‹ Héloise Paranquet Pièce en quatre actesChapitre 61 sur 69 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

KAOUL, 0A3H1LLE*.

CAMILLB, lui tendant la inaiïu

' Kh bienl mo voilà prisonnière comme un malfaiteur*

HAOUL.

Hélas!

' CAMILLE

Kt je n'ai rien lait do mal. C'e^t drôle, n'et>tril pai> vrai?

BAOUL. o

C'est triste I

CAMlLtS*

Et le moins qui puî|^e m^arriver, d*aprés ce qu'on * m*a dit y c'est d'être enfermée dans un couvent jusqu'à ma mi\jorlté.

En effet , c'est le moins I .

• Comilloi Raoul.

AcrrE IV m

CAMILLB.

Voilà ce (|uu c eàt (^uc ia vie, Ju ne m'en doutais guère, Ilaoul...

Camille f

CAMILLE

Jd TOUS rends votre parole, mou ami.

RAOUJL.

Ma parole 1

OAMILLB. «

Oui, mon ami, on épouse, quand on e^t liaoïil d'Yves, la fille du vicomte de Sableuse, ou nu-iiio la lillc du [>\\i^ liuMiUlc artisan; mais on n'épouse pas une iille aans nom, q^ue ga mère vient clicrclier ainsi...

SAOtJL, Tivemeat.

Vous me faites beaucoup de peine, Camille; je vous aime plus que jamais, et ce n'est pas quand vous avez besoin de tons ceux qui tous aiment, que je vous abandonnerai. Il TOUS est permis déjà de douter de bien des choses; mais non de mol.

Alors, Je puis tout tous dire : nonnseulement Je ne suis pas triste, mais Je suis presque heureuse de ce qui # arrlTe.

liAOUL.

Comment ya?

CAMILLE

Vous alleii mo comprendre, vous qui êtes un bon ûïa; je »uis lieureuso de cet événement qui me fait enfin connaître ma mèrel Je ne m*expliqu6 pas de quelle

HÊLOIS£ PARANQUËT

Otraiigo discussion je suis l'objot; plus je me creuse la téte là- dessus, moins je comprends. Tout cela confond ma raison ! Mais dans tout cela il y a la connaissance que j'ai faite de cette mère dont, depuis plusieurs années, l'absence était toute ma préoccupation, tout mon chagrin.

BAOUL.

Mieux eût vàlii que vous fussiez toujours restée dans cette ignorance I

CAMILLE

Ne dites pas cela. Toute ma vie j'aurais souffert de cette séparation, et^ielle était morte sans que je l'eusse connue, je ne m'en serais pas consolée. Quelque chose de moi a toujours couru au-devant d'elle quand je ne la connaissais pas, et maintenant que je l ai vue, j'ai envie de la revoir. ËUe m'a appelée, mademoiselle I quand elle aurait dû m'appeler son enfant ; elle emploie de mauvais mojens ; elle a commis des fautes, elle fait de la pcin^ àceux que j'aime, elle me veut du mal, dit-on; tout ce que vous voudrez, Raoul, c'est ma mère.

RAOUL

Ouel cœur vous avez, Camille!

CAMILLE

Vous allez voir si ce cœur se trompe. A cette heure, cette méchante femme n'a qa*une idée, je le sens, j'en suis certaine, c*est de me revoir seule et de me serrer dans ses bras 1

KAOUL.

Dieu le veuille!

CAMILLE

Le contraire e&i impoâ^^^ibie, n eà^yez pas de me le

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