‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 391 sur 533 · Ibid., l · texte numérisé non relu

Ibid., l

374 «. ESTIENNE GBA3fMAIRIEN FRANÇAIS

[chassés de notre pays] ; € on ne départ jamais d'avec luy sans rapporter... * »; cf. l'expression au départir; despayser^ a qui est du pur françois et signifie sortir d'un pays, ou quitter son pays^. »

5** Composition par juxtaposition de deux mots ^

Cette forme de composition a été remise en grand honneur par Ronsard et par ses disciples. A vrai dire, elle n'avait jamais cessé d*être française. La vieille langue s'en était heureusement servie pour créer des noms propres et des noms communs. L'erreur de Ronsard a été de forger des adjectifs ou des noms composés sur le patron des épithètes homériques'*. Sans doute, nous ne lui reprocherons pas la fameuse pièce où il emploie ocymore^ dispotme^ oligochronien^ puisqu'il y exprime précisément le regret que ces composés ne puissent devenir français^. Et nous savons que la pièce dithyrambique, récitée à la pompe du bouc de Jodelle (1552), en l'honneur de Bacchus : *

0 Cuisse-né, Archète, Hyménien...

n'était qu'une plaisanterie de circonstance ^, Il n'en reste pas moins vrai que Ronsard et les poètes de la Pléiade ont choqué le goût français en multipliant les épithètes « homériques » simples ou composées, en donnant un tour trop savant et trop érudit à une formation qui devait rester populaire, et, là même où ils n'ont pris que des mots français, en les accouplant d'une façon souvent bizarre et trop en dehors de l'usage.

Laissons de côté le « Phebus Cynthien^ Cyrénéan^ Pataréan^far qui le trépied thymbrcan les choses futures devine » ; le grec était à sa place dans l'ode pindarique"^ dont la poésie française ne s'est pas d'ailleurs accommodée. Mais nous demandons si l'or chasse^peine^

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