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SUR UN TRAVAIL DE M. BOUCHET, INTITULÉ

Commissaires : MM. Laugier, Largeteau, Babinet rapporteur .

« Jules César, souverain pontife, en imposant au monde romain un Calendrier réglé uniquement sur la marche du Soleil (4), avec une année de 365,25 jours solaires moyens, à fait faire à la chronologie un pas immense vers la précision. Ce Calendrier ne . contient, en réalité, qu’une seule donnée empruntée à l’observation, savoir, le rapport de la durée presque constante de l’année tropique à la durée tout à fait invariable du jour solaire moyen. La réforme grégorienne de 1582 a rapproché la durée légale de l’année de sa durée astronomique. Néanmoins, on fait toujours le siècle de 400 années juliennes, donnant un total de 36595 jours.

» Les fêtes chrétiennes, auxquelles pendant plus de seize siècles on a rapporté beaucoup d'événements civils et militaires,

(4) Lucain fait dire à César :

Nec meus Eudoxi vincetur fastibus Annus. PHaRSaLe, livre X.

VIP i KAPPORT.

et qui sont en partie réglés sur des périodes lunaires officielles plus ou moins rapprochées des déterminations astronomiques, rendent nécessaire l'emploi d’un Comput, ou Calendrier de convention, basé sur diverses périodes artificielles dont les indications sont données pour chaque année, et au moyen desquelles on peut construire ou vérifier le Calendrier d’une année quelconque passée, présente ou future, quant à la semaine, aux mois lunaires, à l’âge et aux phases de la Lune, et qui sert surtout à la fixation des fêtes mobiles.

» Le travail de M. Bouchet nous donne le moyen d'établir ou de vérifier la concordance avec le Calendrier julio-grégorien, prolongé à l’infini avant et après l’année 1582 (ou avec la période julienne, qui n’a point de dates rétrogrades), de toutes les observations astronomiques, de tous les faits transmis par les historiens de l’antiquité ou du moyen âge, de toutes les pré-

dictions relatives au Calendrier des fêtes chrétiennes ou musulmanes, aux marées, syzygies et autres, aux phases de la Lune, et, enfin, à l’importante petite période hebdomadaire, tout à fait indispensable pour la fixation précise des dates chez les historiens orientaux ; période que tous les chronologistes font hardiment remonter jusqu’à la création (1). Il n’est pas besoin de dire que, pour les temps passés, de pareils calculs offrent de pré-

cieuses vérifications chronologiques.

» M. Bouchet présente les résultats de ce Comput dégagés de toute l'incertitude que des formules algébriques trop générales, et sujettes à de nombreuses restrictions, donnaient avant lui. Dans ses règles simples, claires et tout à fait arithmétiques, point de nombres négatifs, point d’embarras pour l’année zéro, qui manque dans la suite des années avant et après l’ère chrétienne ; toujours des opérations bien spécifiées avant et après Jésus-Christ, avant et après la réforme grégorienne. La période juridique de 45 ans, dite Zndiction romaine ; celle de 19 ans, dite Nombre d'or, qui règle les lunaisons ; celle de 28 ans, qui forme le Cycle solaire des semaines ; la période de 7980 ans, dite Période julienne, qui sauve bien des erreurs de calcul ; l’Épacte, et même la Lettre du Martyrologe, tout découle de règles pratiques, qui n’admettent la possibilité d'aucune méprise, et qui

(4) Et requievit die seplimo.

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