Hennepin; ses voyages et ses œuvres
^OUIS HENNEPIN naquit à Ath, en Belgique. C'est du moins l'opinion de Félix Van Hulst, auteur d'une petite biographie qu'il a intitulée : Notice sur le Père Louis Hennepin, né à Ath (Belgique). (Liège, 1845). Harrisse croit que Hennepin vit le jour à Roy, d'une famille originaire d'Ath, en Hainault. Margry partage cette opinion. Le témoignage de Hennepin lui-même met fin à toute discussion à ce sujet.
Se sentant une vocation spéciale pour la vie religieuse, Hennepin entra de bonne heure dans un noviciat de Franciscains, à Béthune, dans la province d'Artois. Il eut pour premier maître de noviciat le Père Gabriel de la Ribourde qui vint en Canada en 1670, avec le premier détachement des Récollets. Tous deux devaient jouer un rôle important dans les missions de l'ouest. Le Père de la Ribourde y trouva la mort en 1680, et le Père Hennepin devait s'y illustrer par ses découvertes opérées au prix de nombreux sacrifices.
Nous ne suivrons pas le Père Hennepin à travers toutes les phases de sa vie monastique. Du reste les documents sont trop incomplets pour nous faire connaître les détails particuliers à son noviciat et aux années qui le suivirent. H nous dit cependant que l'amour des voyages grandissait chez lui avec les années.
*• A mesure que j'avançais en âge, écrit-il (I), cette inclination pour les voyages d'outre-mer se fortifiait dans mon cœur. Il est vrai qu'une de mes sœurs mariée à Gand, laquelle j'aime avec une extrême tendresse, me détournoit de ce dessein, autant qu'elle pouvoit, lors que j'étois auprès d'elle dans cette grande ville, où je m'étois transporté pour apprendre la langue flamande. Mais j'étois sollicité d'ailleurs par plusieurs de mes amis d'Amsterdam d'aller aux Indes Orientales, et
(1) Nouvelle Découverte, etc., pp. 9-13.
mon penchant naturel pour les voyages, joint à leurs prières, m'ébranloit fortement, et me déterminoit presque à me mettre en mer pour contenter mon désir.
" Ainsi toutes les remontrances de ma sœur ne purent me détourner de mon premier dessein. Je me mis donc en chemin pour voir l'Italie, et je visitai par Tordre de mon Générai les plus grandes églises, et les couvents les plus considérables de notre Ordre en ce pays-là, et en Allemagne. Revenant enfin dans nos Pays-Bas, le R. P. Guillaume Herinx, récollet, mort depuis peu évêque d'Ipres, s'opposa au dessein que j'avois de continuer mes voyages. 11 m'arrêta donc dans le couvent des Halles, en Hainaut, où je fis l'office de prédicateur pendant un an. Après quoi je me rendis du consentement de mon supérieur au pays d'Artois, et de là je fus envoyé à Calais pour y faire la quête, pendant qu'on y travailloit à y saler les harengs.
" Etant là, ma plus forte passion étoit d'entendre les Relations que les capitaines de vaisseaux faisoient de leurs longs voyages. Je retournai ensuite à notre couvent du Biez par Dunkerken. Mais je me cachois souvent derrière les portes des cabarets, pendant que les matelots parloient de leurs navigations. La fumée du tabac me causoit de grands maux d'estomac en m'attachant ainsi à les écouter. Cependant j'étois fort attentif à tout ce que ces gens-là racontoient des rencontres qu'ils avoient eues sur mer, des hazards qu'ils
avoient courus, et des divers accidents de leurs voyages dans les pays éloignés. J'aurois passé des jours et des nuits entières sans manger dans cette occupation, qui m'étoit si agréable, parce que j'y apprenois toujours quelque chose de nouveau touchant les mœurs et les manières de vivre des nations étrangères, et touchant la beauté, la fertilité et les richesses des pays où ces gens avoient été.
44 Je me fortifiois donc de plus en plus dans mon ancienne inclination. Dans le dessein de la contenter davantage, j'allai en mission dans la plupart des villes de Hollande, et je m'arrêtai enfin à Mastricht, où je demeurai environ huit mois. J'y administrai les sacrements à plus de trois mille blessés. Etant là dans cette occupation je courus plusieurs grands dangers parmi ces pauvres malades. J'y fus même attaqué du pourpre et de la dyssenterie, et je me vis à deux doigts de la mort. Mais Dieu me rendit enfin ma première santé par les soins et par les secours d'un très habile médecin hollandois.
44 L'année d'après je m'engageai encore par un effet de mon zèle à travailler au salut des âmes. Je me trouvai donc au combat sanglant de Seneff, où tant de gens périrent par le fer et par le feu. J'y eus beaucoup d'occupation à soulager et à consoler les pauvres blessés. Et enfin après avoir essuyé de grandes fatigues, et après avoir couru des dangers extrêmes dans les sièges de ville, à la tranchée et dans des
batailles où je m'exposois beaucoup pour le salut du prochain, pendant que les gens de guerre ne respiroient que le carnage et le sang, et je me vis en état de satisfaire mes premières inclinations."
Hennepin venait de recevoir Tordre de partir pour le Canada. C'était en 1675 (1). Mgr de Laval retournait cette année-là dans son diocèse, après avoir réglé plusieurs questions intéressant l'évêché de Québec. Il y avait une centaine de passagers à bord du vaisseau, entre autres Robert Cavelier de la Salle et M. de Barrois, secrétaire du gouverneur Frontenac. La traversée se fit heureusement, malgré les assauts qu'ils eurent à endurer de la part de vaisseaux turcs qui faisaient de la piraterie le long des côtes de l'Atlantique.
Un autre incident assez remarquable est la brouille qui surgit entre le Père Hennepin et La Salle à propos de jeunes filles, qui tous les soirs se livraient à des exercices chorégraphiques et autres divertissements bruyants. Mgr de Laval avait confié au Religieux la direction spirituelle de ces jeunes personnes, plus légères que méchantes. Celui-ci les réprimanda à plusieurs reprises. La Salle prit
(1) La Nouvelle Découverte, (Avis au Lecteur), dit 1676. C'est probablement une faute d'impression, car il est certain que Mgr de uaval revint à Québec en 1675 et non en 1676. L'on constate, du reste, que le P. Hennepin assista à une séance du Conseil Souverain, le 7 octobre 1675. (Edits et Ordonnances, II, 64.)
ombrage de cette intervention, car ces danses nocturnes semblaient beaucoup l'amuser. Il s'ensuivit donc un échange de paroles blessantes, qui laissèrent un grand froid, pour ne pas dire plus, entre le Père Hennepin et La Salle. Les détails de cette altercation méritent d'être rapportés. Nous laissons parler le religieux :
" La Salle faisoit semblant de vouloir protéger ces filles dans leurs divertissements. Il ne put donc s'empêcher de me dire un peu en colère, que j'en usois en Pédant à son égard, et à l'égard de tous les officiers et des personnages de qualité qui étoient dans le vaisseau, et qui se divertissoient à voir danser ces filles, puisque je les critiquois sur des bagatelles. Mais le Seigneur François de Laval, créé premier évêque de Québec, qui faisoit alors le trajet avec nous, m' ayant donné la direction de ces filles, je crus être endroit de répondre au Sieur de la Salle que je n'avois jamais été Pédant, terme qui, comme tout le monde sait, signifie un homme d'un caractère d'esprit sot et impertinent, et qui affecte de faire paroître en toutes occasions une science mal digérée. J'ajoutai à cela, que ces filles étoient sous ma direction, et qu'ainsi j'avois droit de les reprendre et de les censurer, puisqu'elles se donnoient trop de liberté.
" Cette réponse, que je fis sans avoir d'autre dessein que celui de faire connoître au dit Sieur de la Salle que je faisois mon devoir, le fit pâlir de colère, et en effet il s'em-
porta étrangement contre moi. Je me contentai de lui dire, le voyant dans cette disposition à mon égard, qu'il prenoit mal les choses et que je n'avois eu aucune intention de l'offenser, comme en effet ce n'étoit pas mon dessein. Monsieur de Barrois .... voyant ce bruit, me tira à l'écart et me dit, que sans y penser j'avois mis le Sieur de la Salle en grosse colère, lorsque j'avois dit, que je n'avois jamais été Pédant, parce qu'il en avoit fait le métier pendant dix ou onze ans, qu'il avoit été parmi les Jésuites, et qu'en effet, il avoit été régent d'une classe parmi ces religieux.
" Je répliquai au Sieur de Barrois, que j'avois dit cela fort innocemment : que je n'avois jamais su que le Sieur de la Salle eût vécu dans cet Ordre célèbre ; que si j'en eusse eu connoissance, je me serois sans doute empêché de proférer ce mot de Pédant en parlant à lui ; que je sa vois que c'étoit un terme injurieux ; qu'en effet on exprimoit ordinairement par là un savant mal poli, selon l'expression françoise de Messieurs de Port-Royal ; qu'ainsi je n'aurois eu garde de me servir de ce terme, si j'eusse été mieux instruit que je ne l'étois de l'histoire du dit Sieur de la Salle.
" Quoi qu'il en soit, la faute que je fis fort innocemment en cette occasion, a été sans remède. . . Le Sieur de la Salle, dont Dieu sait que je regrette la mort funeste et inopinée, a toujours eu cette affaire sur le cœur contre moi. Non seulement donc il m'a exposé à de grands dangers, mais mâme
étant de retour en France, où ma Description de la Louisiane lui fut fort utile pour lui faire obtenir de grands privilèges de la cour, bien loin de reconnoître mes travaux pour son service, il me rendit de très méchants offices auprès du R. P. Hyacinthe le Fèvre, commissaire provincial des Récollets de Paris. . .".
Si le Père Hennepin rencontra du mauvais vouloir de la part de Cavelier de la Salle, il n'eut qu'à se féliciter de la bienveillance de Mgr de Laval qui, à l'en croire, lui accorda dès ce moment, toute son estime et sa confiance.
Le Religieux accepta de prêcher l'avent et le carême à l'Hôtel-Dieu de Québec. Entre temps il parcourait les campagnes avoisinant cette ville pour travailler à l'instruction du peuple. C'est ainsi qu'on le voit apparaître à la Pointede-Lévi, à l'île d'Orléans, à Charlesbourg, à Sainte- Anne-de- Beaupré ; il se rendit même jusqu'aux Trois-Rivières. Ces voyages pénibles n'étaient que le prélude de ses grandes et aventureuses excursions dans l'ouest américain.
HENNEPIN nous dit qu'il reçut pour mission d'aller évangéliser les sauvages sur les bords du lac Ontario. ^** Le Père Luc Buisset s'attacha à lui, et ensemble ils travaillèrent à convertir les Iroquois. Une chapelle s'éleva bientôt sur les rives du grand lac, au fort Cataracouy. Hennepin pénétra chez les Onnéïouts et chez les Onnontagués, qui l'accueillirent d'une façon hospitalière. De là il se rendit chez les Agniers où il rencontra le Père Bruyas, jésuite, très versé dans la langue de cette peuplade. Il avait même pris la peine d'écrire un petit ouvrage intitulé : Racines Agnières, que le Père Hennepin copia pour son propre usage (1). Ainsi il est absolument faux de dire que le jésuite s'est attribué le travail du P. Hennepin, puisque c'est le contraire qui est vrai.
Le Père Hennepin séjourna pendant deux ans et demi (2) au fort Cataracouy ou Frontenac, et il y paracheva avec son collègue le Père Buisset la résidence destinée à la mission.
(1) M. J.-G. Shea a publié ce petit livre, en 1863, sous le titre de Mohawk Radical Words.
(2) D'après le témoignage du Père lui-même, il se serait rendu au fort Frontenac, au printemps de 1676.
Puis il retourna à Québec, au couvent de Notre-Dame-des- Anges, juste le temps de s'y approvisionner des objets les plus indispensables au culte, et il reprit le chemin de son ancienne mission, où il rencontra le Père Buisset et le Père Gabriel de la Ribourde. C'était le lendemain de la Toussaint en l'année 1678. Cavelier de la Salle l'y rejoignit bientôt, et le 18 novembre, un brigantin d'environ dix tonneaux quittait le fort Frontenac, ayant à son bord le Père Hennepin, le Sieur de la Motte et seize hommes que l'on destinait à faire le voyage d'exploration dans l'ouest Ce voyage, au dire du P. Hennepin, dura près de quatre ans. Il en serait alors revenu le plus tôt en 1682, puisqu'il était parti dans l'automne de 1678. C'est durant cette absence assez longue que le moine récollet prétend avoir découvert les bouches du Mississipi. La Salle pourtant revendique la priorité de cette importante découverte, pour l'avoir faite en 1682. Il est bien certain que dès l'année 1680, le missionnaire s'était rendu jusqu'à la chute de Saint- Antoine (Minneapolis), en suivant le cours du fleuve géant à partir de la rivière des Illinois. Mais il n'en connut pas l'embouchure, et l'on peut même se demander s'il savait quelle était cette rivière, qu'il nomma Colbert, aux proportions si grandioses.
Quoi qu'il en soit, lorsque le Père Hennepin annonça au monde sa découverte dans son ouvrage intitulé : Description de la Louisiane, le Misaisaipi avait été parcouru jusqu'à son delta par Cavelier de la Salle.
Voilà une question qui mériterait d'être étudiée à fond : aujourd'hui que nous avons sous les yeux les pièces requises, il serait relativement facile d'établir à leur lumière lequel de ces deux Français a eu le mérite que chacun d'eux réclame pour soi. Hennepin n'a pas laissé une réputation de véracité bien extraordinaire ; mais il ne faut pas le juger par ses livres, car ils portent évidemment l'empreinte de mains étrangères. Trop d'éditions ont vu le jour, dans un intervalle relativement restreint, pour qu'il lui ait été possible d'exercer la surveillance voulue.. Les éditeurs bien souvent étaient peu scrupuleux, et ils ont pu se laisser entraîner par des préjugés religieux ou nationaux pour enlever aux œuvres du Récollet leur cachet particulier. Du reste, ce n'eût pas été du nouveau dans l'histoire de la bibliographie de cette époque : l'éditeur et l'auteur étaient deux personnages distincts, partageant souvent des opinions opposées sur des sujets controversables ; et, si l'auteur disparaît soit par absence ou par mortalité, l'éditeur peut se livrer à des changements qui détériorent l'œuvre originale.
Hennepin dit que la Salle fit le voyage du Mississipi en 1682, avec le Père Zénobe Membre qu'il avait quitté aux Illinois en 1680 (1). Cette affirmation est vraie, mais il ne s'ensuit pas que le Religieux ait entrepris la descente du Mississipi jusqu'à son embouchure. Tous les auteurs s'accor-
(1) Nouvelle Découverte. Atm au lecteur.
dent à dire que la Salle prit le commandement d'une expédition vers l'ouest, dans un but d'exploration. Il amena avec lui quelques missionnaires qui devaient tenter la christianisation des peuplades occidentales. C'est ainsi que le Père Hennepin et le Père Membre faisaient partie de cette expédition aventureuse. Tous savaient, depuis plusieurs années, qu'il existait là-bas un fleuve immense dont personne encore n'avait sillonné le cours. Il s'agissait de le trouver et d'en étudîer la configuration. La Salle, en sa qualité de chef de l'expédition, confia au Père Hennepin la tâche d'en rechercher les sources, pendant que lui-même irait à la découverte de son embouchure. On voit en effet le Père Hennepin remonter le cours du fleuve Colbert, jusqu'aux chutes de Minneapolis, et de là regagner les grands lacs pour s'en retourner à Québec (1).
Il est vrai que de son côté La Salle ne put donner suite à son projet au temps fixé, mais de Tonti, l'un de ses compagnons, affirme que le parti de découvreurs arriva sur les bords du Mississipi le 2 février 1683, et qu'il le parcourut jusqu'à son entrée en deux mois et cinq jours. Le 7 avril les découvreurs du parti de La Salle étaient parvenus aux bouches du grand fleuve. Ils en partirent le 11, et au commencement de juillet les intrépides voyageurs atteignaient
(]) Hennepin dit qu'il partit le 8 mars 1680 pour l'embouchure du Mississipi et y arriva à la fin du même mois. En étant parti le 1er avril, le 13 il tomba entre les mains des Sioux Issatis.
Michillimakinac. Quant à la Salle, il arrivait à Québec dans l'automne de 1683, pour partir au commencement d'octobre pour la France.
Il est assez probable que le Père Hennepin passa en France en 1681 et qu'il y mit en ordre les notes qui devaient voir le jour au commencement de l'année 1683. Son ouvrage intitulé : Description de la Louisiane nouvellement découverte au sud-ouest de la Nouvelle-France fut enregistré au livre de la Communauté des Libraires et Imprimeurs de Paris, le 10 septembre 1682, suivant un arrêt du Parlement de 1653. L'impression en fut terminée le 5 janvier 1683. Dans son Epître au Roi, le Religieux dit qu'il a donné le nom de Louisiane à cette grande découverte, en l'honneur de Sa Majesté (Louis XIV). Or, en 1679 (le 10 juin) La Salle avait concédé une île à François Daupin, sieur de la Forêt, et dans le titre on trouve le nom de Louisiane (1). Donc Hennepin ne pouvait se glorifier avec raison d'avoir découvert la Louisiane et de l'avoir baptisée de son nom.
Le Père Hennepin ne dit pas un mot dans sa Découverte de la Louisiane de son prétendu voyage à la Louisiane en 1680. Pourquoi ce silence ? H essaie de l'expliquer subséquemment dans un nouveau livre intitulé : La Nouvelle Découverte^ paru pour la première fois en 1697. " Je veux bien, dit-il, que toute la terre sache le Mystère de cette
(1) Margry, II, p. 21.
Découverte, que j'ay caché jusques à présent pour ne pas donner de chagrin au Sieur de la Salle, qui vouloit avoir seul toute la gloire et toute la connoissance la plus secrète de cette Découverte." (1)
Cette explication ne nous paraît pas satisfaisante. Du reste, quel intérêt pouvait avoir le P. Hennepin à découvrir l'entrée plutôt que les sources du Mississipi ? Courait-il après la gloire ou tout simplement à la conquête des âmes ? Quelle qu'ait été l'intention de Cavelier de la Salle, en se faisant accompagner de missionnaires, il est patent qu'il avait reçu des instructions, et celles-ci s'étendaient non seulement à lui, mais à chacun des personnages qui tentaient la même fortune que lui.
(1) Nouvelle Découverte, p. 248, éd. de 1698.
£1 Ton ne connaissait point tout ce que peut opérer l'activité humaine, on s'étonnerait du nombre considérable d'éditions et de traductions qu'ont obtenues les ouvrages du Père Hennepin. Les titres ronflants qu'il leur donnait et qui englobaient des pays depuis peu connus, servirent à leur procurer de la vogue, et un peu plus tard, l'esprit de parti et de religion a pu y être aussi pour beaucoup.
Hennepin s'est fait traduire en anglais, en hollandais, en italien, en allemand, voire même en espagnol ; il n'est pas improbable, bien que je n'aie aucune autorité à l'appui, qu'il ait réussi à faire mettre en latin ses récits pompeux.
Les ouvrages du Père Hennepin sont en trois volumes et portent des titres différents. Le premier, paru en 1683, comme nous l'avons va, commence par ces mots : " Description de la Louisiane ; le second n'aurait été publié qu'en
1697, à Utrecht, et il est intitulé : Nouvelle Découverte d'un très grand pats ; enfin, le troisième ouvrage dont le titre commence par ces mots : Voyage d'un pats plus grand que l'Europe, serait la suite du second, et parut à Utrecht en
1698. Cependant le titre de la traduction allemande, Brème,
1690, commence par ces mots : Neue Entdeckungen ou Nouvelles découvertes, et paraît être analysé du titre du second ouvrage. La première édition du second ouvrage en français serait donc antérieure à 1698, et il y aurait eu d'autres éditions que celle d'Utrecht, car il est dit que cet ouvrage est traduit par Langen. Hennepin aurait-il changé le titre seulement, ou aurait-il fait traduire son livre en allemand avant de le publier en français ? Le nombre d'années écoulées entre la publication du livre allemand et celle du livre français à Utrecht, ne rend point cette dernière supposition possible.
Faribault et Ternaux-Compans ne donnent point toutes les éditions. Elles sont plus complètement indiquées dans l'ouvrage de M. Harrisse jusqu'à 1700, que dans aucune autre bibliographie. Cependant il reste des doutes quant à l'authencité de certaines éditions. M. J. Gilmary Shea en a dressé une liste assez complète. M. Philéas Gagnon est arrivé à un résultat encore plus satisfaisant.
C'est à l'aide de ces bibliographes et de plusieurs autres encore que j'ai pu parvenir à compléter, dans la mesure du possible, une étude aussi aride que celle-là.
Pendant que le Père Hennepin faisait imprimer son premier ouvrage, il demeurait à Saint-Germain-en-Laye. Aussi put-il en surveiller lui-même l'impression. En somme c'est un livre intéressant et véridique, quoi qu'en aient dit Margry, Bancroft et Parkman. M. Gilmary Shea, qui en a fait une traduction anglaise, affirme n'y avoir découvert aucune erreur, si ce n'est des erreurs de détails, comme le mot peroquets mis pour pirogues. On l'a accusé de plagiat, mais c'est à tort, comme l'a prouvé amplement M. J.-G. Shea dans l'étude qu'il a faite de la vie du Religieux. Tout ce qu'on pourrait peut-être lui reprocher dans son premier ouvrage c'est un peu d'exagération et de vanité. Hélas ! Cette pauvre nature humaine est toujours faible par quelque côté.
' Voici maintenant le titre détaillé du premier ouvrage de Hennepin :
Description de la Louisiane, nouvellement découverte au Sud-Ouest de la Nouvelle-France, par ordre du Roy. Avec la Carte du Pays ; Les Mœurs et la manière de vivre des Sauvages. Dédiée à Sa Majesté, Par le R. P. Louis Hennepin, Missionnaire Récollet et Notaire Apostolique. — A Paris, chez la Veuve Sébastien Huré, près S. Severin. M.D.C. LXXXIII. Avec Privilège du Roy.
In- 12, 312 pages et 107 pages chiffrées séparément pour les Moeurs des Sauvages, et une carte portant dans un médaillon, l'inscription suivante : Carte de la Nouvelle France et de la
Louisiane nouvellement découverte dédiée au Boy Van 1633. Par le Révérend Père Louis Hennepin Missionnaire Reeoleet et Notaire Apostolique N. Ghierard Inve. etfecit.
Permis d'imprimer accordé le 3 septembre 1682, et enregistré le 10 septembre. Impression terminée le 5 janvier 1683.
Cette carte fait remonter le Mississipi jusqu'à l'embouchure de l'Illinois, sans indiquer les rivières Missouri et Ohio. Sur un arbre sont dessinées les armes françaises, près du lac de Buade ; ailleurs, sur le bord du lac des Assinipoils, une église avec ces mots " Missions des Récollets " sert à indiquer que les missionnaires franciscains avaient une mission dans ces parages. (1)
Cette première édition fut bientôt suivie d'une seconde, exactement semblable à l'autre, elle fut imprimée chez Amable Auroy, proche la fontaine S. Séverin en 1684 (2).
( 1 ) Références :
Shea (Hennepin) Nos 1 et 2.
Sabin (Dictionary) No 31347.
Ternaux (Catalogue) No 9S5.
Carter-Brown, II, p. 24.
I^n no x (Hietorical Magazine) II, pp. 24, 346.
Dufossé (A me ricana) No 5441.
Leclerc (Bibl, Amer.) No 5, 897, 898.
Rien (Catalogue) No 4U2.
H ar risse (Bibliographie) No 150.
Deschamps et Bru net, I, p. 59S.
Faribault (Catalogue) No 29J.
(2) Références:
Tromei (Bibl. Amer) No 422.
Winsor (Nar. and Critic. Hist.) IV, 248.
En 1686, parut à Bologne nne traduction en italien, imprimée chez Giacomo Monti. Le traducteur s'appelait Casimir Freshot, et sa dédicace est datée du 21 janvier 1686 (1).
L'édition française de 1683 fut réimprimée à Paris, en 1688, chez Amable Auroy, rue Saint-Jacques, à l'Image Saint-Jérôme, attenant la fontaine S. Séverin. C'est un in-12 de 812 pages avec 107 pages pour les Mœurs des Sauvages. Même carte. Achevé d'imprimer le 10 mars 1688. De Pimprimerie de Laurent Bondet (2).
En 1688 9 nouvelle édition française à Amsterdam. Faribault est le seul bibliographe qui la mentionne (4). Peutêtre est-il dans Terreur, mais cette réimpression est fort possible, vu que la même année il parut à Amsterdam une édition hollandaise.
Après avoir séjourné pendant trois ans chez les Récollets de Renti en Artois, le Père Hennepin fut sommé par le ministre Louvois de quitter la France et d'habiter l'Espagne
(1) Référencée:
Harriase, No 157.
Shea, No 4 Sabin, No 31356.
Ternaux, No 1012, etc., etc., etc.
(2) Référence»:
Harri8se, No 160.
Winsor, IV, 249.
O'Callaghan, No 1068 Sabin, No 31348, etc., etc.
(3) Faribault, No 291.
ou quelque territoire espagnol. Il se rendit à Gosselies où il devint confesseur des religieuses Récollectines. Il y passa cinq années de sa vie. C'est probablement durant ce séjour en Hollande qu'il vit publier une édition hollandaise de sa Description de la Louisiane. C'était en 1688. C'est un in-quarto de 158 pages. On y trouve une carte de la Louisiane et quatre planches. La carte renferme l'Amérique du Nord, l'isthme et une petite partie de l'Amérique du Sud.
L'ouvrage est divisé en deux parties. La première est consacrée à une description de la Louisiane, telle qu'énoncée par le titre. La seconde renferme une description géographique et historique des côtes de l'Amérique et une histoire naturelle par Nicolas Denys (Paris, 1672). Cette dernière partie renferme 2 planches gravées et 200 pages de texte (1).
En 1689 parut une édition nouvelle en allemand, chez André Otto à Nuremberg. In-18 de 427 pages. C'est une traduction littérale du premier ouvrage de Hennepin. Le titre commence comme suit : Beschreibung der Landschaft
(1) Références:
O'Callaghan, Nos 1069, 1070.
Stevens, No 1435.
Muller, 1870, No 908.
Carter-Brown, II, 1355.
Shea, No 5 Sabin, No 31357 Brunet, 598-9.
H ar ris se, No 161.
Louisiana welche auf Befehl des Konigs in Frankreichs in America. . . (1).
En 1690 autre version allemande publiée à Brème, portant pour titre : Neue Entdeckungen vieler sehr grossen Landschaften... (2).
En 16' 2 parut à Nuremberg une nouvelle édition en allemand, chez André Otto, le même qui avait imprimé l'édition de 1689. C'est encore un in-18 de 427 pages. Avec carte (3).
Il n'y eut plus d'autre édition européenne du premier ouvrage du Père Hennepin. Ce n'est que depuis peu, en 1880, que parut à New- York une traduction anglaise par J. Gîlmary Shea. C'est un in-8 de 408 pages, avec fac-similé du titre de l'édition de 1683. La vue de la chute Niagara qui s'y trouve, a été copiée sur la gravure de l'édition de 1697 de la Nouvelle Découverte.
(1) Référence* :
O'Callaghan, No 1071.
Shea, No 6.
Ternaux, No 1041.
MuUer, 1877, No 1399.
Brunet, I. p. 599.
Harrisse, No 163.
Bibl. Brown, No 994.
(2) Références :
Harrisse, No 165.
Ternaux, No 1049.
(3) Référencée:
Shea, No 7.
Lennox II, p. 24.
►;PRES avoir fait ses adieux aux religieuses de Gosselies, |v le Père Hennepin se rendit à Louvain où il ne fit qu'un court séjour. Il résolut alors de se rendre à Amsterdam ; mais il fut arrêté en route par des voleurs qui lui enlevèrent son argent Ce contre- temps n'entrava pas son dessein, car il croyait qu'à Amsterdam il pourrait faire imprimer le nouveau livre qu'il tenait en cartons II y arriva bientôt, mais son espoir fut déçu. C'est alors qu'il eut l'heureuse inspiration de se rendre à Utrecht, où, de fait, il réussit à négocier cette affaire d'impression qui le tourmentait depuis quelque temps déjà. L'ouvrage fut terminé en 1698.
Titre gravé : Nouvelle Découverte d'un très grand Pays situé dans l'Amérique. Par R. P. Louis de Hennepin. A Utrec, chez Guillaume Brœdelet.
Titre imprimé : Nouvelle Découverte d'un très grand Pays situé dans l'Amérique, entre le Nouveau Mexique et la Mer Glaciale, Avec les Cartes et les Figures nécessaires, et de plus l'Histoire Naturelle et Morale, et les avantages qu'on en peut tirer pour l'établissement des Colonies. Le tout dédié à Sa Majesté Britannique Guillaume III Par le R. P.
Louis Hennepin Missionnaire Recollect à Notaire Apostolique. A Utrecht, Chez Guillaume Brœdelet, Marchand Libraire, MDCXCVII.
In-12, 506 pages — 10 pages marquées 313*, 2 cartes, 2 figures ; le Niagara et le Bison.
^ Cet ouvrage débute par une Epitre Dédicatoire de 23 pages, un Avis au lecteur de 26 pages, puis suit la Description de la Louisiane jusqu'à la page 200. De la page 249 à 312 le sujet est consacré au prétendu voyage de l'auteur jusqu'à l'embouchure du Mississipi. La pagination, la différence de caractères dans les têtes des chapitres, la dissimilitude des sommaires, tout indique qu'il y a eu une grande négligence, soit de la part des imprimeurs, soit du côté du copiste, qui devait être autre que Hennepin lui-même. On y rencontre des erreurs trop graves, pour que l'auteur les eût laissées passer inaperçues, s'il eut revisé les feuilles imprimées. Il est assez probable qu'on y a fait des additions après coup. Comment expliquerait-on autrement ces dix pages marquées du chiffre 313 avec astérisque? (1) ^
(1) Références:
Harrisse, No 175.
Shea, No 1 .
Sabin, No 31349.
Ternaux, No 109~>.
Carter-Brown, II, 1513.
Stevens, I, 1434.
Leclerc, No 902.
Trômei, No 422.
D. & Brunet, I, 599.
L'année suivante, c'est-à-dire en 1698, une édition française fut publiée à Amsterdam, chez Abraham van Someren. C'est un in-12 de 506 pages. Cette édition correspond page pour page à celle de 1697, y compris les dix pages étoilées, à l'exception toutefois des sommaires qui sont uniformément imprimés.
On y remarque deux cartes et deux gravures ; le Niagara et le Bison. Le frontispice représente un sauvage nu tenant le calumet.
Cette édition se trouve dans la bibliothèque de la Législature (1).
En 1699, parut une édition en allemand, à Brème, chez Philip Gottfr. Saurmans. Elle est intitulée : Neue Entdekung vieler... C'est un in-12 de 882 pages. Frontispice gravé. H y a une carte et 2 gravures (2).
(1) Références:
Shea, No 2.
Sabin, No 31350.
Harrisse, No 176.
Ternaux, No 1110 O'Callaghan, No 1073.
Muller, 1877, No3etôG6.
Carter-Brown, II, 1538.
(2) Références: Shea, No 5.
Lennoz, II, 347.
Sabin, No 31367.
Carter Brown, II, 1572.
Harrisse, No 185.
Stevens, I, No 1435.
Ternaux, No 1049.
Brunet, I, 599.
La même année, une édition en hollandais fut publiée à Amsterdam chez Abraham van Someren— In-quarto de 220 pages. Elle est intitulée : Nieuve Outdeckkinge Van een groot Land, gelegen in America, tusschen nieuw Mexico en de Ys-Zee... 2 cartes et 2 gravures : le Niagara et le Bison (1).
La même année, 1699, une traduction en espagnol vit le jour à Bruxelles chez Lambert Marchant — In-12, 86 pages— 1 carte et 2 gravures.
Harrisse dit de cette édition : " Dans la préface Fernande* de Medrano le premier révoque en doute les singulières assertions produites par le Récollet dans l'édition de 1697 (2).
En 1702, nouvelle traduction hollandaise à Amsterdam — In-quarto, titre gravé, 220 pages, 2 cartes, 2 gravures. Deuxième partie, carte et gravures (8)
En 1704, parut à Amsterdam une édition nouvelle en
(1) Référencée :
Harrisse, No 183.
Trômel, No 422.
(2) Références:
Shea, No 1.
Carter-Brown, II, 1573.
Lennox II, 25.
Ternaux, 1126.
Harrisse, 184.
(3) Références:
O'Callaghan, No. 1076.
8tevens, No. 1350.
Muller, 1872, No. 912.
français, qui est fort estimée et très répandue. Elle diffère quelque peu de la première. En voici le titre au long :
Voyage ou Nouvelle Découverte d'un très grand pays, dans Y Amérique, entre le Nouveau Mexique et la Mer Glaciale, Par le R. P. Louis Hennepin, Avec toutes les particularitez de ce Païs, et de celui connu sous le nom de La Louisiane ; les avantages qu'on peut tirer par l'établissement des Colonies enrichie de Cartes Géographiques Augmenté de quelques figures en taille douce. Avec un voyage qui contient une Relation exacte de l'Origine, Mœurs, Coutumes, Religion, Guerres et Voyages des Caraïbes Sauvages des Isles Antilles de l'Amérique Faite par le Sieur de la Borde, Tirée du Cabinet de Mons. Blondel. A Amsterdam, chez Adriaan Braakman. MDCCIV.
In-12, 604 pages. La page 493 est marquée 293. 2 cartes, titre gravé, 6 planches : le Niagara, le Bison, la construction du Griffon^ les Indiens alarmés, le pays du Buffle, les Compagnons de Hennepin retirant d'une cache leurs effets de voyage.
La Relation des Caraïbes commence à la page 517 avec un titre imprimé. La page 518 renferme le jugement du Sieur Richard Ligon sur ce voyage. (1)
(1) Référence*:
Shea, No 3.
StevenB, No 1436.
Leclero, No 905.
Faribault, No 292.
Trômel, No. 422.
Les bibliothèques du parlement d'Ottawa et de Québec possèdent cette édition de 1704.
Cinq autres éditions parurent en 1704 : deux en français, deux en hollandais, et une en allemand comme suit :
Edition française à LaHaye, chez Jean Kitto — In-12 de 604 pages. Titre gravé, 2 cartes, 6 planches. (1)
Edition française à Leyde, chez Pierre Van der Aa — In-8. Elle se trouve dans la collection Benzoni. (2)
Edition hollandaise à Leyde, chez Pierre Van der Aa — In-4, 219 p. — 2 cartes, 6 gravures. Cette édition est communément reliée avec les Voyagien de Benzoni. Elle ne renferme pas le voyage de la Borde, ni le voyage de L. de Capiné qui se trouve dans la traduction de 1699. (3)
Edition hollandaise publiée à Rotterdam, par Barent Boe. In-4, 219 p., 2 cartes, gravures (4).
(1) Refermées:
Shea, No 4.
Sabin, No 31353.
Lennox, II, 25.
(2) Shea, No 5.
Muller, 1870, No 910.
Muller, 1872, No. 83.
(3) Shea, No 4.
Sabin, No 31361 Carter-Brown, III, 53, 54.
Stevens, I, 1437.
Muller, 1870, No 913.
Muller, 1877, No 1398.
(4) Shea, No 12.
Sabin, No 31362.
Lennox, II. 25.
Edition allemande à Leyde, chez Fierre Van der Aa. — In-4 de 219 p., 2 cartes, 6 gravures. Une carte est tirée de l'édition française. (1).
En 1711, nouvelle édition à Amsterdam, intitulée: Voyages curieux et nouveaux de Messieurs Hennepin et de La Borde Où l'on voit une Description très Particulière d'un Grand Pays dans l'Amérique, etc. — A Amsterdam Aux dépens de la Compagnie.
Cette édition ressemble en tous points à l'édition de 1704 publiée à Leyde, avec cette différence que le titre imprimé est un peu plus allongé et forme un repli. Même erreur de pagination à la page 493. (2)
En 1712, nouvelle édition à Amsterdam, chez Jacques Desbordes, intitulé: Voyage ou Nouvelle Découverte... In-12, titre gravé, 604 pages, 6 gravures (8).
(1) Shea, No 13.
Sabin, No 31361.
Carter-Brown, III, 53, 54.
Stevens, I, No 1437.
Muller, 1870, No 913.
Muller 1877, No 1398.
(2) Shea, No 6.
8abin, No 31354.
Muller.1872, No 911.
Carter-Brown, II, 153.
(3) Références:
Shea, No 7.
Sabin, No 31355.
Carter-Brown, III, 168.
Stevens, 1, 1438.
En 1720, quatre autres éditions dont deux en français, une en allemand, et une en anglais, comme suit :
Edition française, à Amsterdam (1).
Edition française à Paris. C'est un abrégé de 45 pages, intitulé : Description de la Louisiane par le chevalier Bonrepos (2).
Edition allemande, à Leipzig (3).
Edition anglaise publiée à Londres, chez W. Borehanu In-8 de 22 pages (4).
En 1722, parut à Amsterdam une traduction hollandaise, intitulée : Nieuve Ontdekkinge van groote Lande in Amerika. . . (5).
Deux nouvelles éditions en 1737, toutes deux françaises.
L'une fut imprimée dans le Recueil de Voiages au Nord, tome 9, chez Jean Frédéric Bernard, à Amsterdam. In-12 de 464 pages avec une carte intitulée : Le cours du fleuve Mississipi. (6)
Références :
(1) Dufossé, 1878, 4577.
(2) Lennox, II, 25.
(3) Lennox, II, 25.
(4) Shea, No 2.
Sabin, 20,247.
Lennox, I, 347.
(5) Shea, No 4.
Sabin, No 31363.
(6) Shea, No 8. Winsor, IV, p. 255.
Lennox II, 25.
L'antre fut publiée avec une traduction de Qarcilaeo de la Vega. (1)
En 1739, édition allemande imprimée à Nuremberg chez Christ. Fried Feieze. In-18 de 425 pages avec 2 cartes. (2)
En 1742, nouvelle édition allemande publiée à Brème. (8)
Enfin en 1880 M. J.-S. Shea publia à New-York une traduction anglaise de la Nouvelle Découverte. Ce fut la dernière édition du célèbre ouvrage du Père Hennepin — C'est la vingt^quatrième. On ne s'explique guère une pareille vogue, quant on sait que cet ouvrage, quoique neuf pour une bonne partie, renferme des données extraites d'auteurs qui l'avaient précédé.
(1) O'Calloghan (Hiet. Magazine) II, 24.
Winsor, IV, p. 255.
(2) Shea, No 16.
Carter-Brown, III, 604.
(3) Carter-Brown, II, 708.
OUS avons déjà mentionné le troisième ouvrage du Père Hennepin qui vit le jour la même année que la Nouvelle Découverte. Il est intitulé comme suit :
Nouveau Voyage d'un Païs plus grand que l'Europe. Avec les réflections des entreprises du Sieur de la Salle sur les mines de Ste. Barbe, etc. Enrichi de la Carte, des figures expressives, des mœurs et manières de vivre des Sauvages du Nord et du Sud, de la prise de Québec, Ville Capitale de la Nouvelle France par les Anglois, et des avantages qu'on peut retirer du chemin raccourci de la Chine, et du Japon, par le moien de tant de Vastes Contrées et de Nouvelles Colonies. Avec approbation et dédié à Sa Majesté Ghiil. laume III, Roy de la Grande Bretague, par le R. P. Louis Hennepin, Missionnaire Recollect et Notaire Apostolique. A Utrecht, chez Antoine Schouten Marchand Libraire, lu98.
In-12, 389 pages, 4 gravures, une carte. Les huit premiers chapitres décrivent les aventures de Cavelier de la Salle. Hennepin a copié servilement Y Etablissement de la Foy du P. Chrestien Leclercq. La carte de cette édition eet intitulée : Carte du Nouveau Monde entre le Nouveau Mexique et la Mer
Glacialle Gasp. Bouttats fecit. C'est la marne qui se trouve dans l'édition hollandaise de la même année (1).
Les bibliothèques du parlement d'Ottawa et de Québec possèdent cette édition.
La même année, 1698, parurent deux nouvelles éditions, dont l'une hollandaise et l'autre allemande.
La première porte un titre gravé et un titre imprimé et fut publiée à Utrecht chez Antoine Schouten. In-4 de 142 pages. La dernière page porte le chiffre 242 par erreur. On y trouve une carte de Gasp. Bouttats en français ; elle renferme une partie de l'Europe et de l'Afrique et de l'Amérique du Sud (2).
La seconde commence comme suit : Neue Beise Beschreibung durch viele Lander weit grosse r als gantz Europa. . .
(1) Références:
Shea, No 1.
Sabin, No 31351.
Carter-Browrn, II, 1537.
Harriase, No 177.
Beckford, No 677.
Leolerc, No 904.
Rich, No 455.
Ternaux, No 1,111.
Trômel, No 424.
(2) Références :
O'Oallaghan, No 1075.
Shea, No 4.
Sabin. No 31358.
Carter-Brown, II, 1539.
Lennox, IL 347. Harrisse, No 179.
Muller, 1872, No 909.
Trôinel, No 425.
Muller, 1877, No 1396.
Bremen : Phil. Gottf. Saurraann. In- 8 de 228 pages, 4 planches (1).
En 1720, édition française à Amsterdam.
En 1734, nouvelle édition française à Amsterdam, chez J.- F. Bernard. Ce voyage est imprimé dans le Recueil des Voiages au Nord, contenant divers mémoires très utiles au commerce et à la navigation (2).
En 1737, édition française à Paris (3).
En 1742, édition allemande à Brème. In-18de 382 pages — 2 cartes, 2 planches (4).
En tout sept éditions du troisième ouvrage.
Enfin Ton vit dès 1698 l'impression en un seul ouvrage des deux derniers livres du Père ïïennepin, et c'est en anglais qu'ils furent publiés. Trois éditions parurent en 1698, et la quatrième en 1699.
En voici la description : A New Discovery of a Vast Country in America, extending above Four Thousand Miles
Cl) CarterBrown, II, 1540.
Harrisse, No 165.
Ternaux, No 1049.
(2) Dufossé, No 37112.
Shea, Nos 2 et 3.
(3) Dufossé, No 4577.
Lennox, II, 24.
(4) Shea, No 6.
Sabin, No 31369.
between New France and New Mexico, with a Description of the Great Lakes, Cataracts, Rivers, Plants and Animais. Also the Manners, Customs and Languages of the Several native Indians. . .By L. Hennepin, now résident in Holland. To which are added Several New Discoveries in North America not publish'd in the Prench Edition. London, Printed for M. Bentley, J. Tonson, H. Bonwick, T. Goodwin and S. Manship. 1698.
In-8, 2 volumes, vol. 1,299 pages de texte ; vol. II, 78 p. 2 cartes, 7 planches. Le 1er volume contient une traduction de la Nouvelle Découverte et Ton y a placé comme supplément le voyage de Marquette. L'on résolut ensuite de traduire le Nouveau Voyage, lequel fut imprimé en caractères plus fins, formant 178 pages. En reliant les deux volumes Ton n'a pas tenu compte de la pagination, et le voyage de Marquette a été placé à la fin du texte comme suit :
Nouvelle Découverte . . là 299
Nouveau Voyage 1 à 178
Supplément 301 à 355. (1)
(1) Références:
Shea, No 1.
Sabin, Nos 31,370, 31371.
Ternaux, No 1010, 1119.
H armée, No 181.
Rioh. No 456.
Brinley, No 4492.
Carter-Brown, II, 1535 et 1536.
Field (Indian fiibl.) No 685.
Lennox, II, 347.
Menzies, No 915.
Faribault, No 294.
1698. Même titre que le précédent.
In-8. Titre gravé, 2 cartes, 7 planches.
Ce n'est pas une réimpression du précédent. Il y a de légères altérations dans la première partie, mais la seconde a été revue et corrigée avec soin. Dans cette édition deux chapitres portent le numéro XXII (1).
1698. Même titre que les deux autres.
L'erreur des chapitres de l'édition précédente est corrigée (2).
1690. A New Discovery of a Vast Country in America. . . London, printed for Henry Bothwick, at the Red Lion in St. Paul's Church yard, 1699.
In-8. Titre gravé, 2 cartes, 6 planches. C'est une réimpression (3).
(1) Référence:
Shea, No 2.
(2) Référence:
Shea, No 3.
(3) Référence*:
Shea, No 4.
Sabin, No 31372.
O'Callaghan, No 1074.
Lennox, II, 74.
Menàes, No 916.