Roland, Extraits de G. Paris
La loi de raction métaphorique qui a présidé au développement des si^ifications latines et « romanes », nous la voyons encore dans rhisloire de ces familles de mots, que Henri Estienne a groupés.
Prenons les significations de caput et de (este : c'est ici dans les deux langues le même point de départ, le mcme signe sensible. Kstienne y constate « Taccord de nostre langue avec le lalin * ». Mais caput a donné lui-même des dérivés au français : capital, décapiter, etc. ; d'autre part, il se retrouve dans le capo des Italiens, dans le cap des Gascons, d*où la locution française do pied en cap^; et il a donné aux Picards caboche, « qui pour eux vaut teste '. » Ëntin (quoi qu'en pense Estienne) notre mot chef est la transformation phonétique de cap u^ Quanta teste, ce mot a été formé du latin testa : « parce qu'on a comparé le crâne soit à un A-ase de terre, soit à la carapace de certains animaux*. » « Encore disons-nous le test de la teste, et tests de pot de terre quassé. >> (Fr.-lat.) Sous leur diversité, ces mots latins et français forment donc deux groupes, reposant sur une image commune, et dont chacun donnera lieu, par des associations d'idées, à une série de métaphores. — Quant à d'autres mots, comme opiniastre, opinionis suœ pertinai qu' Estienne rapproche de testu et de capito ', sMls expriment des idées analogues, ils ne s'appuient pas sur Tidéc concrète représentée par caput et testa : ils sont donc en dehors de notre famille métaphorique.
Dans chacune des deux séries, Estienne poursuit sa comparaison avec le lalin. Il retrouve dans le latin « barbare » ces dérivés français : capitaine de capitaneus •, décapiter de decapitare; dans le lalin des jurisconsultes : crime capital, crimen capitale. Si capitellum [chapiteau) est classique, capitulum n'a signifié chapitre d'un livre « que chez les écrivains barbares^ ». « Quant au sens canonique du mot chapitre, d'où nous avons tiré chapitrer, les chanoines eux-mêmes reconnaîtront avec Estienne qu'il faut aller le chercher en dehors de la latinité » dans la langue ecclésiastique du moyen âge ^. Dans sa signification spéciale d'ar-