‹ Henri Heine, poèteChapitre 112 sur 142 · A Michel Lévy · texte numérisé non relu

A Michel Lévy

Mon cher Monsieur !

Vous m'avez mis une puce dans l'oreille et je vous prie de m'en délivrer le plus tôt que possible. Les Débats, principalement Cuvillier-Fleury devaient plutôt me défendre qu'attaquer. Vous dites qu'on leur a fait croire que j'ai vilipendé Guizot et les autres Philippistes dans la Lutèce; c'est une infamie, un mensonge dégoûtant inventé par des allemands et colporté par des français qui ne connaissent pas l'original allemand de mon livre. Je suis habitué à être attaqué et même grossièrement, mais je suis peiné de voir des honnêtes gens trompés par des lâches calomnies. Quand l'édition française de Lutèce paraîtra, ils seront détrompés mais trop tard, et il s'agit de déjouer à

1. Toutes ces lettres sont conservées dans l'original. La première de toutes ne porte pas le nom du destinataire. Mais je croîs pouvoir affirmer qu'elle est adressée à Michel Lévy. J'ignore si la démarche dont il est question fut faite auprès des Débats; en tous cas, dans son feuilleton du 15 avril 1855, Cuvillier-Fleury consacra h de l'Allemagne et à Lutèce quelques jolies pages d'une impitoyable ironie, qui durent chagriner Henri Heine. La lettre a dû être écrite vers le mois 'de mars 1855. Cf. Deutsche Rundschau /}[i'in 1894, p. 371 sq., et la lettre à Guizot, n"* 24.

présent ces manœuvres ténébreuses. Je comprends tout, mais je n*ai pas les jambes libres, prêtez-moi les vôtres. Comme les Français sont moutonniers, les premiers articles peuvent faire beaucoup de mal à vos intérêts. Je ne vois pas ce que j'écris, mais vous comprendrez mon griffonnage.

Tout à vous

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