Hémiptères, (punaises, cigales, pucerons, cochenilles, etc.)
Les Hémiptères sont des insectes à quatre ailes, munis d'un rostre articulé qui leur a fait donner aussi le nom de Rhynchotes; la première appellation provient de la conformation des ailes supérieures qui sont généralement composées de deux parties, l'une plus ou moins coriace, basilaire; l'autre membraneuse, apicale.
La tête est assez variable de forme, mais ordinairement triangulaire; chez les Hétéroptères elle présente trois lobes séparés par de fines sutures longitudinales, et leur disposition est utile à étudier ; le lobe médian s'appelle lobe frontal. Il y a toujours des yeux, et en outre sur le sommet de la tête on voit des petits grains ronds, lisses, appelés ocelles, au nombre de deux ou trois, qui disparaissent très rarement. Les antennes sont généralement grêles, parfois renflées ou épaissies vers l'extrémité ou terminées au contraire par une soie très fine ; mais elles ne sont jamais dentées ni lamellées. Chez les Hydrocorises, elles sont presque entièrement cachées sous les yeux et difficiles à apercevoir. Chez lesHomoptères la tête est très importante à étudier; le dessus ou vertex est tantôt pkt avec le bord antérieur tranchant, tantôt arrondi, à peine distinct du front qui se trouve à la partie anté-
rieure ou rentrante de la tète, ayant de chaque côté la joue quelquefois très large, et séparée par une suture ou une fine carène.
Le bec ou rostre, qui forme l'appareil buccal, est cylindrique, filiforme ou conique, tantôt court et arqué, plus souvent presque droit et couché le long de la poitrine. Il se compose d'une gaine ou gouttière articulée qui sert de fourreau aux organes actifs de la manducation et renferme les soies raides et acérées dont les deux inférieures sont ordinairement soudées ; à la base de ces soies se trouve une autre pièce, c'est le labre prolongé en forme de languette qui s'étend jusqu'à l'extrémité du rostre et sert à retenir, dans la rainure de la lèvre inférieure, les quatre filets qui représentent les mandibules et les mâchoires.
Le thorax se compose, comme celui de tous les insectes, de trois parties ; celle qui forme le prothorax est la plus développée, et généralement en trapèze ou en hexagone transversal. Les angles latéro-postérieurs sont souvent saillants, même épineux, et les côtés sont parfois dilatés, lamelleux. Dans quelques groupes d'Homoptères, le prothorax est réduit à un anneau antérieur et le mésothorax prend un grand développement comme on le voit chez les Fulgorides, les Gicadides, les Apliides. L'écusson est ordinairement assez petit; mais chez les Pentatomides il est toujours plus grand et recouvre quelquefois les ailes et l'abdomen. En dessous, le thorax présente le prosternum, parfois sillonné en avant, ayant quelquefois la pointe sternale prononcée entre les hanches, le mésosternum assez souvent caréné longitudinalement et le métasternum. C'est sur cette dernière partie, près de sa jonction au
mésosternum et sur le côté, que se trouvent les ouvertures qui dégorgent le fluide si désagréable auquel on reconnaît la présence de plusieurs Hémiptères ; ce sont les osti'oles odorifiques. Il faut une certaine attention pour les trouver, mais on finit par les reconnaître facilement chez les Pentatomides et les Lygéides. Ce sont de petites ouvertures oblongues, parfois un peu en saillie, entourées parfois d'une surface presque mate ou d'une couche mince produite par le dessèchement de la sécrétion. Ces ostioles ne se retrouvent pas dans les dernières familles des Hétèroptères, ni chez les Homoptères.
Les ailes sont au nombre de quatre ; dans un groupe les mâles n'en ont que deux et les femelles sont aptères. Les deux ailes supérieures sont d'une consistance plus solide que les inférieures ; on leur donne le nom d'élylres ou hémélytres. Chez les Hétèroptères, la partie basilaire est ordinairement coriacée, opaque et prend le nom de corie, et elle est séparée d'une manière tranchée de la partie apicale ou membrane; c'est par une exception assez rare que la membrane devient aussi épaisse que la corie, ou que cette dernière est presque aussi claire que la membrane. La corie présente un pli longitudinal oblique allant de la base à l'angle interne de la membrane, et qui limite une partie touchant à la suture, à laquelle on. donne le nom de clavus. H y a en outre, dans la grande famille des Gapsides, une petite pièce triangulaire nommée cimeus, placée à l'extrémité externe de la corie dont elle est séparée par un pli et souvent par une échancrure sur le bord externe. La corie est souvent courte, mais elle ne manque presque jamais, tandis que dans certains groupes il arrive que la membrane disparait,
soit complètement, soit en partie, et alors on dit que l'insecte est brachyptère. Cette modification peut ne se rencontrer que chez les femelles ou chez quelques individus d'une espèce qui présente alors les deux formes, brachyptère et macr opter e. Dans certains genres la première forme est la plus générale, et le&individus macroptères, à élytres complètes, sont extrêmement rares; aussi est-il arrivé qu'on a fait deux espèces avec ces deux formes d'autant plus facilement que le faciès est assez différent. Chez les Homoptères, les ailes supérieures sont plus grandes et un peu plus sohdes que les inférieures, mais on ne trouve plus la différence de la corie et de la membrane.
L'abdomen, qui tient au métathorax, est composé de six à huit segments ; la partie inférieure ou ventrale se réunit à la supérieure en formant un bord plus ou moins tranchant, appelé connexivum, qui déborde souvent les élytres, et sur lequel on voit plusieurs stigmates. Les pattes sont généralement assez grêles, mais elles présentent d'assez grandes variations. Dans quelques groupes, les pattes antérieures sont disposées pour arrêter une proie, les cuisses sont courtes et épaisses, armées d'épines, avec les jambes arquées : on les appelle pattes ravisseuses; chez les Hémiptères aquatiques, les postérieures sont appropriées à la natation, comprimées et munies de soies serrées. Enfin chez quelques genres d'Hétéroptères et chez presque tous les Homoptères, les pattes sont propres au saut, bien que les cuisses ne soient pas toujours renflées. Les articles des tarses sont au nombre de deux ou trois ; très rarement il n'en existe qu'un seul.
Tous ces insectes, connus sous les noms de punaises des
maisons et des bois, de cigales, de cochenilles, de pucerons, de phylloxères, ont des métamorphoses incomplètes, en ce sens que les larves ressemblent assez bien à l'insecte parfait, qu'elles restent toujours actives sans passer par l'état de chrysalide, et que leurs organes se modifient et se développent peu à peu.
On peut dire que les Hémiptères sont presque tous des insectes nuisibles, puisqu'ils renferment les punaises des maisons et des colombiers, celles des bois, les pucerons, les phylloxères et tant d'autres dont la piqûre est fort douloureuse. Quelques-uns, il est vrai, font la chasse à d'autres insectes; d'autres nous donnent la cochenille, la laque; mais il ne semble pas que la somme des avantages l'emporte sur celle des inconvénients. Au point de vue de l'histoire naturelle, ce sont des insectes de formes très variées et dont l'étude est très intéressante.
Les Hémiptères se partagent en trois grandes divisions :
î. Hétéroptères. — Rostre naissant de la tête ou du front, Élytres le plus souvent formées de deux parties, l'une coriace, basilaire ; l'autre membraneuse, apicale.
II. Homoptères. — Rostre naissant de la partie inférieure de la tête, au-dessous des yeux. Élytres homog-ènes, le plus souvent transparentes.
III. Sternorliynques. — Rostre paraissant naître entre les pattes antérieures et les intermédiaires, manquant parfois dans un des sexes, les mâles n'ayant alors,Je plus souvent, que deux ailes.
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ire DIVISION. - HÉTÉROPTÈRES
Les Hémiptères qui rentrent dans cette division ont généralement les élytres formées de deux parties, l'une basilaire plus ou moins coriacée, l'autre apicale, membraneuse. Cependant il arrive quelquefois que la consistance de la partie basilaire n'est pas plus forte que la membrane apicale, comme on le voit chez quelques Gapsides; mais le rostre prend toujours naissance entre les yeux ou au front. Ces insectes vivent en général sur les végétaux où beaucoup font la chasse à d'autres insectes; d'autres vivent dans les eaux ou à leur surface et sont très carnassiers; d'autres enfin vivent dans nos maisons, et aux dépens de notre sang; un petit nombre se trouve sous les écorces d'arbres. Quelques-uns font des piqûres d»uloureuses.
Les Hétéroptères se partagent en deux sections :
Géocorises. — Insectes terrestres, très rarement aquatiques. Antennes plus longues que la tête, non cachées sous les yeux.
Hydrocorises. — Insectes aquatiques (un seul ripicole). Antennes plus courtes que la tête, cachées sous le^ yeux.
FAUiNE ELEMENTAIRE
'•e Section. — Géocorises.
Antennes de 5 articles, insérées sous le rebord de la tête, leur base non visible en dessus. Ecusson grand, recouvrant parfois
le corps .
Antennes de 4 articles, insérées à découvert sur les côtés de la tête, leur base visible en dessus. Ecusson médiocre ou petit.
Corps non recouvert en dessous d'une pubescence soyeuse imperméable. Crochets situés à l'extrémité du tarse. Insectes terrestres.
Rostre de 4 articles, appliqué au repos contre la poitrine. Antennes plus ou moins épaisses, à dernier article souvent plus gros, jamais sétacé. Tarses de 3 articles. Des ocelles presque toujours.
Membrane des élytres à nombreuses nervures l
Membrane des élytres à 5 nervures seulement ou à 8 nervures, mais alors pas d'ocelles
Rostre de 3 articles, arqué à la base, ne pouvant s'appliquer contre la poitrine, le lÊ"" article engagé à la base dans une rainure.
Tarses de 2 articles, au moins les postérieurs.
Antennes non filiformes, le dernier article pas plus mince.
Des ocelles. Pattes antérieures ravisseuses. Pas d'ocelles. Pattes antérieures ordinaires. Corps un peu épais, membraneux sur les Dords qui sont réticulés. Membrane à peine
distincte
Corps très aplati. Membrane très distincte. Antennes filiformes, le 2e article parfois épaissi, les deux derniers articles plus fins. Corps très aplati. Elytres rudimentaires,
pas de membrane
Corps plus ou moins convexe. Elytres le
plus souvent complètes, ayant à l'extrémité
de la corie ime pièce triangulaire distincte.
Tarses de 3 articles. Rostre antérieurement
libre.
Rostre court. Dernier article des antennes
sétacé
Rostre long. Dernier article des antennes non sétacé
Pentatomides.
coréides.
Lygéidës.
Phvmatides.
TlXGIDES.
Aradides.
ClMICIDES.
Capsides.
réduvide3.
Saldides.
B. Corps ayant en dessous une pubescenc'e soyeuse imperméable. Crochets insérés avant l'extrémité du tarse. Insectes vivant à la surface des eaux.
a. Tète allongée. Corps linéaire Hydrométrides.
b. Tête triangulaire. Corps fusiforme. . . . Gerrides.
FAMILLE DES PENTATOMIDES
Cette famille est caractérisée par les antennes de cinq articles et par l'écusson grand, dépassant le milieu de l'abdomen, recouvrant parfois entièrement l'abdomen et les ailes. En outre, les antennes sont insérées sous les bords latéraux de la tête qui sont tranchants. " On peut les diviser en trois tribus :