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reste alcalin. Ajoutons alors un second et mêrne volume de liqueur acide, de nouveau les trois cas précédents se trouvent possibles: ou le mélange nouveau se trouve neutre, alors le titre alcalimétrique est égal à 2 pour 1000 ; ou bien il se trouve acide, et, dans ce cas, le titre se trouve entre 1 et 2 pour 1000 ; ou bien enfin le mélange reste encore alcalin, alors le titre est supérieur à 2 pour 1000. La même série d'opérations peut alors être renouvelée jusqu'à ce que l’on arrive à obtenir un mélange neutre ou acide, auquel cas le titre alcalimétrique de la liqueur examinée est précisément représenté, en grammes de soude caustique, par le nombre de volumes V de liqueur acide employés pour arriver à neutralisation ou par une valeur comprise entre ce nombre et ce nombre moins un.

Tout ceci est simple et évident. Mais on peut aussi opérer différemment d’après la même théorie : en diluant la liqueur acide, par exemple, en en mêlant une certaine quantité avec quatre fois cette quantité d'eau neutre. On a alors une liqueur acide telle que cinq volumes neutralisent

un volume de solution alcaline à 1 gr. 1000 de soude

caustique, d'où il résulte que chaque volume de liqueur acide employé pour arriver à neutralisation d’un volume de liqueur alcaline quelconque représentera 2 décigrammes de soude caustique par litre. La sensibilité du procédé sera ainsi quintuplée.

On pourrait aussi opérer inversement avec des liqueurs alcalines titrées pour doser des acidités inconnues, ou encore pour augmenter la précision de la détermination. Nous croyons avoir suffisamment expliqué la base de cette méthode pour que nous puissions entrer directement dans

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la description du manuel opératoire que nous pensons pouvoir être utilement employé en clinique.

Procédé clinique d'alcalimétrie dusang.— Le matériel nécessaire pour la mise en œuvre de ce procédé est extrèmement restreint : une pipette que chacun peut confection ner en quelques secondes, un morceau de papier tournesol et une capsule de porcelaine ou un verre de montre un peu

profond, comme il s’en trouve partout, constituent tout ce

qu'il faut.

Pour confectionner la pipette, on prend un morceau de tube de verre d’environ 20 centimètres de longueur ; on l’effile à la lampe sur le milieu de sa longueur, et, en séparant les deux morceaux, on obtient deux pipettes utilisables. Il suffit de veiller à ce que l’extrémité capillaire soit assez fine pour que la pipette à demi remplie de liquide par aspiration ne le laisse point s’écouler sans qu’on soit obligé de souffler.

Grâce à cette condition, l’aspiration se fait assez lentement pour que l’on puisse du premier coup.et sans erreur affleurer exactement un point quelconque de la pipette, Trois ou quatre traits marqués d'un coup de lime sur l'extérieur de la pipette, à 1 centimètre environ ln de l’autre, et facilement reconnaissables, en constituent les points de repère.

Un diamètre intérieur du tube de 2 millimètres environ est fort convenable. Une grosse goutte de sang y occupe alors une longueur de 2 à 3 centimètres.

Comme réactifs, il faut avoir une solution de soude caustique où de carbonate de sodium pur, telle que son alcalinité soit représentée par 1 gramme de soude caus tique pour 5 litres, c'est-à-dire 2 décigrammes par litre,

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et une solution d'acide sulfurique telle qu’un volume de cette solution sature exactement cinq volumes de ladite solution alcaline. Chaque volume de cette liqueur acide est donc capable de saturer un volume d’une liqueur alcaline au titre de 1 pour 1000. Ces solutions sont faciles à préparer dans un laboratoire et leur titrage doit être fait aussi exactement que possible, ce qui est facile, en dehors de la clinique, puisqu'on peut avoir recours à un chimiste pour les préparer.

Toutes choses étant ainsi établies, le doigt d'un patient ayant été nettoyé et séché, une piqûre faite, on laisse sourdre une grosse goutte de sang et l’on en aspire dans la pipette jusqu’à un quelconque des traits marqués. Ce trait est soigneusement noté : c’est le second ou le troisième, par exemple.

On souffle alors doucement ce sang dans une capsule, puis on aspire d’abord de la liqueur sulfurique jusqu’à ce même trait; on la souffle dans la capsule et la même opération est répétée encore quatre fois. D’où il résulte qu’on a alors mélangé cinq volumes de liqueur sulfurique avec un volume de sang.

Or, nous venons de dire que chaque volume de cette liqueur acide correspondait à la saturation d’un volume de liqueur alcaline à 1 pour 1000. Comme, d’après les auteurs, l’alcalinité du sang varie entre 1,50 et 4,50 de soude caustique pour 1000, une certaine quantité de la liqueur acide ainsi mélangée sera neutralisée, mais 1l en restera un excès, puisque les cinq volumes de cette liqueur qui se trouvent actuellement mélangés au sang correspondent à une alcalinité de 5 grammes par litre.

Le mélange s’est légerement foncé et sa teinte rouge

a fait place à une teinte d’un beau vert. À peine un léger précipité très fin s'est-il formé dans le fond de la capsule. On constate alors sur le papier tournesol l’acidité dudit mélange. On aspire alors un volume de liqueur alcaline à 2 décigrammes par litre. Ge volume est soufflé et mélangé dans la capsule. On essaye alors la réaction ; elle est encore acide. Un second volume de liqueur alcaline est alors soufflé dans la capsule, la réaction est essayée jusqu’à ce que l’on arrive à neutralisation du mélange.

Or, supposons le sang liquide neutre. Quand on y a ajouté les cinq volumes de liqueur sulfurique, on lui a créé une acidité capable de neutraliser cinq fois cinq, c’est-à-dire vingt-cinq volumes de liqueur alcaline.

Mais le sang étant alcalin a déjà neutralisé une certaine quantité de cette liqueur acide. Il faudra done moins de vingt-cinq volumes de liqueur alcaline pour amener de nouveau le mélange à neutralité.

Supposons, par exemple, qu'il en suffise de treize volumes pour arriver à ce résultat : nous concluons alors que le sang avait déjà à lui seul neutralisé une quantité de la liqueur acide correspondant à vingt-cinq moins treize, c’est-à-dire à douze volumes de liqueur alcaline. Or, un volume de liqueur alcaline correspondant à 2 décigrammes d'hydrate de soude par litre, douze volumes correspondant à 24 décigrammes, et l’alcalinité de notre sang sera ainsi mesurée et évoluée à 2 gr. 4 par litre en soude caustique.

Tout ceci est assez simple pour qu’il soit, eroyonsnous, inutile d’insister davantage. Quelques remarques cependant : lorsqu'on ajoute la solution alcaline, à cer-tain moment il commence à se former un précipité flocon-

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PAG neux et léger qui annonce généralement la fin de l’opération; il faut cependant toujours constater la réaction après chaque addition d’alcali.

Ce procédé n'indique donc que les variations d’alcalinité supérieure d’une manière absolue à 2 décigrammes de soude caustique pour 1000. On pourrait, il est vrai, augmenter sa sensibilité en diluant davantage la liqueur alcaline, mais l’opération serait par là allongée quant à sa durée.

Les avantages de ce procédé sont d'employer une seule goutte de sang ; de permettre d’en employer un volume quelconque, aussi considérable que possible ; de simplifier l’instrumentation au maximum; de ne nécessiter aucune mesure ni pesée; d’user seulement de deux solutions réactifs ; d’autre part, les erreurs bien minimes dans l’aspiration des liqueurs titrées ont chance de se balancer réciproquement. Nous croyons donc que cette ma nière de mesurer l’alcalinité du sang pourra peut-être rendre service à ceux qui voudraient se lancer dans quelques recherches cliniques sur ce sujet.

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