UN SEUL GENRE
Les Cigales (Cicada) sont les géants de tout l'ordre des Hémiptères, même dans nos pays où elles sont encore loin d'atteindre la taille de certaines espèces exotiques. Ce sont des insectes au corps robuste, épais; leur tête est courte, aussi large ou presque aussi large que le corselet, formant en avant un angle très obtus ; leurs yeux sont assez gros et saillants, les ocelles, au nombre de trois, sont disposés en triangle; la partie inférieure ou inclinée de la face est fortement convexe au milieu et striée en travers ; les antennes sont courtes, insérées entre les yeux sous un rebord de la tête, composées de sept articles, le 1" épais, les suivants diminuant de grosseur, les derniers sétiformes ; le rostre, de trois articles, dépasse un peu les hanches intermédiaires ; le corselet est transversal, ne recouvre pas le mésothorax qui est très grand, bordé de chaque côté par un sillon profond et arqué ; les élytres sont très grandes, transparentes, à nervures assez fines, mais robustes, formant sept cellules terminales, oblongues, et trois discoïdales, la basilaire étant souvent opaque; l'abdomen est court et gros, terminé en pointe; les pattes sont robustes, de taille médiocre; les hanches antérieures sont aussi longues que les cuisses qui sont robustes et munies de fortes épines en dessous ; les tarses
sont composés de trois articles. Ce sont des insectes pro près aux contrées méridionales et bien connus par leur cri monotone et strident, d'autant plus bruyant que la chaleur est plus forte. Ce cri, bien mal à propos qualifié de chant par les anciens, est produit par un appareil spécial aux mâles ; cet appareil est formé de quatre cavités principales, dont une dans le métathorax, et les trois autres dans l'abdomen; la 1" communique avec l'air atmosphérique par un grand stigmate vertical, les autres sont recouvertes par une plaque ou opercule, plus ou moins arrondi ou ovalaire, que l'on voit de chaque côté à la base de Tabdomen. Les deux cavités latérales de l'abdomen, qu'on peut appeler cavités sonores, sont profondes et formées par le tégument coriace de l'abdomen ; elles sont séparées de la grande cavité thoracique chacune par une membrane convexe, fortement plissée en travers, sonore, appelée timbale, et du reste de l'abdomen par une cloison cornée. Ces cavités sont échancrées à leur partie inférieure de manière à communiquer avec l'air extérieur quand l'abdomen est relevé. La cavité intermédiaire présente dans le bas deux membranes ovalaires, irisées, très minces, que Réaumur appelle miroirs. La cavité thoracique communique avec l'abdomen par une large ouverture formée en bas et latéralement par deux muscles très robustes réunis à leur partie inférieure et terminés chacun par un disque qu'un tendon relie aux timbales. Les opercules ne sont destinés qu'à protéger les ouvertures de ces cavités et ne peuvent que modifier un peu le son. Quand on prend une Cigale mâle, elle jette d'abord des cris très forts et différents des sons qu'elle émet lorsqu'elle est libre; elle agite vivement
l'addomen et les ailes dont les nervures basilaires et véticuleuses se renflent et s'aff'aissent alternativement; mais ces mouvements ne sont pas la cause du son, qui dépend absolument de la volonté de l'insecte, car ce dernier cesse souvent son cri sans cesser de se débattre et d'agiter l'abdomen et les ailes.
Les Cigales s'envolent^ avec une grande facilité^ et il est difficile de les saisir, car elles se cachent quand elles voient qu'on les recherche et se taisent parfaitement à ce moment.
Leurs larves, qui vivent en terre, sans doute dans les vieilles souches d'arbres ou dans un terreau végétal, ne ressemblent guère à l'insecte parfait; elles sont grosses, assez courtes ; leurs cuisses antérieures sont grosses, un peu comprimées, armées en dessous de fortes épines et semblent former une pince avec la jambe courte, arquée, très pointue, concave en dedans, et protégeant le tarse d'un seul article qui s'y trouve quelquefois presque caché. La forme de ces pattes antérieures varie du reste suivant les espèces.
Les cavités abdominales sont recouvertes par des opercules assez variables. Ils sont très grands et soudés au milieu chez l'espèce suivar^te :
C plebeja, 45 à 50 mill., d'un fauve un peu grisâtre en dessous, noire en dessus, saupoudrée dans les endroits déprimés d'une pubescence farineuse, blanche; une tache au-dessus de chaque antenne et sur le milieu du front,^ d'un jaune d'ocre; corselet de cette dernière couleur avec des bandes noires sur les saillies, mésothorax noir bordé en arrière de jaune d'ocre, quelques bandes noires sur les cuisses antérieures et sur les jambes^ base des élytres
tachée de noir, leur côté externe jaune d'ocre, bordé de brun en dedans ; tête très large, yeux très gros, cuisses antérieures armées de deux épines aiguës, écartées; très commune dans tout le midi de la France, son cri est assourdissant.
Ils sont plus petits, libres au milieu, soudés seulement en arrière chez la suivante .C. oimi, 38 à 40 milL, plus allongée^ plus cylindrique ; d'un fauve un peu brunâtre, à fine pubescence soyeuse, argentée; corselet varié de noir, ayant au milieu une bande jaune bordée de noir; métathorax à grandes bandes noires, longitudinales, souvent confondues ; abdomen annelé de brun en dessus, élytres transparentes, ayant, vers le milieu de la côte externe, un stigmate d'un jaune assez clair; quatre taches brunâtres sur les nervures d'anastomose, et sept taches beaucoup plus petites vers l'extrémité des nervures, de même couleur; pattes jaunes, cuisses antérieures à deux épines très courtes ; très commune dans le midi de la France , surtout dans les Landes , sur les Pins maritimes.
Ils sont extrêmement petits, presque rudimentaires, chez les espèces suivantes, qui n'ont que deux épines ou même une seule aux cuisses antérieures. C. hœmatodes, 1 milL, noire, une petite tache au-dessus des antennes et au milieu du front; bord antérieur et postérieur du corselet et cinq stries, une large bordure apicale du mésothorax, d'un rouge un peu jaunâtre; segments abdominaux liserés de même couleur, base et nervures des élytres et des ailes de même couleur ainsi que les pattes qui ont quelques bandes noires; cuisses antérieures armées de deux épines très fortes; France méridionale, remonte
jusqu'à Lyon et en Bourgogne ; assez commune aux environs d'Auxerre; Fontainebleau.
*^ C. cisticola^ 30 mill., noire, à pubescence d'un gris soyeux; prothorax ayant une étroite bordure postérieure et une ligne médiane, rousses; mésothorax largement bordé de roux avec Técusson et quelques macules dorsales, roux; segments abdominaux à bordure apicale rousse presque effacée au milieu^ pattes rousses, genoux un peu obscurs, nervures rousses, la costale un peu enfumée à l'extrémité ; ailes un peu rougeâtres à la base, avec une nervure presque noire; corselet à côtés presque droits, mais brusquement élargis à la base en oreillettes, non étranglé en avant; cuisses antérieures n'ayant qu'une épine, nervures basales des élytres également distantes à la base ; France méridionale, rare. Ressemble en petit à la C. hœmatodes, en diffère par les cuisses antérieures n'ayant qu'une épine, par les côtés du prothorax profondément excisés avant les angles antérieurs, le prothorax maculé de roux et le bord externe des élytres plus arrondi. Les opercules sont bilobés.
Dans les espèces suivantes les cuisses antérieures ont trois dents, les opercules sont courts, mais assez larges. ^C. a^m, 27 mill., noire, à pubescence soyeuse, roussâtre ; tête ayant quelques petites taches rougeâtres, prothorax ayant une étroite bordure postérieure, une bande médiane n'atteignant pas les bords, et de chaque côté, une grande tache transversale roussâtres; mésothorax ayant à la base deux petites linéoles roussâtres ainsi que les côtés et l'écusson, nervures des élytres, fauves, les deux externes un peu rapprochées ; abdomen d'un brun rougeâtre, les segments plus foncés à la base; plus trapue
que la montana, prothorax aussi large que le mésothorax,
maculé de roux; segments abdominaux non nettement marginés, élytres plus larges, cellule basilaire plus courte, plus large ; France méridionale. — C. tomentosa, 32 milL, noire; prothorax bordé de jaune, ligne médiane jaune, parfois obsolète, flancs d'un jaune orange, bordés de noir en dessous; les deux sillons du disque, noirs; mésothorax noir, les bords et deux traits jaunes, ainsi que les bords de la plaque scutellaire; front noir, à sillon assez large, sommet du vertex obtusément triangulaire, échancré et à lobes obtus; ventre jaune, segments noirs à la base, dessus de l'abdomen noir, segments marginés de jaune; élytres à cellule basilaire, extrémités des nervures intermédiaires, nervures apicales et anguleuses, noires; 1" cellule apicale légèrement enfumée aux nervures ; France méridionale. — X'. montana, 24 à 27 milL, noire, sans taches sur le thorax, seulement une étroite bordure rousse au-devant du mésothorax et à l'extrémité de l'écusson ; segments abdominaux étroitement marginés de roux en dessus, en dessous un peu brunâtres à la base et surtout aux angles ; cuisses à linéoles brunes, et à trois dents ; prothorax plus étroit que le mésothorax, à côtés droits étranglé en avant avec des angles obtus, mais brusquement élargi de chaque côté à la base en oreillette tronquée; cuisses antérieures à trois épines, noires; Savoie, Bar-sur-Seine, Lardy, Toulouse. -*^C. argentata, 24mill., même forme et même coloration, seulement l'écusson à bordure jaune plus large, remontant sur le sommet; côtés du prothorax plus arrondis, la pubescence plus marquée; quelquefois le pro thorax est roux, varié de noir ; le mésothorax a des bandes rousses et l'écusson est
largement roux; France méridionale, Basses-Alpes ; n'est probablement qu'une variété de la précédente.
3« DIVISION. - STERNORHYNQUES.
Cette division pourrait à la rigueur être regardée comme une section des Homoptères si l'on ne considère que la consistance des ailes ; mais il y a de telles différences, d'abord dans l'insertion du rostre, puis dans le nombre des ailes, et enfin dans le mode de reproduction de ces insectes, qu'une division spéciale parait bien motivée pour eux.
Ces insectes, de taille généralement fort petite, sont surtout caractérisés par l'insertion du rostre qui semble sortir du sternum, presque entre les pattes antérieures et intermédiaires. Déjà, dans la division, précédente, on voit le rostre naître au-dessous de la tête, bien près des pattes antérieures ; mais ici la rétrogression est encore plus marquée. En outre, beaucoup de femelles sont aptères, et souvent les mâles sont dépourvus de rostre et n*ont que deux ailes. Ces dernières présentent une innervation bien plus simple que celle des Homoptères, les nervures sont moins nombreuses, rarement bifurquées, et aboutissent au bord même de l'aile ; souvent elles sont fort incomplètes.
Ces insectes sont, en grande partie, d'une petitesse qui rend leur étude difficile ; mais nous ne pouvons passer sous silence un groupe qui renferme les innombrables légions de pucerons, nuisibles à tant de plantes, et les cochenilles qui attaquent les végétaux de nos serres en même temps qu'elles fournissent des matières colorantes à la peinture et à l'industrie.
Cette division comprend trois familles :
I. Un rostre dans les deilx sexes. Insectes sauteurs, toujours ajlés Psyllides.
II. Un rostre dans les deux sexes (sauf les Phylloxéra). Insectes marcheurs, rarement aptères et à vie souterraine. Individus ailés toujpurs à quatre ailes. 9 toujours agiles. Aphides.
m. Rostre nul chez les cf qui n'ont que deux ailes. 9 toujours aptères et presque toujours immobiles, souvent déformées . . . Coccides.
FAMILLE DES PSYLLIDES
Les Psylles (Psylla) sont de jolis insectes rappelant assez bien, en très petit, les Cigales, par la forme générale de leur corps, leurs ailes transparentes en toit, le grand oviducte des femelles et le développement du mésothorax. Ils s'en rapprochent aussi un peu par leurs métamorphoses, car ils présentent, à l'état de larve, un corps assez différent de celui de l'insecte parfait, comme on le voit chez les Cigales. Leur tète est large, courte, bilobée ou bifide; les yeux sont globuleux, très saillants,
178 FAUNE ÉLÉMEiNTAIRE
débordant de beaucoup le corselet ; les antennes, longues et très grêles, sont insérées sous les yeux ; les deux premiers articles sont courts et épais, le corselet est partagé en trois portions par des sillons transversaux, dont l'antérieur, fortement arqué, sépare le prothorax du mésothorax ; récusson est court, les élytres sont amples, transparentes, rarement maculées de brun, parfois roussâtres, et leurs trois nervures aboutissent directement au bord externe ; les tarses n'ont que deux articles, le dernier, le plus long, avec deux crochets. Bien que leurs pattes postérieures ne soient ni renflées, ni notablement plus longues, ces insectes sautent avec une grande facilité. Les espèces de Psylles sont très nombreuses et vivent sur des végétaux très variés. Leurs larves sont fort différentes des insectes parfaits et quelques-unes sont transparentes. P. Forsten, 4 mill. 1/2, d'un jaune plus ou moins nuancé de vert, ou plutôt d'un vert pâle, passant au jaunâtre, surtout après la mort; élytres hyalines à nervures vertes ou jaunes, tête profondément bilobée, 1"^'' article des antennes très gros, le 2^ plus petit ; ailes faiblement teintées de jaunâtre, transparentes et brillantes; commun sur les aulnes. — P. flavipennù, 4 mill., roussâtre, avec quelques linéoles plus pâles ou une teinte obscure sur le corselet; élytres rousses, brillantes, fortement arrondies en dehors, à nervures très saillantes; assez commun dans les endroits humides.
Nous citerons encore : P. pyri, sur les poiriers auxquels il cause quelques dommages ; P. spartiophila et spartii qui vivent sur un genêt, Spartium scoparmm; P. cratœgicoîa, commun sur le Crataegus oxyacantha; P. buxi, sur le buis ; P. fraxini^ sur les frênes ; P. myrtiy
sur les myrtes ; P. rhododendri, sur les rhododendrons, etc.
Le P. ficus y 5 à 5 mill. 1/2, roussâtre ou verdâtre, avec les élytres transparentes, à nervures rousses, tachetées de brunâtre, ainsi que le bord externe; est très commun dans le Midi sur les figuiers et remonte jusqu'à Paris où il est fort rare, bien qu'il ait été signalé par Geoffroy. Il se distingue des autres Psylles par ses antennes épaisses, velues ; la tête dépourvue de saillies coniques, et les élytres moins arrondies à l'extrémité. Il est le type du G. Hoiitotonia.
Le G. liivia diffère des Psylles par la tête carrée, concave, prolongée de chaque côté en un tubercule conique, les yeux peu saillants, triangulaires, les antennes courtes, avec les deux premiers articles grands, épais, le dernier article un peu épaissi, terminé par deux soies fines, et les élytres plus opaques. L. juncorum, 2 mill., d'un brun ferrugineux, milieu des antennes pâle, élytres d'un roussâtre clair, à peine transparentes, fortement arquées au bord externe à la base, à nervures saillantes, les intervalles finement coriaces ; sur les joncs , peu commun.
FAMILLE DES APHIDES
Les Apbides comprennent ces légions de pucerons qui pullulent sur les pousses tendres des arbres, des buissons.
des plantes sauvages ou cultivées, et parmi lesquelles on distingue, d'une manière fâcheuse, le Puceron lanigère et le trop fameux Phylloxéra. Ces insectes qui, pour la plupart et quand ils sont ailés, ressemblent beaucoup aux Psylles, s'en distinguent en ce qu'ils ne peuvent sauter, qu'ils sont très souvent aptères et vivent parfois sous terre, et enfin qu'ils se propagent presque par des bourgeons, comme certains lys se multiplient par les bulbilles qu'on voit dans l'aiselle des feuilles. Leur corps est aussi bien plus mou, parfois recouvert d'une matière cotonneuse qui, chez quelques espèces, enveloppe tout le corps.
I. Insectes ailés au moins chez les mâles. Des comicules à l'extrémité de l'abdomen.
A. Antennes de sept articles, aussi longues
ou plus longues que le corps Aphis.
B. Antennes de quatre à six articles, pas plus longues que la tête et le thorax.
a. Ailes supérieures à nervure cubitale < bifur-
quée Lachnus.
b. Ailes supérieures à nervure cubitale simple non bifurquée.
*. Antennes de six articles Pemphigus.
♦*. Antennes de cinq articles. Ailes en toit. . Adelges. ***. Antennes de trois articles. Ailes horizontales Phylloxéra.
II. Insectes toujours aptères, à vie souterraine. Abdomen dépourvu de cornicules.
A. Antennes de quatre à six articles.
a. Dernier article des antennes obtus, plus
long que le précédent Rmzoïcus.
6. Dernier article des antennes pointu, beaucoup plus petit que le précédeut. ; . . . Forda.
B. Antennes de sept articles.
a. Tarses postérieurs de deux articles. . . . Paracletus.
b. Tarses postérieurs longs, d'un seul article. Trama.
La première section des Aphides est extrêmement
* La nervure cubitale est celle qui court parallèlement au bord externe, plus forte, plus épaisse que les autres, s'élargissant ayant l'extrémité en une tache obloiiguc appelée stigmate, et donnant naissance, sur son parcours, à trois ou quatre nervures obliques.
nombreuse. Les yeux sont globuleux, saillants ; les ocelles sont distincts, l'abdomen est terminé par deux petites pointes plus ou moins coniques, appelées cornicules, qui sécrètent une matière sucrée, limpide, transparente, noire, brune, jaune, rouge ou verte, suivant les espèces, et s'épaississant à l'air. Réaumur dit qu'elle est aussi douce que le miel et d'un goût plus agréable. C'est cette eau mielleuse qui attire un si grand nombre de fourmis sur les plantes garnies de pucerons, ce que les anciens naturalistes avaient attribué à une certaine amitié et sympathie que la fourmi aurait pour le puceron. Ces insectes ont la démarche lente et assez pénible, bien que leurs pattes soient longues et grêles ; ils se remuent peu et se tiennent en masse, immobiles, sur les végétaux dont ils sucent la sève. La prodigieuse quantité de ces insectes s'explique par la manière dont ils se propagent. Au printemps, les jeunes pucerons sortent de véritables œufs; ils sont peu nombreux encore, mais au bout de peu de temps ils donnent naissance, non pas à des œufs, mais à déjeunes larves, toutes vivantes, qui, à leur tour et parvenues â une certaine grosseur, pondent encore de nouvelles larves vivantes, de sorte qu'en quelques mois on peut compter de neuf à onze générations. Mais, en automne, ce mode de propagation par bourgeonnement cesse. Il y a des mâles et des femelles, lesquelles pondent des œufs pour passer l'hiver, et de ces œufs sortent ces insectes à l'état larvaire dont nous venons de décrire les évolutions. Les pucerons se tiennent ordinairement dans les endroits abrités du vent, où les plantes offrent un tissu plus tendre ; aussi les rencontret-on abondamment dans les endroits cultivés et les jar-
dins. Cependant les plantes basses en nourrissent proportionnellement moins d'espèces que les arbres ; la plupart n'en ont qu'une, tandis que le chêne en a au moins six, les saules sept ou huit, l'orme quatre, etc. Les pucerons qui vivent sur le tronc ne sont pas les mêmes que ceux des branches, et ces derniers sont différents de ceux qui sucent les bourgeons. Les nombreuses piqûres faites par ces insectes réunis en groupes, et peutêtre l'inoculation d'un liquide spécial déterminent parfois sur les plantes un afflux de sève, une hypertrophie du tissu qui fait gonfler les parties attaquées et saillir des excroissances souvent caverneuses et vésiculaires, remplies quelquefois de pucerons.. Ces insectes seraient encore bien plus nombreux s'ils n'étaient la proie d'ennemis acharnés qui les dévorent par centaines. Les larves d'Hémérobes, de plusieurs mouches de la tribu des Syrphides, les poursuivent continuellement, ainsi que les larves des Coccinelles et des Scymnus ; plusieurs petits Hyménoptères, des Chalcidides notamment et quelques Braconides, les Aphidius surtout, déposent leurs œufs dans leur corps, comme on peut le constater facilement sur les branches de rosiers où, parmi les pucerons verts, on en voit d'autres, d'un jaune opaque, qui sont attaqués par les parasites. Il y a aussi une petite mite rouge, Acarus coccineus^ qui les suce et se nourrit de leur substance. Le seul moyen de débarrasser les arbustes de ces hôtes incommodes, est de les écraser en brossant la plante ; on peut aussi laver les branches avec de l'eau de savon ou une émulsion d'huile de pétrole. On les enfume aussi avec du tabac qui les fait tomber immédiatement, mais ne les tue pas.
Aphis. — Ce genre est limité aux espèces dont les antennes composées d'e sept articles sont aussi longues ou plus longues que le corps, et renferme le plus grand nombre des pucerons. Chez les uns, les antennes sont très voisines à la base, avec le front canaliculé : A. rosœ, 2 à 3 milL, allongé, vert, cornicules longs, noirs ; les individus ailés verts ou brunâtres, avec des taches d'un noir brillant sur le thorax et les côtés de l'abdomen ; sur les jeunes pousses des rosiers, sur les tiges florales, en familles ordinairement nombreuses ; se retrouve quelquefois sur les chardons et les scabieuses. — A.jaceœ^ 2 i/2 à 3 mill. , d'un brun foncé, à reflet bronzé en dessus, cornicules et pattes noirs, ces dernières annelées de roux; en familles sur les chardons, les centaurées, les scabieuses. — A. pis?', 2 1/2 à 4 mill., d'un vert pré, souvent avec des bandes plus foncées; antennes d'un jaune brunâtre, cornicules longs, brunissant vers l'extrémité, genoux et jambes brunâtres, tarses noirs; vit sur des plantes très variées : les pois, Onom's, Lotus^ Lathyrus^ trèfles, genêts, cerfeuils, etc. Chez d'autres, les antennes sont écartées, avec le front plan ou convexe : A. humuli^ 1 1/2 à 2 mill., 1" article des antennes fortement denté, d'un vert clair, avec des raies plus foncées sur le dos allongé, finement rugueux, cornicules blanchâtres, allongés, atténués vers l'extrémité; très abondant sous les feuilles des houblons, plus rarement sur quelques autres plantes, comme épine noire, où il est très recherché par les fourmis, tandis qu'elles le laisse tranquille sur le houblon. — A. lactucœ, 1 1/2 à 2 mill., allongé, presque parallèle, acuminé en arrière, d'un vert clair, brillant, cornicules d'un jaune pâle, épaissis au milieu; les indivi-
dus ailés d'un brun brillant passant au noir, avec Tabdomen vert, maculé de noir, ailes transparentes, à nervures brunes, base de l'aile, nervure costaleet stigmate d'un blanc jaunâtre ; en colonies nombreuses entre les fleurs des So)îchus. — A. ri'bis, 1 à 1 1/2 milL, ovalaire-oblong, convexe, d'un jaune citron, cornicules grêles d'un jaune blanchâtre; les individus ailés ont des taches brunes sur le thorax, l'abdomen a une grande tache carrée noire sur le milieu avec d'autres petites sur les côtés; sur les groseilliers, roulant les feuilles de manière à former quelquefois des paquets en forme de boule rougeâtre. On trouve sur le même arbrisseau un autre puceron, A. grossulariœ^ qui se distingue par sa couleur mate, d'un vert bleuâtre, et qui se tient seulement sur le pédoncule des feuilles et dans l'aisselle des branches. — A. papaveris, 1 1/2 à 2 milL, ovalaire, très convexe, d'un noir mat, saupoudré de noir, antennes d'un brun foncé, 3" et 4^ articles et base du 5" blancs, cornicules médiocrement longs, plus épais à la base; les individus ailés noirs, avec l'abdomen passant du vert foncé au noir, antennes noires; très commun et très abondant sur des plantes très diverses, sous les feuilles des pavots, sur les fèves, en outre sur le séneçon, la valériane, la laitue, la bette, les haricots, etc. — A. cerasi, 1 l/2mill., ovalaire, large, noir, chagriné et brillant en dessus, mat en dessous, antennes noires, 3- article jaunâtre; les individus ailés sont noirs, brillants, avec l'abdomen brun, nuancé de verdâtre; sur les cerisiers, à l'extrémité des jeunes pousses et sous les feuilles que ce puceron roule fortement de manière à déformer la branche. — A. persicae, 1 à 1 1/2 mill., ovalaire, d'un brun brillant en dessus,
d'un vert olive en dessous, cornicules petits ; les individus ailés d'un noir brillant, abdomen d'un gris verdâtre; en nombreuses familles sur l'extrémité des branches des pêchers, et sur les feuilles que ce puceron fait contourner et rouler de manière à gêner la végétation ; les fourmis le recherchent beaucoup. — Enfin, chez d'autres, les antennes sont insérées immédiatement sur le front. — A . urticœ, 2 1/2 à 3 mill., vert, à lignes dorsales foncées, fortement rugueux, pattes et antennes d'un jaunâtre sale ; les individus ailés sont verts avec le thorax taché de brun, antennes noires ; sur les orties en familles peu nombreuses^ quelquefois sur le Géranium Robertianum ; en août et septembre. — A. sambuci, 1 1/2 à 2 milL, largement ovalaire, très convexe, noir, à reflets bleuâtres, cornicules longs ; les individus ailés d'un noir brillant, avec l'abdomen d'un vert foncé, cornicules longs et grêles^ stigmate des ailes d'un brun grisâtre ; en familles nombreuses et serrées sur les jeunes pousses des sureaux. — A. brassicœ^ 1 1/2 mill., ovalaire, convexe, obtus en arrière, d'un vert grisâtre, saupoudré de gris bleuâtre avec des rangées de points noirs sur l'abdomen; les individus ailés sont bruns, saupoudrés de gris, avec l'abdomen vert, vaguement rayé de brun ; commun sous les feuilles et dans les fleurs des choux, raves, etc. — A. capresSy 1 1/2 mill., oblong, acuminé en arrière, vert, à ponctuation grosse et profonde, cornicules longs et claviformes; les individus ailés verts, maculés de brun ou de noir; sur toutes les espèces de saules, à l'extrémité des jeunes pousses et sous les feuilles ; parait se trouver aussi sur diverses plantes de la famille des ombellifères, angéliques, panais, cerfeuil, etc. — A. cardui^ 1 1/2 mill., lar-
186 FAUNE ÉLÉiMENTAIRE
gement ovalaire, convexe, d'un vert uniforme ou noir en dessus, très brillant; sur les mauves, le séneçon et les chardons. — A.populi, 1 1/2 à 2 milL, largement ovalaire, pubescent, en dessus d'un noir brillant, d'un vert mat en dessous, cornicules très courts, cylindriques ; les individus ailés d'un noir brillant avec l'abdomen vert, stigmates des ailes grand et noir; en familles nombreuses sous les feuilles des trembles et du peuplier noir.
Ijacliiius. — Antennes de quatre à six articles, chaque article annelé, pas plus longues que la tête et le thorax réunis; abdomen n'ayant aucune trace de cornicules saccharifères ou ne présentant que des tubercules glanduleux, pas de tube anal, ailes en toit, les antérieures à quatre nervures, la cubitale bifurquée, les postérieiires à deux nervures. Tous ces insectes vivent sur les arbres ; les uns piquent l'extrémité des pousses tendres et en mêlent si bien les feuilles que la branche ressemble à une houppe; un autre roule les feuilles de l'orme pour y trouver un abri contre la mauvaise saison. Beaucoup sont plus ou moins recouverts d'une sécrétion blanche, pulvérulente ou cotonneuse,. L. corni, 1 1/2 à 2 mill., d'un noir brillant ; abdomen blanc à la base et à l'extrémité, ailes hyalines, à nervures et à stigmate noirs; les aptères ovalaires, d'un noir mat, sauf l'abdomen brunâtre, avec l'extrémité d'un jaune verdâtre; abondant en mai et juin sur le cornouiller [Cornus sanguinea). — L. lam'ger, 1 1/2 à 2 mill., bien connu sous le nom de puceron lanigère et par les dommages qu'il a causés dans le nord de la France ; d'un fauve pâle, couvert d'une sécrétion cotonneuse très blanche; yeux très petits, antennes jaunâtres, les trois derniers articles presque égaux ; les
aptères d'un noir brillant, abdomen d'un brun chocolat, couvert de longues touffes blanches ; antennes courtes, dernier article lisse, elliptique. Ce puceron vit exclusivement sur les pommiers dont il attaque les jeunes pousses, en même temps que le tronc et les racines ; ses piqûres déterminent des excroissances galletises d'où le puceron tire sa nourriture ; au bout de quelques années ces galles ne grossissent plus, durcissent et deviennent impropres à la nourriture des parasites, qui les abandonnent. On voit souvent ces insectes réunis par grandes masses cotonneuses, soit sur les branches, soit dans les anfractuosités du tronc des pommiers, et le meilleur moyen de les détruire est de les saupoudrer de cendres et de les humecter avec l'huile de pétrole ; on peut aussi promener rapidement sur eux des torches de bois résineux ou de paille allumées ; mais il faut être très prudent dans cette opération, qui ne peut guère avoir lieu qu'en hiver. On a cru que ces pucerons, qui sembleraient n'avoir pas été con nus avant le commencement de ce siècle, sont venus d'Amérique, comme le phylloxère de la vigne; mais cette opinion n'est guère soutenable. — L. pinicola, 3 à 4 mill. , brun, lisse, poudré de gris, antennes jaunes, 1" article et extrémité des 3 derniers noirs, pas de cornicules ; les individus ailés d'un brun noir avec l'abdomen brunâtre, nervure costc^le qrune, stigmate brunâtre ; en colonies nombreuses, sur les jeunes pousses des sapins, entre les feuilles. — L. fagi, 1 1/2 mill., jaune ou verdâtre, entièrement couvert d'un duvet cotonneux blanc, quelquefois long de 15 mill., quand l'insecte est âgé, très court au contraire quand il est jeune, et s'enlevant au moindre frottement; sous les feuilles des hêtres. — L. roboris,
2 à 3 milL, l'un des plus gros pucerons, d'un brun noirâtre un peu métallique, avec les pattes postérieures très longues; les ailes sont transparentes avec les nervures et de larges fasciès brunes ; commun sur les branches des vieux chênes; se rencontre accidentellement sur les pins. — L. quercûs, 4 à 5 1/2 milL, d'un brun brillant ou presque noir, rostre grêle, arqué, trois fois aussi long que le corps ; ailes transparentes, avec la côte brune, noire à l'extrémité; les individus qui naissent dans l'ar rière-saison ont souvent le rostre bien plus court ; sur les vieux chênes, au pied, enfonçant le rostre dans les fentes de l'écorce, de telle sorte qu'il est difficile de les retirer sans les casser. Cette espèce est souvent tourmentée par les fourmis noires pour obtenir la miellée que secrète leur abdomen. — L. lanuginosus, 2 mill., noir, abdomen couvert d'un duvet blanchâtre, plus serré vers l'extrémité ; les aptères, d'un noir mat, couverts d'un duvet cotonneux d'un blanc bleuâtre ; antennes très courtes; sur les ormes, où il forme, sur le pétiole ou la côte médiane des feuilles, des galles velues, variant de la grosseur d'une noix à celle du poing. Ces galles diffèrent de celles de l'espèce suivante, qui sont lisses, par leur taille bien plus grande et leur surface pubescente ; elles sont parfois assez multipliées pour absorber presque toute la substance de la feuille qui les porte, et elles donnent une singulière apparence aux branches d'orme. Il est à remarquer qu'on ne les voit que sur des taillis ou buissons d'orme et non sur des arbres véritables. — L. ulmi, 2 milL; les individus sans ailes sont verts, sans matière cotonneuse, avec des antennes de quatre articles ; les individus ailés sont noirs, avec l'abdomen d'un vert foncé, un peu saupoudré
de matière farineuse, et les antennes de six articles ; vit dans les galles qu'il détermine sur les feuilles des ormes et qui varient de la grosseur d'un petit pois à celle d'une fève; ces galles, qui sont d'abord vertes, jaunissent ensuite et finissent par brunir; elles sont quelquefois assez nombreuses pour que leur poids fasse fléchir les branches.
Peiiipliigus. — Ces Aphides vivent souvent dans les galles que leurs piqûres déterminent. P. affinis, 2 mill., noir, avec l'abdomen d'un vert foncé, couvert d'un duvet cotonneux assez long; souvent en masses sur les feuilles du peuplier noir, qui sont pliées en deux et couvertes de tubérosités rougeâtres. — P. bursarïus, 2 mill., épais, très convexe, d'un vert foncé, couvert d'un duvet cotonneux blanchâtre, court, antennes courtes; rostre atteignant la deuxième paire de pattes ; ailes grandes, transparentes ; vit dans les galles qu'il détermine sur les feuilles de divers peupliers. — P. lonicerœ, 1 1/2 mill., vit sur les feuilles des chèvrefeuilles et est couvert d'un duvet encore plus long que celui du puceron du hêtre.
Adrlges. — Genre peu nombreux. A. abietis, 1 mill., qui vit dans les grosses galles vertes qu'il fait pousser à la base des jeunes branches des jeunes sapins, et est d'un jaune brunâtre, avec la poitrine, avec le prothorax variés de brun, le dessus de l'abdomen nu, d'un jaune roussâtre, recouvert en avant d'une pruinosité un peu cotonneuse. — A. laricis, 2/3 mill., qui vit sur le mélèze; les individus ailés sont bruns, un peu farineux, le devant du prothorax et l'abdomen d'un vert jaunâtre ; les aptères sont larges, d'un brun noir, enveloppés d'une masse cotonneuse, longue et blanche. — A. strobilobius^ 1 mill., d'un brun roussâtre obscur, avec une tache farineuse sur
l'extrémité de l'abdomen ; vit dans les petites galles un peu coniques qui se trouvent à l'extrémité des branches de sapin.
Plij'lloxera. — Le type de cette coupe générique trop connue est un puceron extrêmement petit qui vit sur les feuilles des chênes, où il détermine des plaques rouges, ce qui lui fait donner le nom de P. coccinea. Ce genre fait une sorte de transition entre les Aphides et les Goccides parce que, à une certaine période d'évolution, il apparaît des mâles et des femelles dépourvus d'ailes et de rostre ; mais ces dernières sont toujours agiles et très peu différentes des mâles, et d'ailleurs, dans les états intermédiaires, les individus ailés ont toujours qifatre ailes.
Nous nous étendrons un peu sur les mœurs du Pkylloxera vastatm'x, connu par ses ravages dans nos vignobles. Cet atome nuisible, venu probablement d'Amérique avec des plants de vignes de ce pays qui paraissent bien moins sensibles que les nôtres, pullule avec une effroyable fécondité. Quand il sort de l'œuf, il monte sur les feuilles terminales les plus tendres, y enfonce son rostre et détermine un afflux de sève, formant un bourrelet qui s'élève peu à peu et finit par le recouvrir. Caché dans cette espèce de galle, le Phylloxère grossit, change plusieurs fois de peau et pond bientôt, non pas des œufs, mais des gemmes, des œufs-bourgeons si l'on veut, et au nombre, dit-on, de 200 à 800, qui éclosent au bout d'une huitaine de jours. A leur tour, ces jeunes Phylloxères s'établissent sur d'autres pousses tendres, forment de nouvelles galles et recommencent le cycle de leur évolution. On comprend qu'avec cette rapidité de multiplica-
tion, les vignes se trouvent couvertes d'ennemis qui changent de tactique vers la fin de juin ou le commencement de juillet. A ce moment, les Phylloxères ne montent plus vers les jeunes pousses, ils descendent le long des sarments et se dirigent vers les racines sur lesquelles ils se fixent en s'arrêtant le plus souvent sur l'extrémité des radicelles qui, plus tendres, conviennent mieux au genre de nourriture de ces insectes, et sur lesquelles ils déterminent aussi des galles. 'Là, ils accomplissent leurs mues, mais avec certaines modifications importantes. Jusqu'à présent, tous ces petits insectes étaient aptères ; mais maintenant, pendant que la généralité des Phylloxères se reproduisent de la manière indiquée plus haut, on distingue, à la 3^ mue, quelques individus montrant des fourreaux d'ailes et qui, à la 4^ mue, sont ailés. Ceux-ci ne continuent plus la série de reproduction larvaire ou par gemmation ; ils donnent naissance à de nouvelles pupes d'où sortent enfin des Phylloxères doués des deux sexes, mais dépourvus d'ailes et de rostre, et qui recommencent la série en pondant des œufs d'où sort une nouvelle génération gemmipare, tandis que les autres continuent à se propager, peut-êre indéfiniment, par gemmes ou pupes, comme certaines plantes de la famille des liliacées qui, outre les bulbes et les graines, se reproduisent par des bulbilles poussant dans l'aisselle des feuilles. En Amérique, les vignes paraissent être attaquées surtout aux nouvelles pousses et les dommages sont relativement peu considérables; mais nos vignes françaises semblent moins favorables à la formation des galles aériennes^ et c'est surtout aux racines que le Phylloxéra s'adresse malheureusement. C'est à raison de cette
préférence donnée aux racines que l'on préconise la multiplication des vignes américaines, qui sont bien moins sensibles que les nôtres ; mais il ne faut pas oublier que greffer de nos espèces sur ces souches américaines est indispensable si l'on veut obtenir des vins ayant les qualités requises dans nos produits. Les raisins de Nouveau- Monde ont presque tous un goût qui ne plaît généralement pas et qui rend ce vin peu agréable.
Un mot seulement sur les remèdes proposés, afin de détruire le Phylloxéra, L'emploi du sulfure de carbone enterré autour des ceps malades, au moyen de trous forés en terre, est très préconisé ; mais il paraît tuer pas mal de pieds de vignes. La submersion des vignes par des irrigations finit bien par tuer l'insecte ravageur ; mais elle n'est pas généralement praticable et déprécie notablement la qualité des produits ; en outre on peut se demander ce que deviendront les ceps de vigne quand ils auront subi cette culture de cressonnière. Disons qu'après une culture d'une longue série de siècles, la vigne, toujours multipliée par. boutures et marcottes et dans les mêmes terrains, a fini par perdre de sa vitalité et c'est son affaiblissement qui a facilité l'envahissement du parasite. Il faut revenir à des semis et rechercher, dans nos pays, des vignes redevenues sauvages et qui ont repris une nouvelle vigueur ; c'est ce que des viticulteurs intelligents ont déjà fait dans le sud-est de la France, mais leur exemple ne paraît guère suivi.
La seconde section des Aphides renferme les espèces qu'on ne connaît encore qu'à l'état aptère dans les deux sexes ; elles vivent sous terre, parfois sous les pierres ou au collet des plantes et ont généralement les yeux fort
i — Phylloxéra aplére femelle, jeune, ou larve; (dessous)
2 — Phylloxéra aptère femelle, jeune, ou larve; (dessus)
3 —- Femelle avec œuf imique 4 — Phylloxéra hy bernant 5 — Phylloxéra suçant une racine 6 — Femelle ailée 7 — Racine Phylloxérée 8 — Radicelle Phylloxérée 9 — Feuille Phylloxérée.
/tt^ . CJamaroTt - Gra^, /brcô .
petits ; les larves et les femelles sont ovalaires ; les mâles cylindriques ; le rostre, composé de cinq articles, est presque toujours aussi long que le corps ; le nombre des articles des tarses est variable et^l'abdomen est dépourvu de cornicules.
Le G. Rhizoicus renferme le R, pini^ 1 mill., brun, à villosité blanche, qui vit sur les racines du pin sylvestre.
— Le B. pilosellœ, 2 mill., jaune, antennes et pattes brunes, ces dernières très longues, vit sur les racines du Hieracium pilosella.
Le G. Forda est basé sur le F, vacca qui se trouve ans les endroits sablonneux, sous les pierres, en compagnie de fourmis ; on prétend que ces dernières enlèvent les pucerons et les gardent dans leurs habitations pour sucer la liqueur sucrée qu'ils sécrètent, bien qu'ils manquent de cornicules; ce puceron est ovale, épais, jaune ou d'un vert grisâtre, les antennes noirâtres à l'extrémité.
Le G. Paraeletiis ne renferme qu'une espèce ressemblant à une punaise, P, cimïciformis ; elle est ovale, d'un vert pré, l'abdomen avec quatre rangées de points enfoncés, a les pattes longues et vit dans les nids de la fourmi rousse, dont elle parcourt rapidement les galeries.
Enfin, le G. Xrania ne comprend aussi qu'une espèce.
— F. troglodytes^ 2 1/2 mill., ovale allongé, d'un jaune pâle ou d'un blanc grisâtre, velu ; commun sur les racines des chicorées, laitues, pissenlits, artichauts, en familles nombreuses, même au milieu des fourmis; fait beaucoup de tort aux cultures maraîchères. Le puceron qui vit sur les racines du maïs semble rentrer dans ce genre (Coccus Zeœ-Maidis),
FAMILLE DES COCCIDES
Cette famille est caractérisée par le manque de rostre chez les mâles qui n'ont en outre que deux ailes, et par l'immobilité des femelles après leur ponte ; ce dernier caractère ne se retrouve pas dans le G. Orthezia, qui, cependant, ne peut être séparé des Goccides. Ces femelles, qui sont aptères, recouvrent leurs œufs comme si elles les couvaient, et finissent par ressembler à une sorte de galle déprimée qui leur a valu le nom de gallinsectes. Quelques-uns de ces insectes sont connus depuis longtemps pour la belle couleur qu'ils fournissent aux arts et à l'industrie ; mais d'autres^ beaucoup plus nombreux, ont acquis une notoriété fâcheuse à raison des dommages qu'ils causent à plusieurs plantes cultivées.
Pendant que les femelles à rostre et à antennes courts, toujours aptères, épaisses, plus ou moins globuleuses ou ovalaires, à corps tantôt nu, tantôt recouvert d'une sécrétion et se déformant le plus souvent après la ponte, restent alors immobiles et vivent assez longtemps par familles plus ou moins nombreuses, les mâles, dépourvus de rostre, ayant de longues antennes, deux ailes ordinairement farineuses, ayant à l'extrémité de l'abdomen deux ou quatre filets plus ou moins longs remplacés quelquefois par des houppes soyeuses, sont très agiles et n'ont qu'une apparition éphémère. Ces insectes, connus sous
le nom de cochenilles, poux des plantes, Kermès, pullulent souvent de manière à recouvrir de leurs rangs serrés des troncs d'arbres assez gros.
Le G. Ortliezia diffère des autres Gocçides en ce que la femelle reste agile après la ponte ; elle esl remarquable, en outre, par les espèces de cristaux prismatiques, d'un blanc de craie, plus allongés en arrière, qui la recouvrent entièrement. Le corps est ovalaire, les yeux sont petits, saillants ; les antennes courtes, presque moniliformes, de huit articles ; le rostre est court, assez gros ; l'abdomen est grand, les tarses n'ont qu'un article avec un seul crochet. Les mâles sont très différents, allongés, recouverts seulement d'une pubescence blanchâtre, les yeux sont plus gros, les antennes beaucoup plus longues que le corps, velues ; ils ont deux ailes, demi-transparentes, ovalaires ; leur abdomen est terminé par des houppes soyeuses, et leurs pattes sont plus longues et plus grêles. Ils sont beaucoup plus rares que les femelles. 0. wHicœ Linn., 2 à 3 mill., d'un brun un peu roussâtre ; les plaques farineuses déposées symétriquement chez la 9 > celles du milieu un peu imbriquées, les latérales un peu obliques, plus longues, se recourbant du côté de l'anus ; ces plaques disparaissent très facilement par le frottement ; les ailes des çf sont brunâtres,, les filets abdominaux blancs. Commun dans toute la France; sur les euphorbes, les orties, le lierre terrestre, les Géraniums et, dit-on, sur les groseillers.
Chez les Aspidiotus, les femelles sont couvertes d'un bouclier plus ou moins arrondi, peu convexe, à pellicule mince, le bouclier des mâles est un peu oblong; une espèce se trouve communément sous les feuilles de
lauriers-roses cultivés et de beaucoup d'autres plantes de serres, A. nerii ; elle ressemble à une sorte de pou ovalaire, blanchâtre ou roussàtre. — Une autre vit sous les feuilles des camélias, A. camelix. — On trouve sur les genêts épineux, dans le Midi, l'A. ulich qui diflère à peine du nerii; sur les oliviers \A . villosus qui se tient sous les feuilles.
Les niasi»iii ne diffèrent guère du genre précédent; les boucliers des femelles sont également presque arrondis, mais ceux des mâles sont allongés^ carénés, blancs. Le D. ostreœformis se trouve sur les poiriers et les pommiers, mais surtout sur ces derniers qu'il fait périr quelquefois par la multiplicité des individus; le seul remède est de couper l'arbre au pied. — Sur les rosiers on trouve le D. rosse, qui ressemble beaucoup à V Aspidiotus nerii; les boucliers des mâles sont très petits, d'un blanc de neige, très carénés, et parfois si abondants que les rosiers paraissent couverts de moisissures.
Dans le G. Cliioiiaspis le bouclier qui recouvre les femelles est élargi en arrière, acuminé en avant, tandis que celui des mâles est allongé, parallèle, plus ou moins caréné. Le C. salicis est très commun sur les saules et quelquefois tellement abondant que les branches en sont couvertes.
Chez les iflytilaspis, le bouclier a la forme d'une petite moule ; un de ces insectes envahit souvent les branches des pommiers et des poiriers, parfois même les feuilles et les fruits, M. pomorum. D'autres s'attaquent aux feuilles des pins, surtout dans le Midi.
Les liecatiium présentent toutes les formes possibles, devenant même en boule complète, comme le
L. hesperidum^ sur les orangers; le L. aceris, sur les érables ; le L. malï^ qui vit à la fois sur les pommiers, les poiriers et les groseillers. Les L. persicae et rotundum vivent sur les pêchers ; ce sont eux qui couvrent les feuilles de ces arbres d'un enduit provenant de la matière sucrée ou miellée qu'ils exsudent, et non de la sève de l'arbre comme le croyait Réaumur. Ce miellat est la cause directe de la fumagine ou morfée, maladie qui ravage les orangers cultivés dans le Midi et qui est produite par un champignon microscopique se développant sur cette matière sucrée.
Les Kermès, Chermes, diffèrent des autres cochenilles en ce que les femelles finissent par passer à l'état de véritables galles, l'abdomen étant complètement déformé et ses segments cessant d'être distincts, étant recouverts d'une pellicule cornée due à une sécrétion de l'insecte et qui recouvre, l'insecte ainsi que sa progéniture. Ce genre renferme une espèce, C. vermillio^ anciennement connue ; elle est globuleuse et se trouve dans le Midi de la France sur le chêne kermès, Quercus coccifera; c'est d'elle qu'on tirait autrefois, avant l'introduction de la cochenille, une couleur rouge très estimée, et on l'appelait graine d'écarlate, graine de kermès. On a cru aussi fort longtemps que ce produit animal appartenait au règne végétal, et une expérience assez spécieuse semblait confirmer cette opinion : c'était la possibilité de faire de l'encre avec le kermès et le vitriol. Le kermès était aussi employé comme médicament et entrait dans la composition d'un sirop cordial connu sous le nom d'alkermès. — Le Kermès oblong du pécher, C. persicœ est commun sur les branches des pêchers qu'il rend
toutes galeuses. — Le Kermès de l'orme, C. ulmi, se trouve surtout dans la bifurcation des branches qui ont un ou deux ans ; vers le milieu de Tété, quand l'insecte a pris tout son développement, il ressemble à une petite masse ovale, d'un rouge brun, entourée d'une espèce de cordon blanc et cotonneux qui ne laisse à découvert que la partie supérieure du corps ; cette matière sert de nid aux petits. — On trouve sur nos chênes le C, reniformis^ sur les tilleuls, le C. tilise ; il y a aussi les C. vitis, salim, etc.
Le nom de Coeeum est réservé au genre qui renferme la cochenille, C. cacti, qui vit sur les Opuntia ou cactus à raquettes, et dont nous devons dire quelques mots, bien qu'elle soit exotique, à cause de l'admirable couleur de carmin si employée dans les arts et l'industrie. Originaire du Mexique, elle fut apportée en Europe dès le commencement du xvie siècle ; pendant longtemps, on l'employa sans la connaître et on la prenait pour une espèce de graine, erreur assez facile à concevoir, car ces petits grains ridés et gris n'offrent guère que l'aspect d'un insecte, et on l'appelait graine d'écarlate. Transportée d'abord aux Canaries, puis aux îles de la Sonde, elle a été introduite en Algérie, mais ne paraît pas y être répandue, malgré quelques essais heureux. Une autre espèce, C. lacca, de la Chine, donne la gomme laque, produite par une exsudation de la plante piquée par l'insecte, lequel est lui-même enveloppé dans cette sécrétion résineuse.
TABLE DES MATIÈRES
Pages
Pages.
Abdorainalis. Deltoc.
Anomaloptera.
Abietis. Gastr.
Anîhochoris.
Abutilon. Coriz.
Aphiobs.
Acanthosoma
Aphis.
Aceris. Lecan.
Aphrophora.
Acocephalus
Apterus. Hait.
Acuminata. Ml.
» Pyrrh.
Acuminatus. Evac.
Aradides.
Adelges.
Aradus.
Adjunctus. Scolop.
Arbustorura. Plagio.
yEgyptius. Coran.
Arenarius. Styg.
•) Pyrrh.
Argentata. Cicad.
yE/m.
Argentatus. Athys.
Affinis. Scolop.
Arma.
» Peraph.
Artemisiae. Heter.
Agallia.
Asiraca.
Aglena.
Aspidiotus.
Agrestis. Trap.
Asopus.
Albipennis. Ophth.
Ater. Rhopal.
» Dictyon.
.. Xyloc.
Albofasciata. Micr.
Athysanics
Albolineata. Ancyr.
Atomarius, Jass.
Albomarginatus. Schir.
Atra. Penth.
» Lop.
» Cicad.
Alni. Bythot.
Atricapilla. Serenth.
Alydus.
Aurata. Typh.
Ancyrosoma.
Auiiculata, Monanth.
Aneurus.
Aurita. Ledra.
Angulata. Lepyr.
Avellânae. Phylus.
Annulatus. Harp.
Beccarum. Carpo.
* Les noms d'espèces sont en caractères romains, les noms de genres en italiques, et ceux des divisions en capitales.
Beosus .
Bicolor. Schir.
Bidens. Picr.
Bidentata. Pygol.
Bifasciata. Aphroph.
Bifasciatus. Scocep.
Biguttatus. Schir.
Bimaculatus. Plytoc.
Binotatus. Plytoc.
Blandula. Typh.
Boopis. Lept.
Brachycoleus, Brachyuema.
Brachypelta.
Brassicae. Aph, Brevipennis. Plinth.
» Nab.
Bre-vis. Jass.
Brunneus. Cyd.
» Drym.
Bursarius. Pemp.
Buxi. Psy, Bythoscopus .
Cacti. Cocc.
Calcaratus. Alyd.
» Mir.
Calocoris.
Caloscelis, Cameliœ. Aspid.
Campestris. Lygus.
Cantacader .
Capitatus. Zosin.
Capreae. Aph, Capsides .
Capsus.
Cardui. Monanth.
« Aph.
Carinata. Mir.
Carpocoris.
Caudatus. Odont.
Centrât us.
Cerasi. Aph.
Cercopidbs.
Cercopis.
Chenopodii. Phyto.
Chermes.
Chionaspis.
Chiragra. Ryphar.
Chloropterus. Orthoty Chlorosoma.
Cicada.
ClCADlDBS.
TABLE DES M4TIERES
Pages.
Ciliata. Monanth, Cimex.
ClMICrDKS.
Cimicoides. Nanc.
Cimiformis. Parac.
Cincta. Sald.
Cinctum. Brachy.
Cinerea. Nep.
Cinnamomeus. Arad.
Cinnamopterus. Pilopl, Cisticola. Cicad.
Cixius .
Cla\atus. Piloph.
Clavicornis. Euryc.
« Arir.
Clavicnlus. Cyna.
Clavipes. Neid.
Clidocerus.
Coccus.
r.œrulea. Zicr.
Cognata. Strach.
Coksii. Sald.
Coleoptrata. Coris.
Coleoptratus. Iss.
Coptosoma,
COPTOSOMIKMS .
Cor anus
CORKIDES.
Coreus .
Corimelœna .
Corisa.
CORISIDKS.
Corizus .
Corni. Hach.
Cornutus. Ceutr.
Corticea. Aphroph:
Coryli. Phyl.
Costae. Gerr.
Costata. Monanlh.
CrassJcornis. Capiz.
« Dictyon
« Asir.
Cralœgicola. Psy.
Crassipes. Phym.
Culiciformis. Ploia.
Currens. Vel.
Cuspidata. Eup.
Custos. Arm.
Cyanea. Strach.
Cydmbns.
Cydnus.
Cyllocoris.
Pages.
iU
TABLE DES MATIÈRES
Pages.
Pages.
Cymibns.
Ferrigineus. Gastr.
Cymus .
Férus. Nab.
Decoratus. Stroch.
Festiva. Strach.
« Scolop .
Ficus. Homot.
Delphax.
Flavicollis. Bythos.
Deltocephalus .
Flavipennis. Psyll.
Dentator, Core.
Flavomarginatus. Nab.
Depressus. Arad.
Flavonotatus. Glob.
Diaspis.
Foliacea. Ting.
Dictynnota.
Forda .
Didyophana .
Forsteri. Psyl.
Dicypkus.
Fossularura. Micrel.
Didymus, Clid.
Fraxini. Psyl.
Dilatatus. Rhypor.
Freyssleri. Macrop.
Arad.
FULGORIDES
Dictincta. Palom.
Fuliginosa. Odont.
Ditomoides. Metop.
Fuscovitlata. Delph.
Dolabratus. Mir.
Gastrodes.
Domestica. Emes.
Genei. Ischn.
Dorsata. Cerc.
Genistae. Centr.
Doryderes.
GBOCORrSES.
Drymus.
GeolTroyi. Coris.
Dubius. Schir.
Gbrrides.
Dumosa. Jall.
Gerris .
Echii. Microt.
Gibbifera. Gerr.
Echinops. Lept.
Glandicolor. Cyra.
Elegans. Neides.
Glauca. Noton .
Elegantula. Sald.
Globiceps
Emblethis.
Globuliferus. Dicyph.
Emesa.
Globus. Copt.
Emesiens.
Gonocerus.
Kquestris. Lyg.
Gothicus. Lop.
Eremocoris .
Gracilicornis. Core.
Errans. Coriz
Grammicus. Odont.
« ^ Dicyp.
Graphosoma.
Erraticus. Erem.
Grilloide. Hyster.
Mir.
Griseus. Raph.
Erythrocephalus. Ophth.
Grylloides. Oph.
Erythrapterus . Beos.
Guttula. Prost.
Eupelix .
Haemorrhoïdale. Acant.
Europœa. Dicty.
Haemorrhoidalis. Harp.
Eurycera .
Haematodes. Cicad.
Eurygaster .
Haïtiens.
Eusarcons .
Hamala. Delph.
Evacanthus .
Harpactor .
Exatithematica. Psac.
Helferi. Macr.
Fagi. Lach.
Helianthemi. Anom.
Fallenii. Pseudop.
Hemipterus. Isch.
Familiaris. Lyg.
Henestaris.
Fenestrata. Tham.
Hesperidum. Leca.
Ferrugata. Mir.
Heterodoxa. Calos.
Ferrugator. Sast.
Eeterogaster.
TABLE DES MATIERES
Pages.
Pages.
HÉTÉROGASTRIEKS,
Lanosus. Lep,
HÉTÉROPTÈRES.
Lanuginosus. Lach,
Heterotoma.
Laricis. Adel.
Hieroglyphica. Coris.
Lateralis. Alvd. .
Hirticornis. Corc.
Soîd.
Isch.
Laticeps, Henest.
Hispanus. Lept.
Lativentris. Nab.
Histrionicus. Cyll.
Lavatcrae. Oxyc.
Holsatus. Mir.
Lecanium.
Homotoma.
Lectularius. Cim,
HOMOPTÈRES.