‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 495 sur 533 · I -. ; :r Tr^'it .-^M^rer. respond qu'il · texte numérisé non relu

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dictes epigrammes sans licence, respond que ouy, mays il estinioit que en ayant monstre une partie à Monsieur de Beze, les aultres ne seroient pas trouvés mauvais.

Interrogé à quelle fin il le faisoit, si c'estoit pour estre veu ou à quelle fin, respond qu'il le faisoit pour gagner.

S*il scait pas qu'il est défendu à tous imprimeurs de la ville de rien imprimer de nouveau sans licence de la Seigneurie, respond que ouy ; mais il estimoit qu'il y eusl ceste restriction que ce fust de matières de conséquences.

S'il scait pas qu'il est défendu à tous chrestiens d'injurier et calomnier ainsy les gens, respond que ouy.

Interrogé si par telle impression il a pas encouru la peine de rébellion envers la Seigneurie et la réparation envers le particulier et l'amende envers le fisque, respond qu'il ne l'a pas entendu ainsy. Toutefois il ne veult pas nyer qu'il n'ayt mal faict.

Interrogé s'il n'a pas veu chastier telz rebelles à la Seigneurie, mcsmes quant il y a de la récidive, respond que le livre n'a pas esté publié, mays est encore en son entier.

Interrogé s'il est pas vray que s'apcrcevant qu'on avoit descouvert Tcpigramme contre Monsieur Crespin il a pas changé le nom mettant Crespinus^ respond que ouy.

Interrogé que il entend par ung qu'il dn^eXe posthume^ respond qu'il n'en a pas souvenance.

Interrogé qui il entend par Aulus Paulus et aultres, respond que ce sont de ses compagnons d'escoles d'Italie.

Interrogé pour quoy il s'est attaché à la nation italienne, respond pour ce qu'ilz nous mesprisent.

Interrogé pour quoy doncs il loue tant Naples, respond pour ce qu'il y a receu beaucoup de faveurs.

Interrogé pour quoy il souhaite plus tost d'estre de ce pays de Naples que d'aultre, respond qu'il n'avoit point ceste intention, sinon que l'Evangile y fust.

Interrogé si par totes ces faultes il a pas monstre une rébellion manifeste ù la Seigneurie, respond que son intention n'a pas esté telle.

S'il cognoit pas avoir grandement failly, respond que ouy, mays il ne Tha pas faict par rébellion ou désobéissance.

Interrogé si estant dernièrement devant Messieurs il dict pas que le sieur Bernard luy avoit dict qu'il le pourroit faire, respond qu'il dict avoir entendu tant de quelques ungs des Seigneurs que des ministres qu'il y avoit quelques livres qui se pouvoient imprimer sans licence.

Interrogé s'il luy parla des livres qu'il avoit composés et tous livres anciens et esquelz y auroit du changement, respond non , aussy n'a il pas parlé si avant. Aussy Monsieur Chevalier lui a bien dict qu'il y avoit bien quelques livres qui se pouvoient imprimer sans congé.

Interrogé si dernièrement ayant imprimé son Apologie d'Hérodote il promit pas qu'il n'y retourneroit pas, respond que ouy.

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dans le Conciones de 1570, nous prouve qu'il en a été ainsi. Esiienne y parle « de la préface qu'il a mise à son volume d'épigrammes, dont les unes sont de son invention, les autres sont [traduites du grec en latin * », et il termine sa lettre à l'ambassadeur en lui disant qu'il lui envoie ce volume même, avec celui qu'il lui a dédié. Après la confiscation de sesépigrammes " personnelles », H. Estienne, comme on Ta vu, n'avait pas perdu l'espoir de les recouvrer : c'est-à-dire d'utiliser les feuilles qu'il avait imprimées. Mais sur le nouveau refus du Conseil, il se décida à vendre son volume, probablement en refaisant le titre qui devait d'abord mentionner tout le contenu, mais en oubliant de modifier dans sa préface au comte Othon le passage où il faisait allusion aux pièces de son invention. On a vu que l'histoire de ce volume de 1570 se rattachait à la publication faite par H. Estiennedes poésies latines de Th. de Bèze.

Edition originale : « Theodori Bezfe Vezelii poemata // [vignettte : prelum Ascensianum] Lutetite // ex oflicina Gonradi Badii sub prelo Ascensiano. // è regione gymnasii D. Barbara?. // 1548. Gum privilegio senatus ad triennium », avec épître de Th. de Bèze à son maître Melchior Volniar. On lit à la dernière page : « Lutetite Roberto Stephano regio typographo, et sibi Conradus Badius excudebat, idibusjulii, 1548. » [Bibl. Nat.j II y a eu de ce volume une réimpression sans date : ad insigne capitis moriui (à la tête de mort) in-16. [Bibl. Nat.]

2® édition : « Theodori Beza^ Vezelii poematum Edilio secunda, ab eo recognita. — Item ex Georgio Buchanano aliisque variis insignibus poetis excerpta carmina, pra»sertimque epigrammata, anno 1569. Excudebat Henr. Steph. Ex cujus etiam épigrammatis Gra^cis et Latinis aliquot cœleris adjecta sunt. » [Bibl. Mazarine.] L'œuvre de Th. de Bèze contient 31, plus 174 pages (en deux paginations). La pagination reprend pour les poèmes de Buchanan et la suite; à la p. 208, les épigrammes latines de H. Estienne; à la p. 248, des épigrammes grecques du même. A la fin de l'avertissement post-liminaire , Estienne annonce qu'il publiera à part des épigrammes grecques avec leurs traductions latines m aussi bien d'autres auteurs que de lui ». Ge sera son volume de

,V édition : w Theodori Bezae poemata. Psalmi DavidiciXXX. Sylvre, Elegi;e, Epigrammata... omnia in hac terlia editione,partim recognita, parlim locupletata. Ex Buchanano aliisque insigibus poetis excerpta carmina [qua* secundie illorum poematum editioni subiuncta eraut) seorsum excudentur, cum magna nonsolum ex iisdem sed ex aliis etiam poetis accessione ». Pas de date et pas de lieu sur le titre, mais la lettre à Dudit, réimprimée avec quelques changements, est datée ; « Geneva; xxvni. Julii anno

1. <i Ilœc certe tantorum virorum tani contraria inter se judicia in memoriani mihi revocant qutc nuper scripsi in proîfatione quam pneflxi volumini epi^rammatum partim meorum, partim e grteco sermone in latinum commiitatorum. » (Conciones de 1570, épitre.) Cf. notre Introduction^ p. 27.

Domini 1576. » A la (in de la lettre, Bèze fait allusion aux hésitations que Dudit avait encore témoignées depuis 1569 à Tégard de la Réforme. — P. 184, on a réimprimé « la tragédie françoise du sacrifice » [d'Abraham^, par Th. de Bèze. A en juger par la description de Renouard, il semble qu*il n'ait pas vu ce volume, ou du moins il Ta mal lu (Bibl. de Versailles).

II. Ëslienne réimprima encore les poésies de Th. de Bèze en 1585 et 1597 (v. Renouard, Ann,),

Quant à Tépigramme d'Estienne contre son confrère, le libraire Crespin, nous n'en avons pas retrouvé trace. C'était là une petite vengeance qui n'avait par elle-même qu'un intérêt passager et qu'Estienne aura sans doute oubliée. Il est probable que cette brouille avait été provoquée par la publication d'un volume de poésies grecques, avec traductions latines que Crespin avait précisément faite en 1569*. Il y avait intercalé , tout en nommant l'auteur, quoique sans sa permission, des vers de Henri Estienne, traduits d'anciens poètes comiques. Au surplus, pour tout Touvrage, il s'était manifestement aidé des éditions de son devancier.

6® Sur les trois mariages de Henri Estienne,

H. Estienne avait épousé Marguerite Pillot^, le 1*^*" décembre 1555 ; il en eut quatre enfants, dont Judith, qui épousa François Lépreux, successivement imprimeur à Lausanne, à Morges et à Genève'. Nous avons fait allusion à la conduite de cette fille de H. Estienne^, en nous appuyant sur le témoignage suivant : u Procès contre Judith, fille de Henri Estienne et femme de François Le Preux, libraire^ détenue sur le rapport du Consistoire, qui l'accusait d'avoir outragé sa belle-mère, de se livrer à la boisson et de dissiper les biens de son mari, ayant même fait faire de fausses clefs pour prendre et vendre les meubles. Elle se montre repentante, et sur la demande du S' Le Preux elle est relâchée le 26 juin * ».

Marguerite Pillot mourut en 1564, dans les derniers jours de décembre. Henri Estienne consacra à sa mémoire une longue pièce latine en vers élégiaques et trois courtes pièces en vers grecs. Il imprima ces vers « funèbres » epicedîa sur un placard in-fol. : « Memorùe Margaridis

1. « Vctusttssimorum authorum scilicet Hesiodi, Thcocrili, SimmiiL' Rhodii, Moschi, Bionis, Musœi, Theognidis, Phocylidis, Pythaporœ, Solonis, aliorumque georg^ica, bucolica, et gnomica poemata quœ supersunt ; gra?cc et latine , ex editione et cum annota lionibusJoannis Crispini. GcnevcCf 1569 » in-16 (Bibl. nat.). Idem., 1570, in-16. (Bibl. nat.). V. dans ce volume la préface et Tavertissement qui précède Tindex. Sur Crespin, v. La France protestante.

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