‹ Hémorragies et ruptures des membranes profondes de l'œil: par blessures de guerre sans altération apparente du globeChapitre 24 sur 60 · DÉCOLLEMENTS RÉTINIENS · texte numérisé non relu

DÉCOLLEMENTS RÉTINIENS

A = 1YPE PUR

b) Blessure par éclat d'obus, fragment de balles, grenades, etc. (balle exceptée).

OBSERVATION I (consultation externe)

Blessure par éclat d'obus, choc malaire. — Décollement rétinien inférieur. — O. G. V. : normal, — O0. D. V.: légèrement conservé en bas. (Fig. 1.) .

B... Jean, 277° d'infanterie.

Blessé le 15 février 1915, à Norroy (Meurthe-et-Moselle).

Etant accroupi, la nuque protégée par son sac, il fut atteint par un éclat d'obus qui traversa le sac, pénétra au niveau de la région malaire droite, à 3 centimètres en avant du tragus, puis ressortit dans la région temporo-frontale au-dessous de la queue du sourcil,

Un éclat aberrant resté dans le trajet a été enlevé.

Longtemps l'œil droit fut rouge, ecchymotique, avec œædème des paupières.

3 juin 1915. O. D. : Actuellement, tout est rentré dans l’ordre; les réflexes pupillaires sont normaux. La vision n’est conservée, légèrement, que dans la région inférieure du champ visuel.

L'éclairage au miroir concave et l’examen ophtalmoscopique montrent un décollement mobile de la portion inféroexterne de la rétine; sa base dessine une ligne courbe, tangente à la papille, qu’elle prend dans sa concavité.

La portion non décollée de la rétine ne présente aucune lésion, il s’agit donc d’un décollement typique.

L'œil n'a pas été touché directement, mais le choc d'’en-

Planche I.

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OBSERVATION lÎ.

O. D. Décollement rétinien (type pur).

di — trée et de sortie et l'ébranlement sur tout le trajet se sont

transmis au globe oculaire : il s’agit là d'un mécanisme bien connu dans la production de ces sortes de lésions.

OBsERVATION II (D., 122; M., 14).

Blessure périoculaire par éclat de grenade. — Décollement rétinien del'œil droit..— O, D. V..: Q: — O.G. NV. : normal.

W..., Maurice, 353e d'infanterie, vingt-neuf ans.

Blessé au Bois-le-Prêtre le 3 mars 1915.

Ce soldat lançait une grenade à fusil tenant son arme du côté gauche; l'engin éclata prématurément et il fut atteint tout autour de l'œil gauche par de petits éclats qui ne semblent pas avoir eu beaucoup de force; la région oculaire droite fut probablement contusionnée, mais il n’en reste aucune trace. Lors de l'explosion, il accusa des troubles visuels très nets à droite (phosphènes); il vit, dit-il, un rideau noir s’abaisser peu à peu devant lui.

Les jours suivants, il présenta des phénomènes de commotion sous forme d'hypoesthésie temporo-pariétale gauche avec surdité, phénomènes qui régressèrent au bout de dix jours.

20 mai 1915. — O. D. est d'apparence normale. La vision, amoindrie, est conservée à la partie inférieure du champ visuel. Le blessé signale des taches noires mobiles : l'examen ophtalmoscopique révèle, en effet, quelques filaments du vitré.

19 juin. — On voit un vaste décollement rétinien supérieur, très mobile, commençant bien au-dessous de la papille qui disparaît dans des plis.

IL faut surtout remarquer ici l’amplitude du décollement, qui semble être provoqué par une contusion directe du

globe.

HE

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