‹ Hémorragies et ruptures des membranes profondes de l'œil: par blessures de guerre sans altération apparente du globeChapitre 54 sur 60 · AE · texte numérisé non relu

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l'on peut appeler : rupture capillaire de la choroïde. Les hémorragies prédominent en bas : l'une de ces nappes occupe la région maculaire dont elle dessine les contours ; il est difficile de dire si le vaisseau maculaire direct qui l'aborde passe au-dessus, ou si plutôt ce n'est pas lui qui aurait donné lieu à cette hémorragie.

24 mars. — Hémorragie rouge entre les vaisseaux rétiniens, moins abondante qu'au début, Pas de traces de pigmentations pathologiques.

19 avril, — On ne trouve plus de traces d’hémorragies sous forme de nappes injectées. A leur place, on voit des pochons de pigments séparés par des zones blanchâtres, le tout assez diffus et occupant presque toute la partie équatoriale de la base du champ ophtalmoscopique. Au niveau de la macula, on voit une couronne de grains de pigments circonscrivant un ovale grisâtre.

Les hémorragies choroïdiennes ont donc donné lieu à des zones de choroïdite atrophique, avec gros pochons pigmentaires; ces lésions sont plus étendues que les hémorragies, ce qui indique que, même les portions de la rétine ayant paru indemnes entre les taches rougeâtres devaient présenter des lésions histologiques invisibles à l'œil nu, mais susceptibles par leur évolution de donner lieu à la choroïdite atrophique.

La grosse lésion maculaire explique suffisamment la baisse de la vision, malgré l'intégrité d’une grande portion de la rétine.

O8BsERvATION LXXIX (D., 257, M., 262).

Blessures de la face par éclats d'obus et de pierres. — Petite hémorragie péripapillaire de l'œil gauche. — 0. D. V.: 1/20. — O. G. V.: 1/4.

A..., René, 169° d'infanterie, vingt-sept ans. Blessé au Bois-le-Prêtre le 16 mai 1915. Il fut atteint à la face par des éclats d’obus et de pierres,

Emmené à Toul, il eut un œdème très marqué des paupières; on lui enleva deux petits éclats dans le cul-de-sac conjonctival de l'œil gauche.

Au quatrième jour, le blessé s'aperçut d’une diminution de la vision de l’œil droit et de la présence d'un scotome mobile avec les mouvements de l'œil.

- A l'examen du début de juin, on constate quelques petites cicatrices autour des yeux, les globes oculaires sont d’apparence normale, mêmes sensations subjectives.

OX D:Nert/ sou OGC TS

Examen ophtalmoscopique :

O. G. : très léger piqueté péripapillaire.

O. D. : on ne voit pas de lésion. Peut-être s’agit-il d’une commotion rétinienne,

O8sErvATION LXXX (D., 7920, M., 10).

Blessure par éclat de balle à la paupière supérieure droite. — Vastes hémorragies choroïdiennes inférieures, évoluant vers la choroïdite atrophique avec amas pigmentaires. — O. D. V.: Q. — O0. G. V. : normal.

P..., Elie, 13e alpins, vingt ans.

Blessé le 5 mars 1915 près Thann (Alsace).

Lors d'une attaque, étant à 20 mètres de l’ennemi, il fut blessé à la paupière supérieure droite, sans doute par un éclat de balle, car à ce moment on ne se servait de part et d'autre que du fusil.

La vision nulle au début s’est légèrement améliorée : le blessé perçoit la lumière.

Examen : O. G.: léger œdème sourcilier et palpébral.

Papille normale.

En dessous d'elle, à peu de distance, s’étale une nappe hémorragique diffuse, sous-jacente aux vaisseaux rétiniens et délimitée, en haut seulement, par une ligne courbe concentrique à la papille; il existe aussi quelques hémorragies équatoriales, tout à fait en haut,

gi Avril — Il ne reste, des hémorragies choroïdiennes, que quelques taches rouge sombre, se détachant sur un fond gris d’atrophie choroïdienne. | Légère amélioration de la vision qui ne peut pas être représentée encore par des chiffres.

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