ACTE PREMIER
J'estime Hélène heureuse et bénis le hasard Qui lui fit rencontrer, pour l'épouser, naguère Pauvre, cet homme l\onnéte et bon.
RENÉ
Il est vulgaire, C'est un ancien soldat, je crois?
MADAME DE RIVE, le reprenant.
Chirurgien.
RENÉ
C'est pour cela qu'il monte et qu'il tire si bien. Ce sont les seuls talents qu'il ait d'un gentilhomme, Au reste...
MADAME DE ÉIVE.
Il en a l'âme. Et je te trouve, en somme, Trop sévère pour lui, mais je ne doute pas Qu'à le connaître mieux, tu n'en fasses grand cas. Ce qu'il a fait d'ailleurs n'est pas chose ordinaire : Choisir une orpheline et valétudinaire, Presque un enfant trouvé, sans dot, en vérité, Si ce n'était amour, ce serait charité...
Souriant.
Tu vas être étonné de l'appeler madame I Cette Hélène autrefois votre petite femme, A tous deux? Mes gamins en étaient amoureux I Mais c'est qu'on se battait en duel I C'était affreux I Au canif! Ces enfants se faisaient des entailles Au point qu'il me fallut pour clore les batailles Leur imposer la paix et régler leurs amours : Chacun d'eux devenait le mari... pour huit jours.
n HÉLÈNE.
Depuis quand dites-vous qu'elle souffre?
Elle luUe Depuis longtemps déjà, ce n'est qu'une rechute Du mal qui l'atteignit, voilà tout juste un an. Grâce auquel mal, du reste, elle est madame... {
RENE
Jeanl...
Il était riche?...
MADAME DE RIVE
Nonl... mais non, pas à Textrème.
RENÉ, riant.
Alors... sincèrement, vous croyez qu'elle l'aime?
MADAME DE RIVE, BaWement.
Gomment, si je le crois! n*est-il pas son mari?
RENE, aprèt un silence, regardant sa mère.
C'est vrai.
MADAME DE RIVE
Qa^as4u, René? je te vois brusque, aigri.
Et depuis quelque temps de plus en plus morose.
RENÉ
Moi l je n'ai rien.
MADAME DE RIVE
Que si I tu caches quelque chose.