II. Tête triangulaire ou pointue entre les antennes
A. Corps ovalaire ou oblong, pattes ordinaires.
a. Corselet denticulé sur les bords. Cuisses postérieures denticulées.
* lei^ article des antennes aussi long que la
tête et que le 2e Coreus.
** 1er article des antennes plus court que la
tête, plus long que le 2e Pseudophloeus.
h. Corselet non denticulé.
* 1er article des antennes aussi long ou plus long que la tête. Cuisses postérieures
inermes Gonocerus.
** ler article des antennes plus court que la tête.
t Cuisses postérieures inermes.
•c. Tête pointue, yeux petits, plus saillants. . Stenocephalus.
/3. Tête transversale, yeux assez gros, très saillants CORIZUS.
ft Cuisses postérieures épineuses, yeux très
saillants Alydus.
B. Corps allongé, parallèle, élytres incomplètes ou courtes, pattes et antennes non filiformes.
a. 1er article des antennes plus court que la
tête. Elytres tronquées Micrelytrâ,
S. ler article des antennes plus long que la tête. Elytres à membrane plus courte que 1 abdomen Ghorosoma.
G. Corps fdiforme, pattes et antennes longues
et liliformes Neides.
Le g. Pliylloiitorplia a de grands rapports avec les Syromastes, mais le corps est bien plus épineux ; ce sont des insectes extrêmement curieux par les expansions foliacées profondément découpées été pineuses du corselet et de l'abdomen ; elles sont hérissées d'épines; les antennes sont filiformes, le l^"" article un peu épaissi, les derniers courts, les pattes sont aussi grêles et -hérissées d'épines, la corie des elytres est petite et la membrane hyaline est très développée. P. laciniata, 7 à 8 milL, fauve, tachetée de brun sur le corselet, avec des bandes brunâtres sur les côtés de l'abdomen ; bord postérieur du corselet profondément échancré, les lobes latéraux se prolongeant sur la base du corselet ; extrêmement rare aux environs de Paris, assez commune aux bords de la Loire et dans le midi de la France; quelquefois sur les arbres, souvent sous des pierres.
Les Syromastes sont les géants de cette famille ; leur corps est robuste, assez déprimé sur les elytres, très convexe en dessous; leur tête est carrée, épineuse, en avant; les yeux et les ocelles sont gros, les antennes assez robustes, sont au moins aussi longues que la moitié du corps; le 1" article un peu prismatique, assez gros, le dernier ovalaire-allongé, plus court que le 3% le corselet convexe à la base, et très déclive en avant, les angles postérieurs sont dilatés, saillants, plus ou moins obtus; l'écusson est assez grand, triangulaire, l'abdo-
men a les bords comprimés, tranchants, et relevés de chaque côté des élytres ; les pattes sont assez fortes. S. marginatiis, 12 à 15 milL, d'un brun cannelle, parfois avec une teinte grisâtre, 2° et 3° articles des antennes d'un fauve pâle, côtés de l'abdomen marqués de taches rousses presque carrées, tête non prolongée entre les antennes, ayant au côté interne de chaque tubercule antennifère, une épine aiguë oblique en dedans; cuisses à peine renflées, un peu épineuses en dessous ; jambes sinuées ; très commun partout, sur les ronces notamment. — S. scapha,i3 à 15 milL, même forme, plus noirâtre en dessus, grisâtre en dessous; ¥ article des antennes noir; côtés de l'abdomen tachetés de jaune, tête formant une pointe entre les antennes, ayant en dehors de leur base une épine aiguë et deux épines en dedans, angles antérieurs brièvement épineux; jambes droites ; commun dans la France méridionale, rare dans le centre. — Une autre espèce tout à fait spéciale au Midi est le S. sp'iniger^ 9 à 11 milL, brun varié de roux et de grisâtre, antennes rousses avec le dernier article d'un brun noir, tête ayant une pointe entre les antennes, les saillies antennaires ayant une épine externe et une très petite interne ; deux épines droites de chaque côté de la tête, devant les yeux ; corselet très inégal, denticulé sur les côtés en avant, les bords latéraux relevés et arrondis aux angles qui sont fortement échancrés; lobes postérieurs saillants de chaque côté de l'écusson et bordés de couleur pâle, côtés de l'abdomen bruns et fauves, pattes grêles.
Les TerlHSia se distinguent des autres Coréules par un corps aplati, atténué en avant, et surtout par l'abdomen plus ou moins rhomboïdal ; la tête forme une saillie
entre les antennes ; les yeux sont petits, les antennes plus longues que la moitié du corps, à 1" article gros, à. peu près de même longueur que les deux suivants, le dernier épaissi, fusiforme ; le corselet a la forme d'un trapèze dont les angles postérieurs seraient tronqués et la partie antérieure prolongée ; les élytres sont bien plus étroites, au milieu, que l'abdomen qui les déborde de chaque côté en angle plus ou moins saillant ; l'extrémité de Tabdomen est entière chez les cf , multilobée chez les 9 • V- rhombea, 10 milL, d'un brun jaunâtre en dessus^ pâle en dessous, tacheté de noir, dernier article des antennes brun, les autres roux ; angles postérieurs du corselet obtusément droits, ceux de l'abdomen droits ; commune partout. — V. sulcviornis , 11 à 12 milL, plus rousse, angles latéraux de l'abdomen anguleusement arrondis^ rougeâtres, ainsi que les antennes ; antennes prismatiques, 2,^ et 3^ articles finement rugueux, 4^ article brunâtre ; corselet à angles plus relevés, une faible saillie transversale avant le bord postérieur ; France méridionale.
Les Coreus sont oblongs, velus ; leur tête, en triangle allongé, forme une saillie obtuse entre les antennes ; les yeux sont assez petits, globuleux, saillants ; les antennes ont à peu près la moitié du corps et présentent en dehors, à leur base, une dent robuste ; le 1" article est très gros, les suivants sont épais, le 4" plus court, pointu, tous sont velus et finement épineux ; le corselet est trapézoïdal, denté et épineux sur les côtés en avant, les angles postérieurs sont saillants ; l'écusson est très petit, les bords de l'abdomen sont comprimés et un peu relevés , les pattes sont assez fortes et velues, les pattes postérieures sont notablement plus grandes que les autres, et leurs
cuisses sont fortement épineuses. C. hirtkorms^ 8 à 10 mill., d'un roux cannelle ou un peu cendré, très velu, assez rugueux; antennes plus foncées vers l'extrémité, corselet fortement épineux sur les côtés, bordé d'un étroit liseré pâle ; segments et abdomen se terminant en dehors par une petite dent, la dernière épineuse ; commun partout. — C. dentatoî\ 8 à 10 mill., d'un brun noirâtre, plus parallèle et plus trapu que le précédent ; base des antennes hérissée de fines épines courtes ainsi que les bords latéraux du corselet en avant, côtés de l'abdomen à taches fauves, jambes d'un fauve pâle; France méridionale. — C. graciUcornis^ 9 à 12 mill., d'un fauve grisâtre pâle ; antennes plus rousses, à dernier article brun; corps finement ponctué de brun foncé, avec des raies brunes sur la tête ; les bords du corselet étroitement enfumés et à peine denticulés en avant, un étroit liseré pâle à la base des élytres, abdomen brun à taches latérales fauves, extrémité des cuisses postérieures brune ; France méridionale.
Les Pseudoplilœus ressemblent aux Cor eus; leur corps est rugueux, granuleux, finement velu ; les antennes, qui n'atteignent pas le miheu du corps, ont le l""" article épais, parfois épineux; le 2^ trois ou quatre fois plus court que le 3^, le dernier court, ovalaire ; les yeux sont très petits, le corselet, à peu près trapézoïdal, est un peu relevé en arrière ; l'écusson est grand, triangulaire ; les nervures de la corie sont assez fortes et la membrane présente des cellules assez irrégulières, réticulées ; les pattes sont assez courtes, grêles; cuisses médiocrement renflées, parfois épineuses en dessous. Ces insectes, d'une démarche assez lente, se trouvent à terre,
dans les endroits secs. — P. Fallenû, 6 milL, d'iiii gris terreux, maculé de taches brunes assez vagues; 1" article des antennes couvert de très courtes épines, tête couverte d'aspérités, ayant une forte pointe de chaque côté des antennes; corselet très rugueux, transversal, très court, finement denticulé sur les bords; nervures des élytres ponctuées de noir, dessous du corps tacheté de roux, de blanchâtre et de brun; cuisses couvertes d'aspérités, les postérieurs ayant en dessous une épine peu marquée ; partout, mais peu commun.
Les GonoeeruJËt tiennent le milieu entre les Syi'Omastes et les Stenocephalus; la tête n'est pas carrée et se prolonge entre les antennes qui sont écartées à la base, assez longues, avec le 1" article comprimé comme chez les Verlusm, et le dernier plus court que le précédent; les angles latéraux du corselet sont très saillants, parfois épineux ; le corps est oblong, les élytres sont un peu débordées par les bords de l'abdomen, qui sont largement arrondis et tranchants ; ils, sont assez agiles et paraissent très carnassiers. G. venator^ 10 à 12 mill., d'un brun roussâtre, angles latéraux du corselet assez saillants, mais obtus ; corps un peu élargi en arrière ; toute la France, peu rare. — G. juniperi^ 10 mill., roussâtre, teinté de fauve et de vert, cette couleur disparaissant quand l'insecte est desséché ; antennes brunes à l'extrémité, pattes d'un verdàtre clair, angles latéraux du corselet assez pointus ; sur les genévriers, toute la France. — G. insidiator, plus grand que les précédents, allongé, rougeâtre, avec les pattes plus claires; angles du corselet en épine aiguë ; France méridionale, rare.
Les ^teiioceplialus sont, au contraire, assez larges;
leur tête, beaucoup plus étroite que le corselet, allongée, terminée en avant par deux pointes aiguës ; les yeux sont globuleux, saillants ; les ocelles très en arrière des yeux; les antennes sont un peu velues, à 1" article épais, le 2° notablement plus long que le 1" et que le 3% le ¥ pas plus épais que les précédents ; le corselet est trapézoïdal, incliné en avant avec les angles postérieurs un peu marqués ; l'écusson assez grand, les élytres à corie grande, l'abdomen à côtés comprimés, un peu relevés ; les pattes sont moyennes, assez grêles; les cuisses un peu épaisses, S. 7îugax, 20 à 22 milL, d'un brun plus ou moins foncé, dessous couvert d'une pubescence cendrée ; 1" article des antennes, milieu et extrémité du 2^, extrémité du 3^ et presque tout le 4^ brun foncé ; le reste d'un fauve pâle ainsi que les pattes ; extrémité des cuisses et les jambes et tarses noirâtres; commun dans toute la France, notamment sur les euphorbes. — S., neglectus est un peu plus petit, plus étroit ; le 2^ article des antennes n'a que l'extrémité noirâtre, le dernier article brunâtre et presque deux fois aussi plus long que le 3*^ ; chez le précédent, le même article n'est que de moitié plus long que chez le 3®; France méridionale.
Les Corizus ont le corps un peu allongé, déprimé en dessus, très convexe en dessous, la tête triangulaire, un peu saillante en avant, les yeux globuleux, saillants, les ocelles très gros, les antennes à 1" article ovalaire très court, les deux suivants cylindriques, le dernier fusiforme, assez épais ; le corselet est trapézoïdal, l'écusson assez grand, atteignant le quart ou le tiers de l'abdomen ; la corie des élytres est assez claire et les côtés de l'abdomen sont tranchants, un peu relevés ; les pattes sont
assez grêles, avec les cuisses, surtout les postérieures, un peu renflées au milieu. Chez les uns, la membrane estsombre et présente quinze ou vingt nervures serrées. C. hyosclami, 9 à 10 milL, d'un rouge pourpre sombre, tête noire avec une tache rouge, bord antérieur du corselet et deux taches vers la base, bords internes de la corie avec une tache discoïdale et écusson, sauf l'extrémité, noirs ; abdomen rouge avec trois taches noires sur chaque segment, antennes et pattes noires, parfois teintées de rouge ; commun dans toute la France, sur la jusquiame, exhale une odeur analogue à celle du thym. Chez les autres, la membrane est transparente, claire, avec huit ou dix nervures au plus. C. crassicornis, 7 mill., ovalaire, oblong, d'un fauve clair un peu grisâtre; dernier article des antennes brun, pattes ponctuées de brun, extrémité des articles des tarses noirâtre ; corps fortement ponctué, une épine en dehors de la base des antennes, corselet ayant au milieu une ligne fine élevée, écusson lisse à l'extrémité et sur les côtés à la base, élytres un peu ponctuées en dehors, à nervures saillantes ; dessus de l'abdomen tacheté de noir ; commun partout. — C . ahutilon, ne diffère du précédent que par la coloration plus roussâtre avec des lignes brunâtres ; l'écusson un peu strié sur les côtés et creusé à l'extrémité, dessus de l'abdomen noir tacheté de jaune ; commun partout. — C. ery^ans, 11 mill., plus grand et plus allongé, tête moins courte, d'un brunâtre clair ou un peu roussâtre dessous ; pattes verdâtres, antennes brunes, rougeâtres au milieu, un liseré sur les côtés du corselet et extrémité de l'écusson roussâtres ou verdâtres ; corps ponctué, extrémité de l'écusson lisse, dessus de l'abdo-
men noir avec les côtés verdâtres ou roux ; France méri»dionale.
Les Alydus ont le corps très allongé, la tète triangulaire, aussi large que le corselet, prolongée en pointe entre les antennes ; les yeux globuleux et très saillants, les ocelles gros, rapprochés ; les antennes plus longues que la moitié du corps, assez grêles, de quatre articles, le dernier plus long que les deux précédents réunis ; le corselet, trapézoïdal, est un peu élargi en arrière ; la membrane des élytres a de nombreuses nervures serrées ; l'abdomen est rétréci à la base, les pattes sont longues, grêles, les postérieures plus grandes avec les cuisses épineuses en dessous. Les uns ont les cuisses postérieures à peine plus grosses que les autres et les jambes postérieures droites : A. calcaratus, 10 à 11 milL, noirâtre, pubescent, les trois premiers articles des antennes d'un fauve pâle, leur extrémité noire ; tête et corselet rugueusement ponctués, ce dernier à angles postérieurs obtusément arrondis ; jambes roussâtres^ cuisses postérieures armées en dessous de trois épines ; commun partout, sur les genêts, les euphorbes, etc. — Les autres ont les cuisses postérieures très épaisses avec les jambes arquées :A. laterah's, 12 milL, allongé, d'un brun roussâtre avec une bordure des hémélytres et du corselet pâles, une ligne médiane élevée, fauve sur le milieu de la tète, du devant du corselet et sur l'extrémité de l'écusson ; abdomen en dessus et jambes postérieures rougeâtres, cuisses postérieures grosses, épaisses, très épineuses en dessous; plus commun dans la France méridionale.
Les mierelyCra se reconnaissent facilement à leur corps encore plus allongé, filiforme, parallèle, à leur
abdomen relevé sur les côtés et à leurs élytres atteignant à peine le milieu de l'abdomen, tronquées et presque toujours dépourvues de membrane; leur tête est bien plus étroite, obtusément triangulaire ; les antennes sont grêles et les cuisses postérieures ne sont nullement épineuses. M. fossuiarwn, 10 à 12 milL, d'un brun noirâtre, un peu bronzé avec une étroite bordure d'un jaunâtre pâle; milieu des 2° et 3« articles des antennes et jambes d'un fauve pâle ; corps très ponctué en dessus, abdomen presque lisse; France méridionale, assez commune au bord des eaux.
Le G. Cborosoiiia ne renferme qu'une espèce allongée, parallèle; la tête est allongée, mais peu pointue, les antennes sont assez longues et assez fortes, le 1*''' article épais, sinué en dedans à la base, souvent diminuant de grosseur depuis la base ; les yeux sont gros, assez saillants ; le corselet est presque carré, mais un peu atténué en avant ; l'abdomen est parallèle relevé sur les bords, la corie est courte, la membrane longue, mais n'atteignant pas Textrémité de l'abdomen ; les pattes sont assez grandes et inermes. G. Schillmgu, 11 à 13 milL, d'un fauve pâle^ avec deux bandes longitudinales brunes sur l'abdomen, tarses bruns ; plus commun dans le midi, au bord des eaux.
Les ]Veides ont le corps très grêle, à pattes longues et sétacées, le dernier article des antennes et l'extrémité des cuisses un peu épaissis; les yeux petits, saillants, les ocelles placés en arrière des yeux; le corselet allongé, tricaréné, l'écusson à peine distinct. L'aspect de ces insectes est celui d'une araignée à cause des pattes et des antennes filiformes, parfois^très longues, mais surtout très grêles;
leur démarche est lente, hésitante ; ils sont peu communs. Chez les uns l'écusson est surmonté d'une fine épine et la tête est obtuse, N. elegans, 4 à 5 milL, oblong, d'un fauve pâle avec la tête ; le dernier article des antennes et trois tubercules sur le corselet, noirs; pattes finement ponctuées de noir, dessous d'un noir brillant ; toute la France, peu commun. — Chez d'autres, la tête est très pointue et Técusson mutiques : N. tipularhis, 10 mill., d'un fauve grisâtre, avec le dernier article des antennes et les tarses bruns, bien plus allongé que le précédent ; la tête prolongée en pointe aiguë, le corselet allongé, ayant une fine carène au milieu ; les élytres à côtes fines et les cuisses nullement arquées à la base; toute la France, peu commun. — N. clavipes, 6 mill., allongé, atténué en avant et en arrière, roux avec le dernier article des antennes et Textrémité du 2^ noirâtres, une carène pâle au milieu du corselet et de fines lignes élevées, pâles sur l'écusson et les élytres; extrémité des cuisses brunâtre, tête très pointue; toute la France.
FAMILLE DES LYGEIDES
Cette famille offre une certaine analogie avec quelques genres de la famille précédente dont elle diffère par l'insertion des antennes au-dessous de la ligne allant des yeux à la base du rostre et par les nervures de la mem-
brane. La tête est triangulaire, le rostre est allong-é et dépasse les pattes postérieures, le corps est déprimé endessus, mais souvent très convexe en-dessous; le l"^"" article des antennes est plus long que la tête, le dernier est parfois filiforme, mais jamais renflé. Les ocelles manquent quelquefois, et alors la membrane offre huit nervures; cette membrane manque quelquefois :