ACTE PREMIER
JEAN
Et sans te voir... Mais qu^as-lu donc?
Moi?.., Rien.
Riant étrangement. ,
Qu'il s'en aille I
JEAN
La femme ! ah I que la voilà bien I Je la quitte à l'instant, dolente, fatiguée, Le vent change... elle est là debout et presque gaie. Si j'étais moins pressé je te gronderais, toi!... Mais comme je n'ai pas le temps, embrasse-moi I...'
Il attire Hélène sur lui, elle pleure.
£h bieni là, quelle enfant malade!... tout à l'heure Elle était souriante et la voilà qui pleure.
HELENE, dans ses bras et ayec prière.
Vous m'aimerez toujours?
JEAN, haussant les épaules.
Qu'est-ce que c'est?.,. Pourquoi?...
Tiens I laisse-moi chercher ma trousse.
HÉLÈNE, le retenant.
Dites-moi, Dites-moi que depuis que je suis votre femme, Vous ne vous êtes pas repenti, dans votre âme ?
JEAN
La folle! A quel propos?...
Que vous avez trouvé Dans le bonheur reçu tout le bonheur rêvé?
JEAN
Calme-toi I Qu'as-tu donc?
HELENE, le retenant tonjoara.
. Ah ! je suis si jalouse D'être, en son sens intime et profond, votre épouse 1 Si vous pouviez savoir quel est ce dévouement Qui, pour vous, dans mon cœur, dort inutilement... Mais vous êtes heureux, n'est-ce pas?
JEAN
La gourmande!
Qui connaît la réponse et qui fait la demande. Il faut donc te le dire? eh bien oui ! oui! cent fois. Heureux! songea celui que j'étais autrefois!
Le travailleur infime et courbé sur la vie, Dans le dessous du monde, et n'ayant qu'une envie : Percer son corridor ténébreux, sans rien voir. Seul, obscur, acharné — la taupe du devoir!
C'est toi ma récompense et c'est loi ma lumière, G*est toi mon premier luxe et mon amour première. Mes rêves les plus fous par loi sont dépassés! Est-ce bien? Il n^est rien que j'envie! Est-ce as^ez 7 Rien ni personne f Et si celte assurance est douce, U ne me manque rien, entends-tu,
Riant.
Que ma trousse I
Il Tft à la tabl9.
Et pas même cela, tu vois? car la voici.