SCÈNE II
LES MÊMES, SŒMIAS
SŒMIAS
(enlevant une coupe ces mains d'Héliogabale et la brisant)
Ne bois pas... Ne bois pas...
Ma mère, d'où te vint Le désir de ce geste et quelle est ta pensée ?
SŒMIAS
j'ai vu trop de vautours, d'intrigues amassées
Pour ne craindre jusques aux coupes, quand tu bois !
Tout est donc compromis dans !a ville, sauf toi ?
(méfiant, aux favoris :)
Et VOUS qui m'entourez, n'êtes-vous un cortège Qui se livre à ma vie en lui tendant un piège ?
(Halluciné) Où suis-je?... Je m'appuie en vain sur mon cœur lourd Trahi par votre offrande, et trahi par l'amour...
SŒICIAS
Tu t'égares... Ceux-ci sont des amis fidèles !
HELIOGABALE (apaisé, aux favoris)
Vous me restez ! Ainsi, nos promesses entr'elles Pourront encor gravir nos réveils éblouis ? Parez-moi d'illusions. .. Je veux de chers oublis... Je veux que votre force et vos désirs écrasent L'ombre de sang couvrant mon manteau qui s'évase!... Je veux que de mes yeux ardents vous arrachiez
Cette vision de meurtre et que vous la cachiez ! Mes sommeils agités sont de vastes arènes. Et l'on dirait que mes lions, la gueule pleine. Me rejettent les corps que je leur fis jeter.
SŒMIAS (a part)
Malgré toute ma crainte, il me faut le quitter
Pour rôder, pour souffrir, pour lutter, pour surprendre
Les complots préparés dont je le veux défendre.
(Elle sort.)
HELfIOGABALB (s'étendaatsurlea coussia« et désenchanté)
Ivresses de jadis, que ne revenez- vous !
UN FAVORI (montrant les courtis*aes)
Sérénité î Voici ces filles devant nous
Qu'avec des yeux experts choisirent les matrones !
HELIOGABALE (halluciné, pendant qu'évoluent les danseuses et que paradent les mimes.)
On m'a tout emporté: ma joie et ma couronne... Je suie si dépouillé que je ne le crois pas.
UN FAVORI (montrant les danseuses)
Enlace-les...