HISTORIQUE
On a étudié la formule sanguine des hérédo-syphilitiques, dans les différentes anémies, depuis l’anémie simple jusqu’à l’anémie pseudo-leucémique.
Laiesant de côté les altérations sanguines qu’on peut
observer dans les anémies graves, nous nous occuperons seulement de celles qu’on trouve chez des hérédo-syphilitiques ayant une anémie légère, et nous verrons les altérations de la formule leucocytaire chez les hérédosyphilitique exempts d’anémie.
En 1902, Sabrazès et Mathis (10), rapportent une observation de syphilis héréditaire montrant une diminution du taux de l’hémoglobine et du nombre de $globules rouges et une lésère polynucléose.
En 1904, Bezançon et Labbé (2) notent la fréquence de l’anémie et Îla constance de l’hyperleucocytose (12.000 à 24.009), au cours de la syphilis héréditaire.
Vernet (1994) (13) trouve une mononucléose constante.
En 1906, de Vicarüs (14) observe une hypertéuco: cytose avec un taux élevé de mononucléaires.
Minet en 1910 (8) observe des altérations hématolo- $iques chez des hérédo-syphilitiques de tout âge et note, contrairement aux autres auteurs, une hyperglobulie rouge habituelle (5 à 6 millions de $lobules rouges). Pour lui, l’hyperleucocytose, constante, porterait sur les polynucléaires, chez l’enfant de moins de 12 ans et sur les mononucléaires, au-dessus de 12 ans.
Sevestre (1912) (11) note une diminution des globules rouges dans la majorité des cas, avec baisse du taux de
l’hémoglobine au dessous de 80 p. 100, et une augmenta-
tion de la valeur globulaire. Comme altération de la formule leucocytaire, il trouve une mononucléose avec prédominance des lymphocytes et présence, presque constante, d’hématies nucléées et de myélocytes. Il fait remarquer que, chez les enfants de moins de 5 mois, la présence d’hématies nucléées n’a de valeur que s’il en existe un nombre important et si on constate une hypoglobulie rouge.
Cette étude, un peu délaissée, fut reprise par Leredde (5) qui exposa ses recherches dans une série de travaux à partir de 1922.
Des recherches de Leredde, il ressort que :
1° L'’hypoglobulie serait fréquente, s’abaissant parfois au-dessous de 3 et même de 2 millions de globules rouges.
2° Le taux de l’hémoglobine serait abaissé au-dessous de la normale.
3° La leucocytose, fréquente chez l'enfant, où elle peut dépasser 10.000 globules blancs, serait rare chez ladulte. La mononucléose serait constante.
4° On trouverait assez fréquemment des cellules anormales, myélocytes éosinophiles, métamyélocytes.
Léredde (5) considère ces altérations, isolées ou reunies, comme un signe de présomption de syphilis héréditaire, présomption qui peut prendre un caractère de
certitude, si la syphilis des parents est démontrée, ou si
on rencontre des altérations analogues chez des frères et sœurs, indemnes de tuberculose.
L'action du traitement d’épreuve confirmérait l’orisine syphilitique des altérations sanguines observées.
Ces opinions admises, par certains (Devraigne (3) ), furent discutées par d’autres à la Conférence de la Syphilis héréditaire. En particulier MM. [Lesné et Boutelier (7) pensent que les causes de variations de la formule sanguine sont trop fréquentes chez le nourrisson pour attribuer une telle valeur à ces altérations.
Dans ces toutes dernières années, d’autres auteurs se sont occupés de cette question (Zanca (15), Nicolas et Gaté (9). Pour eux aussi, la formule sanguine des hérédo-syphilitiques serait caractérisée par une mono-
nucléose.
La controverse que nous relatons a été aisuisée par l’imprécision de nos connaissances sut l’hématologie de la première enfance. En effet, les numérations donnent chez le nourrisson bien portant des résultats assez divers pour faire discuter les frontières des faits pathologiques.
Ïl est donc nécessaire d'étudier, d’abord, la formule
sanguine du nourrisson normal.