‹ Henri Estienne et son œuvre françaiseChapitre 99 sur 533 · Ibid,, I · texte numérisé non relu

Ibid,, I

LA NOUVELLE DANS l'aPOLOGIE 99

vers en terminant Toffice ^ ; cinquante autres sujets qui n'étaient peut-être pas tous inédits mais qui sont venus prendre dans VApologie leur forme littéraire.

Il en est de même pour les emprunts qu'Estienne a faits aux polygraphes, comme Erasme ^, Pontanus ou Fulgose ; aux historiens modernes comme Froissart ou Commines; ou même aux anciens, Hérodote, Plutarque, ou encore aux sermonnaires Menot, Maillard et Barletta. Qu'il transcrive littéralement ces récits, ou qu'il les rajeunisse, il leur donne une nouvelle fortune, et cela est évidemment plus sensible pour les morceaux qu'il a fait passer d'une autre langue dans le français. Il est vrai qu'Erasme par les récits piquants qu*il a semés dans ses Colloques et dans ses autres traités de morale satirique peut bien être considéré comme un conteur, au même titre que Pogge : mais il manquait à ces contes latins d^étre traduits en langue vulgaire.

Henri Estienne a-t-il imité Bonaventure Des Périers? ou, pour préciser, a-t-il copié les nouvelles qui ïigurent dans la 2® partie des Nouvelles récréations et joyeux devis et qui se retrouvent dans YApoloffieî N'est-ce pas au contraire V Apologie qui a été pillée par les éditeurs de Des Périers? C'est une question pendante agitée par Le Duchat et par Nicéron, mais que ne résout pas le dernier éditeur de Des Périers, M. Lacour ^ et que M. Ristelhuber n'a pas songé à examiner *. Le Duchat ^ n'y a répondu que par des points d'interrogation ; Nicéron s'est prononcé formellement en faveur de la paternité d'Estienne, mais en deux mots et sans discussion ^. Essayons, à notre tour, d'établir ce qui nous parait l'évidente vérité, et de rendre une bonne fois à Estienne ce qui lui appartient.

Bonaventure Des Périers mourut en 1544 ^. La première édition que nous connaissions des Joyeux Devis ^ parut en 1558, à Lyon, chez Granjon : elle ne contenait que 90 nouvelles. Elle fut

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