A MONSIEUR LE DOCTEUR JEAN MEYER
Qui a bien voulu me fournir . quelques observations.
Introduction
La syphilis est si répandue et l’hérédo-syphilis si souvent soupçonnée que l’on tend à lui rattacher bien des états pathologiques mal déterminés.
Beaucoup de médecins tendent à lui attribuer, à priori, la responsabilité d'accidents qui ne font pas leur preuve. Cependant, cette tendance paraît moins marquée, dans la pédiatrie, où l’on incline plutôt à voir, dans un organisme en voie de développement, une $rande sensibilité à tout agent pathogène. La fréquence de l’hérédo-sphilis est bien reconnue, mais, de par cette fréquence même, la syphilis devient une cause si banale, qu’on ne peut tout lui rattacher. Il faut une preuve de la nature syphilitique de la lésion.
Les preuves sont de deux ordres :
Les unes sont d’ordre familial, ce sont : soit des aveux de la part des parents, soit la présence chez ces derniers, d'accidents constituant la signature de la syphilis.
Les autres concernent les enfants eux-mêmes. Ce
sont : soit des signes de certitude, soit au moins un fais-
ceaude signes de présomption-obtenus par l'examen de l’enfant, ou d’après son histoire.
Mais, en l’absence de ces preuves, l’hérédo-syphilis peut rester méconnue pour se révéler plus tard par des accidents plus ou moins bruyants : tout médecin a vu une kératite hédo-syphilitique survenant à l’âge de 20 ans chez un sujet sans histoire pathologique et sans sti$émates : son origine est reconnue parce que les ophtalmologistes ont longtemps insisté sur l’étiologie syphilitique de cet agcident. Mais, d’autres manifestations hérédo-syphilitiques moins connues peuvent se produire
et ne pas être rattachées à leur véritable origine.
Ces discussions soulignent l’intérêt des méthodes biologiques susceptibles d’apporter de nouvelles données. Sans grand intérêt lorsqu'il existe une maniiestation clinique évidente, ces données ont une $rande valeur
pendant les phases de latence de la syphilis.
1° En l'absence d etoute syphilis connue, elles per-
mettent un diagnostic ou tout au moins jettent l'alarme.
2° En l’absence d’accidents cliniques actuels, elles apportent la preuve d’une anomalie humorale permettant d esuspecter une évolution cachée.
Dans ce but on s'adresse habituellement au sang et dans certains cas au liquidecéphalo-rachidien. L'examen
du sang donne des renseignements sur :
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a) les réactions sérologiques (Bordet-Wassermann) :
b) l’hématologie.
a) Le Wassermann. — On connaît l'importance d’un ue positif au point de vue du diagnostic de la syphilis, mais ce fait est relativement rare en syphilis héréditaire On ne le voit que chez des nourrissons atteints de syphilis cutanéo-muqueuse ou dans quelques cas de lésions nerveuses de la seconde enfance. Dans l’ensemble on trouve presque toujours un Wassermann négatif même avec des troubles généraux et des dystrophies accusées.
Il était donc intéressant, dans ces cas, si fréquents, de syphilis héréditaire avec Wassermann négatif, de chercher un moyen de contrôle de nature différente. On s’est adressé, dans ce but, à l’hématologie. C’est de cet examen que nous nous occuperons dans ce travail.
b) Classiquement; l'examen hématologique comporte l’étude : des £slobules rouges, de l’hémoglobine et des $slobules blancs.
Dans ces dernières années, cette étude a été l’objet de nombreux travaux, en particulier de ceux de Leredde (5), dont nous verrons plus loin les résultats et les discussions.
Nous ajouterons à cette étude de l’hématologie quel-
ques recherches récentes qui ne sont pas encore au point
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mais dont on peut, avec intérêt, dresser le bilan. Ces recherches portent sur :
— la sédimentation des hématies,
— la coagulation et le temps de saignement,
— les groupes sanguins.