SCENE XIV
Les précédents, LOISA, ZANNONE (4).
loïsa, tenant une lettre à la main. Oui, Monsieur, un paquet cacheté qui arrive à mon adresse!
zannone, regardant le cachet. C'est la réponse du grand-duc à votre demande (L ouvrant.) et comme tuteur, si vous me permettez...
loïsa. Certainement!..
zannone, lisant. « Mademoiselle, vous m'avez « fait part de votre vocation pour le couvent. »
loïsa et astyanax. Ah mon Dieu !
zannone, continuant. « Laquelle m'a été attestée « par votre tuteur. » (A part.) Je triomphe!.. (Continuant.) «Mais sa femme, la signoraFlaminia, qui « est une femme d'esprit...» (Avec étonnement.) Ma femme!.. « vient de me faire connaître une « autre vocation dont vous n'osiez parler et que « j'approuve avec d'autant plus de plaisir que « tous les bruits répandus par les journaux ita- « liens sur le compte de M. Astyanax Robi- « chon, sont complètement faux! »
tous, excepté Loïsa. 0 ciel! (L'abbesse et les nonnes qui s'étaient rapprochées pour écouter la lecture de la lettre reculent vivement et avec effroi.)
zannone. Ce n'est pas possible!.. (Continuant.) « C'est ce qui résulte des interrogatoires et dé- « clarations du docteur Mortadella de Milan , qui « vient d'être mis en liberté... et déclaré complé-
(4) Flaminia, Zannone, Loïsa, Astyanax, les Nonnes, au fond.
« tement innocent.... » (Avec colère. ) Qu'estce que ça signifie?
astyanax, prenant la main de Loïsa. Que le prince dit vrai...
zannone. Mais cette autorisation que j'ai donnée?..
astyanax. Je ne m'en suis pas servi... car voilà celle que j'aime... que j'épouse... et si jamais avec mes opéras j'arrive à faire fortune...
l'abbesse. Vous n'en avez pas besoin !
zannone. Elle a cent mille livres de rentes !
loïsa. En vérité!
flaminia (<l). Eh! oui, vraiment... cousine...
astyanax. Eh bien! c'est trop pour un artiste... surtout quand il a du talent... et si ma femme y consent...
loïsa, à Flaminia. Nous partagerons, cousine.
astyanax. Si monsieur l'avocat consent cette fois au partage!
zannone. J'autorise.