‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 256 sur 533 · LES LATINISMES 2S · texte numérisé non relu

LES LATINISMES 2S

Nous avons relevé dans le stvle même d'Estienne un certain nombre de ces latinismes de date récente. Nous ne parlons pas de ceux auxquels il donne une valeur expressément ironique, quand il retourne leurs propres mots aux « latinisa teurs ^ », de même qu^il renvoie les italianismes les moins aimables « aux excoriateurs du langage ausonique '^ » .

Mais d'autres latinismes lui sont communs avec les écrivains de son temps :

Dédication ^ \ equipoller ^ (valoir autant) ; eayiijr/ier ' ; extravagûer^ pris au fîguré : sortir du sujet •. — Farraginenx : « un langage farragineux ; car un tel meslinge peut bien estre dici farrago ' >> ; réciprocation •. Rob. Est. 1549 donne le mot et l'explique par retour.

Chez Du Bellay, Estienne a noté ou souligné des expressions dont le caractère latin est évident.

M 0 saincte et aline Surdité ^ ! » Estienne écrit en marge aime. Ce mot n'est pas dans Rob. Est. ; il apparaît seulement dans Nicot (1606) qui cite aime soleil (exemple de Ronsard) et rapproche Titalien almo.

« Ce grave port... qui d'au^u^^e a je nescayquoy *® » note marginale: « Semeiôsai : auguste ». Ce mot ne figure pas non plus dans Rob. Est. ; le Dict. général indique un texte du \\\\^ siècle : mais ce latinisme ne devait s'imposer qu'au xvii*.

« Employez aux afTaires belUques '^. » Le mot est dans le latin-français de 1552 « discipline bellique » ; il manque au fr.-latin de 1549. Il apparaît cependant dès le xiv** siècle'^, et il est assez fréquent au x\^ et au xv!*" ; « haut œuvre bellique » (Marot) ; « expérience bellique » (Montaigne *^).

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