ACTE DEUXIÈME
JEAN
Le silence, à tout prendre, N*a rien, pour un marin, qui vous doive surprendre.
MADAME DE RIVE
Quatre mois c'est bien long, même pour un marin...
Je vous ennuie avec mon éternel refrain ;
Quand ce n'est pas pour l'un de mes fils que je tremble.
C'est pour l'autre et parfois pour tous les deux ensemble.
Et je prends bien mon temps pour conter mon souci.
Alors que vous devez tous être heureux ici...
A-t-on fixé le jour où Blanche se marie ?
JEAN
Non.
MADAME DE RIVE
Pas encore? Enfin la blessure est guérie Et pour René du moins, c'est fiai.
JEAN
Tout à fait.
MADAME DE RIVE
L'accident est vraiment singulier.
JEAN
En effet.
MADAME DE RIVE
Pauvre enfant I II revient, l'âme d'un remords prise. Et conseillé par vous, me faire une surprise, Corriger d'un baiser son départ un peu prompt, Et dans la nuit il tombe et se brise le front I... Qu'on puisse en courant faire une chute semblable. N'est-ce pas malheureux au point d'être incroyable?
JEAN
Malheureux à coup sûr, mais incroyable, non.
MADAME DE RIVE
Et VOUS, Jean, mon cher Jean, avez-vous été bon ! Vous me l'avez sauvé I
JEAN
Votre joie exagère L'honneur d'un résultat où ma part est légère ; Le succès à vos soins en revient tout entier, Vous avez fait votre œuvre et j'ai, fait mon métier.
MADAME DE RIVE
Ma dette n'en est pas moins réelle et moins grande, Mais je ne puis payer... Qu'Hélène vous le rende.
Hélène se lèye troublée.
OÙ vas-tu?
HÉLÈNE, baU)atiant.
Moi?... je... vais...
JEAN, rinterrompant
Chez Blanche, l'appeler.
Voulez-vous pas la voir?
MADAME DE RIVE
Reste ! J'y vais aller.
La mignonne est avec M. Paul, hein, sans doute?
JEAN
Non, le comte est absent; je la crois sur la route.
MADAME DE RIVE
Comment, il est absent I le jour n'est pas Gxé 1