‹ Héléna: Poème en Trois ChantsChapitre 11 sur 77 · XII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XII INTRODUCTION

pas neuf ans, mais sep{, qu'avait paru le premier recueil des Poëmes (1822) !. Enfin Vigny a tait allusion, dans une autre circonstance où sa mémoire devait être plus sûre, à la date d'Héléna. C’est au cours d’une lettre adressée en 1828 à Paul Foucher, qui lui avait demandé, pour un article en préparation, quelques notes biographiques. «Mes ouvrages, répondit le poète, fruits imparfaits du désœuvrement militaire, furent Héléna, Eloa, le Déluge, et, depuis, Cing-Mars. Le premier n’a d’autre mérite que sa date, qui rappelle une époque où la mode de l'intérêt pour les Hellènes n'était pas encore venue ?. » Renseigner ences termes un tout jeune confrère qui ne pouvait soupconner que le poème de Vigny eût dormi cinq ans dans les cartons de Son auteur, en un temps surtout où l’on produisait hâtivement et où l’on publiait plus vite encore, n'était-ce pas l'autoriser, sinon l’inviter à prendre pour date authentique de la composition d'Héléna celle qui paraît ressortir du sujet lui-même, et donner d'avance raison à Sainte- Beuve ?

Celui-ci, en effet, n’a pas dit expressément pourquoi il se refusait à reporter au delà de 1821 la composition du poème. Mais on devine sans peine à quel motif il a obéi. Non seulement l'ouvrage respire le plus vif enthousiasme pour la cause de l'indépendance hellénique, mais il nous transporte en pleine insurrection de la Grèce. Il nous fait assister au départ d’une flottille de corsaires, réunie à Chio pour aller délivrer Athènes, au combat livré par ces

1. L'erreur d'A. de Vigny est relevée par M. de Lovenjoul dans Les Lundis d'un chercheur, p. 126.

2. Correspondance d'Alfred de Vigny, p. 14: lettre à Paul Foucher, du 20 avril 1828.

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