‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 479 sur 533 · Prém., p. 9i · texte numérisé non relu

Prém., p. 9i

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446 H. ESTIËNNE GRAMMAIRIEN FRANÇAIS

De même il critique la rime : appreslee^ enracinée^ et propose donnée « pour éviter la faute *. »

Nous classerons en deux groupes les rimes dont H. Estienne a noté TinsufBsance chez Du Bellay '.

\^ Rimes qui manquent de la consonne d'appui ou qui cependant Tayani, restent encore défectueuses :

A. Profit, crédit (p. 562 et f« prélim. I); à nos yeux, les cieux (499, ; ayeux, laborieux (396).

« Et mir autres maulx qui arrivent A celles qui Tamour ensuyvent »

Note marginale : «malim : qui poursuyvent Celles là qui/ etc. » (540 1. H. Estienne exige d'autant plus la consonne d'appui pour les désinences verbales ; il reprend : apparoislre, cognoistre (739) ; « sue, remue » (463 et f° prélim., 1.) « Semei. : vante^ chante, et puis vanter, chanter » (492, 493 et f® prélim. VI). Cette observation prouverait donc qu'il n'ai mait pas même avec la consonne d'appui la rime des désinences verbales.

Il semble qu'il réclame encore le secours de la consonne d'appui quand un adjectif rime sur un substantif : « Semei. pareil^ conseil » (350, note} peine, pleine (505) ; ou quand un verbe rime sur un substantif : repousse, secousse (292) ; fleuve, se treuve (292); me ronge ^ la mensonge (363) ; ou un adjectif sur un autre adjectif : « aucun, commua » (562 et f^ prélim. I.) ou tout cela ensemble comme dans ces trois rimes : « mémoire, notoire^ boire » (607).

Il souligne d'ailleurs des rimes qui, à défaut de la consonne d'appui, ont cependant une articulation finale qui prolonge l'assonance ' : Aage, courage (387); merveilles, oreilles (752); amorce, force '{'dOb) ; advaniage, mariage (290) ; d'armes, larmes (294). Il observe que « tousjours princes ryme sur provinces » (699; cf. 305, 528); lui-même propose minces qui n'est pas plus riche! (f^ prélim. I). 11 note u qu'au poème contre la vieille [courtisane], p. 539, rien n'est rymé sur vieille* ».

/?. Les rimes suivantes ont la consonne d'appui ; mais elles présentent l'idenlité des désinences sans que la syllabe finale en prolonge assez le son : sentir, adverlir (267). ''Cf. plus haut : vanter, chanter); vivez, suyvez (1053). Estienne blâme gré, sacré (255, « Semeiosai » et f" prélim., I). Ici, en effet, la vraie consonne d'appui, c'est la gutturale; or elle n'est pas de même valeur dans les deux mots.

Cela ne veut pas dire qu'on ne puisse trouver chez Du Bellay un nombre assez respectable de rimes vraiment riches; et ce sont celles que

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