le texte des Martyrs : « Elle cachait sa douleur sous les replis d'un voile. On n'entendait que le bruit de ses pleurs, comme on est frappé, dans les bois, du murmure