‹ Hélène: drame en trois actes, en vers--Chapitre 11 sur 75 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

PAUL, se recalant.

Je voudrais...

BLANCHE, rinterrompanf.

Vous aussi voyagiez, Je suppose?

' Ils commencent h déyider tout en parlant.

Je n'ai jusqu'à présent guère fait autre chose» Que devais-je à la vie après tout? Rieu, sinon Le respect de moi-même et l'honneur de mon nom. Tout enfant j'étais seul et libre. C'est tout dire. Et riche par surcroît, un bonheur... encor pire! Mais main tenant voilà mes trente ans... liquidés*..

Il 8'arréte en souriant.

Je suis vieux, n'estr-ce pas?

BLANCHE

Non... pas trop... Dévider.

Ils se reprennent à déyider.

PAUL.'

La jeunesse est un peu ce pays de féeries.

Où l'on joue au* palet avec des pierreries.

Quoi qu'il en soit d'un temps dont il ne reste rien,

L'ân^ est sauve, l'honneur sans tache, tout est bien!

Bref^ j'allais me remettre à mon pèlerinage

Si le hasard heureux de notre voisinage

N'eût changé mes projets... j'en fais l'aveu tout bas»

BLANCHE, 8*arrêtant troablée.

Monsieur Paul...

PAUL

Âhl c'est vous qui ne dévidez pas^

Blanche recommence à dérider arec ardeur.

En disant le hasard, je commets presque un crime;

Le hasard n'est que Dieu qui garde Tanonyme :

C'est lui qui m'a conduit et qui m'a retenu

Dans ce calme pays qui m'était inconnu...

La famille. 11 m'a fait comprendre, par la vôtre,

Ce doux monde oh l'on vit l'un pour l'autre et par Tautre,

Avec ses mots charmants et d'épouâe et de sœur,

Ses liens dont la force est faite de douceur,

Sa tendresse qui va, nous élargissant Tâme,

De l'amour de l'enfant à l'amour de la femme^

Sa vertu souriante et saine, et ce bonheur

Né de cetta vertu comme un fruit de sa fleur.

Alors moi, qui n'avais d'autre but que moi-môme ,

J'ai vu qu*il faut aimer et comme il faut qu'on aime.

Je ne le savais pas, comment Taurais-je su?

De ces leçons du cœur je n'avais rien reçu.

Arec une srarité souriante.

Le mien manquait, hélas I d'instruction primaire. Car pour le cœur on est élève — de la mère...

Silence,

Ne devinez-vous rien de ce que j'en conclus?

Monsieur Paul... je ne sais... Vous ne dévider plus?

PAUL

De mon côté c'est fait; regardez... soyez franche...

Lui faisant voir qu'il n'y a plus de laine de son câté, que le fil

qu'il tient h la main*

C'est à vous maintenant.

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