SCÈNE II
1\I. DAUBIIET, sri,].
Pas d'enfants ! pas d'enfants! Je vous demande un peu Comment jouer la vie avec un pins beau jeu? Elle a tout, le bonheur exempt d'ennuis moroses; Elle est dévote, et moi, je laisse aller les choses.
Pour que je lui refuse un caprice, il faudrait Qu'elle exigeât la lune!... encore!... on tenterait! Cherchez-les, à présent, les hommes de ma sorte! Pas d'enfants?... beau grief!... Faut-il murer sa porte, Et s'arracher la barbe, et raser ses cheveux, Pour n'avoir pas vu naître un essaim de morveux? Serviteur ! Quant à moi, sans manquer de tendresse, Je mange mon dîner comme le sort le dresse. Et c'est un mal fort doux que l'obligation De reporter sur soi son trop d'affection.
(CLangcanl de Ion.) Rien n'est perdu, d'ailleurs... S'affliger à son âge, Quand nous n'avons, au plus, que deux ans de ménage, C'est fou!... Le ciel aidant, et sans être fourbu, On a le temps encore d'avoir une tribu!... Oh! les femmes, toujours de hochets occupées! 11 leur faut des enfants quand s'usent les poupées, Et l'on dirait, vraiment, que le soleil pâlit. Faute d'un berceau plein qui braille auprès d'un lit! Bah ! j'ai trente-deux ans et l'avenir d'un prince. Je quitterai la Banque, on étouffe en province. Paris m'attend, Paris me demande! qui sait? Pourquoi pas? .. La iortune a gonflé mon gousset... De plus...
(Un domestique enlve avec un babil qu'il pose sur le fauteuil du fond cl le cliapeau sur la lable.)