‹ Hélène PradierChapitre 8 sur 28 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

M^ne DELA VAUX, HÉLÈNE PRADIER, GUS- TAVE DU MONT, LEMUSAT, MARTHE DUMONT, DANIEL DELAVAUX, LUCIE DELAVAUX, HORTENSE LEMUSAT.

Mme DELA^^\UX

Nous prenons souvent le café dans la galerie. On y jouit mieux de la vue étendue qu'on a d'ici sur la Seine.

LEMUSAT Le fait est que la vue est superbe.

GUSTAVE DUMONT Là-bas, dans le lointain, cette masse d'arbres...

LUCIE

La forêt de Saint-Germain ; on y est, à bicyclette, en un quart d'heure.

5o HÉLÈNE PRADIER

GUSTAVE

Quel repos, quel calme ! Et voyez cette voile blanche sur le fleuve, dans le soleil.

DANIEL

Elle semble ne pas bouger : tache de clarté joyeuse dans l'ombre assez pesante de l'eau.

LEMUSAT

C'est charmant. Moi, je demeurerais ici des heures à ne rien faire que rêver.

LUCIE

Voulez-vous? nous descendrons jusqu'à la rive. La promenade est délicieuse.

HORTENSE Il fait si bon au bord de l'eau.

LUCIE

Et on la voit tomber en cascades, au barrage. Elle étincelle et jette des perles de lumière. Vous viendrez, n'est-ce pas, Monsieur Dumont?

GUSTAVE Je suis vraiment désolé, {à Hortense, qui lui pré-

HÉLÈNE PRADIER 5l

sente le sucrier) Merci mademoiselle ! — mais il faut absolument que je rentre à Paris.

LUCIE

Oh ! ce soir ! Vous ne nous quittez pas encore ?

GUSTAVE

Je vous demande pardon. Il faut que je prenne le train de 3 heures et demi, absolument.

LUCIE Trois heures vingt-cinq...

GUSTAVE

C'est cela.

LUCIE

Qui vous met à Paris à 4 heures 34. C'est un très bon train.

Mme DELAVAUX

Il suffit de partir d'ici à 3 heures. La gare est à vingt minutes.

LExMUSAT [à Marthe)

Voyons, Madame, est-il vrai que votre mari doive partir? Ne pouvez-vous insister? Nous rentrerons tous ensemble ce soir.

HÉLÈNE PRADIER Dis, Marthe?

Page 1