‹ HémérologieChapitre 17 sur 197 · CHAPITRE VE · texte numérisé non relu

CHAPITRE VE

LETTRE DOMINICALE

$, l’on jette les yeux sur le Calendrier perpétuel mis à la fin de cet ouvrage, on y verra que chaque quantième du mois est accompagné d’une des sept premières lettres de l'alphabet, A, B, C, D, E,F, G, lesquelles se succèdent dans cet ordre et sans interruption, depuis le commencement jusqu’à la fin de l’année. Ces lettres, désignées sous le nom de lettres dominicales, représentent et remplacent les jours de la semaine. Il était impossible, en effet, dans un Calendrier perpétuel, de donner à chaque quantième du mois le nom du jour correspondant, attendu que d’une année à l’autre les jours de même nom arrivent à des dates différentes.

On appelle en particulier Lettre dominicale d’une année celle qui, dans cette année, répond à la date du premier Dimanche de Janvier. Cette lettre connue, il est facile d’avoir le nom de chaque quantième du mois; car tous les jours en face desquels est placée la lettre dominicale sont des Dimanches, ceux qui sont accompagnés de la lettre suivante sont des Lundis, ceux qui le sont de la lettre d’après, des Mardis, et ainsi de suite. Le premier Dimanche de l’année 1846 arrive le 6 Janvier dans le Calendrier julien, à côté de cette date se trouve la lettre F; je conclus aussitôt que dans cette année tous les jours accompagnés de la lettre F sont des Dimanches, tels que le 13 et le 20 Jan-

vier; que tous ceux qui ont la lettre G sont des Lundis, comme le 4 et le 44 Février; que tous ceux quiont la lettre À sont des Mardis, et ainsi des autres.

Dans l’année julienne bissextile 4860 le Dimanche 3 Janvier est accompagné de la lettre G, qui dévient ainsi Lettre dominicale. Je connais avec cette lettre que le 16 Février est un Mardi;

le 17, un Mercredi ; 48, Jeudi; 19, Vendredi; 20, Samedi ; A,

Dimanche; et 22, Lundi. Ces jours sont désignés respectivement par les lettres E, F, G, À, B, C, D. Si l’année julienne 1860 était commune, ces mêmes jours, indiqués par les mêmes lettres, reviéendraient dans les mois de Mars aux dates suivantes: 9, 3,

4, 5, 6,7 et 8: Mais, à cause du Lundi 29 Février, qui tient la

place du 1° Mars, ils reviennent à une date antérieure d’un jour, savoir aux 4, 2, 3, 4,5, 6 et 7 Mars, et sont désignés cha- &un par une lettre supérieure d'un rang, c’est-à-dire par D, E, F,G, À,B, C;ilen est de même jusqu’à la fin de l’année. Dès lors, la lettre CG, qui dans les deux premiers mois indiquait le Dimanche, ne désigne plus que le Lundi à parür du 4° Mars inclusivement. Elle cesse donc d’êtredominicale; c’est la lettre B, la précédantimmédiatement, qui le devient pour le reste de l’année.

L’exemple de l’année julienne 1860 montre évidemment que les années bissextiles ont deux lettres dominicales ; l’une faisant connaitre les Dimanches depuis le 1% Mars inclusivement jusqu’à la fin de l’année, et l’autre, la lettre suivante, ayant le même emploi depuis le commencement de l’année jusqu’à la fin de Février. |

L'usage des Lettres dominicales est fort ancien; elles furent introduites dans le Calendrier vers le commencement de l’ère chrétienne, pour marquer les Dimanches d’une année quelconque, de la même manière que chez les Romains les Lettres nundinales, au nombre de huit, indiquaient les marchés de Rome, qui revenaient régulièrement tous les neuf jours. Inutile de dire que les Lettres dominicales ont reçu ce nom de ce que, dans le Calendrier, elles désignent à tour de rôle le jour du Dimanche, dies dominica.

Nous plaçons ici la suite des années juliennes qui, par un effet de l’erreur des pontifes et de La correction de César Auguste, dont nous avons parlé dans | Introduction, s'écartèrent de l’ordre éta-

Page 1