ACTE' PREMIER
De quelques jours de trop le temps de mon congé. . . C'est ce soir qu'il atteint sa dernière limite.
MADAME DE RIVE
Ce soir, mon Dieu!
JEAN
Comment si tôt? Comment si vite ?
Et vous n'avez rien dit?...
RENÉ
A ce qu'il me paraît, C'était le seul moyen de garder le secret.
JEAN
Mais, en un cas pareil, on a plus d'une affaire ; Les bagages?...
RENÉ
C'est fait.
JEAN
L'adieu?
RENÉ
Je vais le faire.
JEAN
Réfléchissez! Partir ainsi! Partir ce soirl... Mais vous quitteriez donc Hélène sans la voir? Votre temps est compté? sans dire le contraire, L'est-il donc à ce point qu'on n'en peut rien distraire? Ne nous cachez-vous pas quelque sous-entendu? Au fond, quand vous rognez le temps qui nous est dû,
Attirsint René à l'écart et en souriaot.
Votre inhumanité m'a tout l'air d'être humaine : Le jeune homme s'agite et la femme le mène,
Tout un mois sans amour font trente jours bien longs.. Vous allez la rejoindre,' hein T soyez franc 1 allons 1
BENÉ , le regardant en face et trèS'aflBrmatiTement.
Je ne sais pas, monsieur, ce que vous voulez dire.
JEAN
C'est donc trôs-sérieux?
RENÉ
Je n'y vois pas à rire.
Excusez-moi, mon cher, j*en parlais entre nous, Et je n'ajoute plus qu'un mot : dépèchez-vous.
R E N E y résol&ment à madame de Rive.
Ce que je fais, ma mère, il faut que je le fasse.
MADAME DE RIVE, relevant la tête.
Devant cette raison, mon ami, tout s''efface.
J'espérais quelques jours de plus, et, tu comprends,
A mon âge, les jours ont la valeur des ans.
Le bonheur est pressé... C'est une rude épreuve.
Vous absents tous les deux, suis-je pas deux fois veuve?
L'absence est-elle pas une vivante mort?
Je devais y compter, je le sais bien, j'ai tort;
Mais on a beali l'attendre, alors que vient la crise,
La douleur est toujours pour nous une surprise.
RENÉ
Je reviendrai bientôt.
MADAME DE RIVE
Oui, oui, tu dis cela...
Pourvu qu'en revenant tu me retrouves là.