SCÈNE V
PAUL, JEAN, BLANCHE, puis HÉLÈNE
PAUL, à Blanche.
filanche, depuis trois jours mon absence m'accuse : Si vague qu'elle soit, j'ai pourtant une excuse. L'avenir qu'il fallait, avant tout, dégager
De toute ombre, de tout hasard, de tout danger/ Car enfin être époux, c'est avoir charge d'âme... Blanche, quand voulez-vous que je dise : ma femme ?
BLANCHE
Monsieur Paul.
Bas à Jean.
Tu vois bien, j'étais sûre de lui.
PAUL
Oh! je ?uis si jo/eux, chère enfant, aujourd'hui!... Si vous saviez... Mais c'est fini!... bientôt j'espère Vous porterez mon nom, c'est celui de ma mère, Et comme il siéra bien à votre pureté, Ce nom qui, je le dis, non sans une fierté Au temps où nous vivons peut-être surannée.
Compte l'honneur par siècle et non pas par année.
JEAN, montrant Blanche.
Il est en bonnes mains, cher comte.
PAUL, lui serrant les mains avec effusion.
Oh! je le sais.
Se tournant rers Hélène, qu*il voit en ce moment.
Et vous, madame, et vous, comment vous dire assez
Quelle part légitime et toute naturelle
A mon respect pour vous dans mon amour pour elle,
Et l'estime profonde où je me sens de vous?
Oh! laissez-moi le dire, allez, cela m'est doux
Et soulage mon cœur.
HÉLÈNE, bas à Jean.
Oh! monsieur!
JEAN, bas è Hélène.
Prenez garde, Je vous en prie, on vous écoute, on vous regarde.