LES GROUPES SANGUINS EN PATHOLOGIE
Les travaux sont encore peu nombreux sur l'étude des $roupes sanguins en pathologie.
On a cherché s’il existait une relation entre les £groupes sanguins et certaines affections ; si une affection donnée, frappait, électivement, un sujet d’un'éroupe déterminé. Mais, on n’est pas arrivé à établir un rapport net,
entre ces deux ordres de fait (Hermann et Kromberg)
CS
(54), H. Sachs (59), D'après Mironesco et Stefanov (57) on aurait constaté un Wäassermann négatif plus souvent chez des syphilitiques traités, appartenant au groupe IV, que chez ceux des autres $éroupes.
D'autre part, au cours de ces travaux, Hirschfeld et Brokmann (55) ont montré qu’il y aurait une corrélation entre l’hérédité des $roupes sanguins et celle de l’immunité ou de la réceptivité àla diphtérie, les deux hérédités se transmettant parallèlement. Peut-être cela est-il vrai aussi pour d'autres maladies.
Dans cette hypothèse nous avons cherché s’il existait un rapport entre l’hérédité des groupes sanguins et celle de la virulence de l’infection syphilitique, chez les hérédo-spécifiques.
Nous avons employé pour identifier les $roupes, la méthode de Beth-Vincent (51) : 2 souttes de sérum des groupes IT et III, sur une lame de verre, sont mélangées à 2 gouttelettes de sang obtenues par piqûre du doigt. L’aggélutination est jugée aussitôt et contrôlée au besoin avec le sérum du groupe IV (Moss).
Nous ne pouvons encore rien conclure de ces recherches. Toutefois, nous avons pu remarquer ue, assez fréquemment, deux enfants, frères ou sœurs, dont l’un présente des signes accusés d’hérédo-syphilis et l’autre aucune manifestation d’hérédo-syphilis, ne sont pas du
même groupe.
Conclusions :
On peut étudier le sang des hérédo-syphilitiques au point de vue de
— la morphologie,
— Ja vitesse de sédimentation des hématies,
— les syndromes hémorragipares,
—— les groupes sanguins.
I. —— L'examen de la formule sanguine des hérédosyphilitiques, nous a montré que : |
1° — Les altérations du sang sont fréquentes dans la syphilis congénitale, même en j’absence de tout stigmate ou signe clinique. Ces altérations portent sur :
— les g$lobules rouges et l’hémoglobine,
— les globules blancs et la formule leucocytaire ;
2° — L’hypoglobulie est inconstante et variable. Le nombre des £$lobules rouges peut rester normal ou même s'élever ;
3° Le taux de l’hémoglobine, évalué au Tallqvist, est quelquefois abaissé, mais reste souvent normal ou
même supérieur à la normale;
4° [a leucocytose est inconstante ;
5° La formule leucocytaire est toujours anormale, l’altération principale se traduisant par l’élévation du taux des mononucléaires.
C’est cette mononucléose, qu’on peut voir en l’absence de toute anémie, qui nous semble l’altération ÎJa plus constante.
Nous estimons qu’une telle monocytose, observée chez un enfant d'apparence saine, et chez lequel on a pu éliminer toute autre infection pouvant la reproduire, doit faire penser à l’hérédo-syphilis et la faire rechercher chez les parents, les frères et sœurs.
Mais, si cette monocytose est rencontrée, même seule, chez un enfant hérédo-spécifique, elle doit faire
instituer un traitement spécifique.
IT. -— [a vitesse de sédimentation des hématies nous n’apportons dans l’étude de la vitesse de sédimentation chez les hérédo-syphilitiques, aucune expérience personnelle, mais, des travaux qui ont été faits sur ce sujet, il ressort que :
Dans la syphilis héréditaire, la vitesse de sédimentation des hématies est accélérée ; mais, cette acélération n’a rien de spécifique, elle peut se voir dans presque toutes les infections et ne traduit qu’un état morbide de l’organisme. Elle ne permet donc pas, à elle seule, de
faire un diagnostic.
Si on trouve une vitesse de sédimentation accélérée, chez un enfant ne présentant pas de signes d’hérédosyphilis on ne pourra soupçonner la syphilis que si on a pu écarter toutes les autres causes d’accélération. Mais chez un enfant ayant des manifestations de syphilis héréditaire, la vitesse de sédimentation des hématies peut permettre, d’après la valeur de son accélération, de por-
ter un pronostic.
IT. — Les troubles de la coagulation et du temps de saignement se rencontrent dans des syndromes autonomes, fréquents chez les hérédo-syphilitiques, mais qui
n’entrent pas dans le cadre de cette étude sénérale.
IV. — Les $roupes sanguins en syphilis héréditaire. Nous avons cherché dans les familles syphilitiques, s’il existait un rapport entre l’hérédité des groupes sanguins et l’hérédité syphilitique. Ces recherches ne sont pas encore suffisantes pour pouvoir donner des résultats con-
cluants.
Vu le Doyen, Vu le Président, ROGER. COUVELAIRE.
Vu et permis d'imprimer :
Le Recteur de l'Académie de Paris, P. CHARLÉTY.
ot
Bibliographie
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