AVERTIN, GUY, RAOUL
(Ils sont assis à gauclie.)
AVERTI N
Pendant que M. le comte est chez le ministre de la justice...
GUY
Croyez-vous que le ministre puisse quelque chose à notre situation ?
AVERTIN
Evidemment, il peut intervenir pour qu’on nomme à la jeune fille un curateur qui soit vous, par exemple, et que, jusqu'à sa majorité, elle soit mise dans un couvent. A sa majorité, elle ira où elle voudra, et tout sera dit. *
• Guy, Raoul, Avertin.
GUY, se levant.
Elle n’en portera pas moins le nom d’un misérable.
AYERTIN, se levant, ainsi que l'aoul *.
Ali! damel le mariage est consommé, enregistré, béni ; personne n’y peut plus rien. Allons au plus pressé ; courez de ce pas chez M. Moulinot, avoué, rue Bassedu-Rempart, 57... c’est le plus honnête homme du palais; ne lui parlez pas de moi, nous ne sommes pas bien ensemble ; constituez-le pour votre appel de ce soir.
GUY
Quelles sont nos conclusions?
AYERTIN.
Que la partie adverse ait à prouver par pièces authentiques que mademoiselle de Sableuse est bien la même que cette Marie-Étiennette qu’ils réclament. Où sont les preuves? Ils n’en ont pas !...
GUY
C’est la vérité, cependant !
AVERTIN
Ah ! si nous disons la vérité tout de suite!., il est inutile de plaider.
Nous serons bien forcés de la dire. Madame Cavagnol doit avoir mes lettres, dans lesquelles je lui parle souvent de Marie-Étiennette. J’ai, de mon côté, celles dudit Cavagnol, qui m’informe de la naissance,. de la déclaration et du baptême. Et, en face de toutes ces preuves, la loi ne pourra pas casser ce mariage ?
* Kaoulj Avertin, Guy.